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Comment le petit fruit rose est-il devenu un mets de luxe ?

mardi 27 décembre 2016

Litchi

Comme l’an passé, le litchi a déserté les rayons des magasins. (© Archives LDT)

Encore une fois, les litchis ne seront pas de la fête en cette fin d’année. Difficile en effet de trouver le petit fruit rose et sucré dans les rayons des magasins, par les temps qui courent… et quand enfin, on met la main sur le Saint-Graal, le porte-monnaie crie “aïe”.
Trois mille quatre cent quatre-vingt-dix francs le kilo dans certains commerces de la place, alors qu’on parvenait à en trouver à 1 600 F le kilo l’an passé, et même à 600 F le kilo, quelques années plus tôt.
Le litchi est devenu un fruit de luxe ; mais comment a-t-il été propulsé à ce rang-là ?

Tout d’abord, la production locale n’a pas été très florissante en 2016. Elle a été si faible que l’avion-cargo, qui tous les ans achemine les litchis de Tubuai vers Tahiti, n’a pas été réquisitionné pour cette mission, cette année.
Personne n’a pu fournir à La Dépêche de Tahiti de chiffres quant à la production précise, mais il semblerait qu’elle ait été bien inférieure à 10 tonnes.
En plus, la production a été avancée d’un mois, en comparaison aux années précédentes. “C’est la première fois qu’on voit ça. Normalement, les litchis arrivent en décembre. Mais cette année, les premiers litchis ont fait leur apparition dès le mois d’octobre”, raconte une agricultrice de Tubuai.

En cause, le climat. “La saison chaude a commencé plus tôt que d’habitude. Là, on est au mois de décembre et la fraîcheur est déjà en train de revenir…
Ça vient peut-être de ça”, explique une productrice agricole de l’île.

“Trop de sécheresse”

 

Et du côté des importations ? L’an passé, le Pays avait pris un arrêté pour suspendre l’importation de litchi au fenua, dans le but de soutenir la production locale…
Malheureusement, le petit fruit ayant brillé par son absence sur les étals des magasins, l’arrêté avait été rendu caduc dix jours plus tard. Le Pays avait finalement autorisé l’importation de cinq tonnes de fruits sur le territoire.
Cette année, aucune limitation sur les quotas d’importation concernant le petit fruit rose n’a été émise. Malgré cela, peu, voir pas de litchis en magasin.
“La saison a été catastrophique pour les litchis. La production a été très faible”, expliquent les importateurs de la place, qui se fournissent habituellement auprès des producteurs australiens.
Il semblerait que là encore, le climat soit en cause : “Trop de sécheresse”, racontent-ils.

La plupart d’entre eux ont donc préféré ne pas faire venir le petit fruit rose au fenua.
“Comme la saison a été mauvaise, les prix se sont envolés. Avec le fret, ça faisait trop cher. Avec le prix d’achat proposé par les fournisseurs australiens, on arrivait facilement à un prix de vente au détail supérieur à
3 000 F le kilo, ce qui est énorme. On a préféré ne pas prendre de risque et ne pas se retrouver avec des produits invendus sur les bras”, expliquent plusieurs importateurs.
Les supermarchés Carrefour et quelques magasins (mais ils sont rares) s’y sont cependant risqués, mais avec des quantités bien inférieures à celles des années précédentes.
Reste à savoir si les consommateurs seront prêts à mettre la main au porte-monnaie.

 

Élénore Pelletier

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