Un peuplement des anguilles sans obstacles

    samedi 10 septembre 2016

    anguilles

    La thésarde a terminé ses campagnes de pêche qu’elle a réalisées avec des agents de Marama Nui et des stagiaires originaires de Papeno’o. (Photo : Jean-Luc Massinon)


    Impact des barrages hydroélectriques de Papeno’o

     

    Le sujet de sa thèse n’était pas de tout repos, mais Herehia Helme vient de boucler la phase des recherches de terrain sur l’impact des aménagements hydroélectriques de Marama Nui sur le peuplement des anguilles, dans la vallée de la Papeno’o.

    La jeune doctorante polynésienne a terminé cette semaine sa dernière campagne de pêche et va se consacrer désormais à l’analyse des données qu’elle a collectées sur ces étranges animaux de rivière, avant de rédiger son manuscrit.

    Si les résultats de la thèse ne seront livrés au jury qu’en juillet prochain, la chercheuse a souhaité remercier l’association Haururu pour son soutien logistique, en présentant, hier, au Fare Hape, les premières constatations de ces travaux.

    Et c’est une légende qui semble tomber face à une réalité : les anguilles franchissent les barrages aussi bien que les barrières naturelles que sont les cascades.

    Car la chercheuse a retrouvé ces animaux en aval et en amont des ouvrages construits par l’homme. En sachant que les anguilles se reproduisent en mer et que de jeunes anguilles ont été retrouvées en haute vallée, on peut donc en déduire que rien ne les arrête.

     

    8 000 à 9 000 anguilles dans la Papeno’o

     

    Il est également constaté que les différentes espèces d’anguilles identifiées ne sont pas toutes animées d’une volonté implacable de vouloir remonter jusqu’en haut de vallée.

    Si elles n’aiment pas particulièrement un environnement vaseux, les anguilles semblent se satisfaire de sites en basse vallée où elles vont trouver protection sous des rochers.

    Certaines anguilles marquées ont été repêchées presque au même endroit. La plus grande mesure 1,67 mètre pour 14 kilos (le record au lac Vaihiria est de 1,98 mètre pour presque 20 kilos).

    La thésarde estime de 8 à 9 000, le nombre d’anguilles dans les 90 km2 de la Papeno’o. Ce qui est presque identique en valeur de biomasse (poids/hectare) et de densité (individus/hectare) à la vallée de Potiai, non équipée d’ouvrages hydroélectriques.

    Le seul impact est le canal de fuite des centrales. Le débit des eaux turbinées et relâchées dans le cours principal de la rivière semble attirer les anguilles. Marama Nui qui, pour l’instant, déplace manuellement les animaux égarés, va réfléchir à trouver une solution.

    Si on se dirige vers la conclusion que les barrages n’ont pas d’impact sur le peuplement des anguilles dans la vallée, ces recherches – cofinancées par Marama Nui et l’État – ont montré la limite des connaissances sur les anguilles de Polynésie.

    Car l’on ne sait pas quand elles vont redescendre pour aller se reproduire en mer, ni où elles vont se rendre.

     

    J.-L.M.

     

        Retrouvez dans notre édition du jour :       

    • Encadré « Trois questions à » : Herehia Helme, doctorante-stagiaire 
    • Réaction : Yann Wolff, directeur de Marama Nui

     

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