Philippe Faure-Brac : un meilleur sommelier du monde à Tahiti

    samedi 24 octobre 2015

    Étiez-vous déjà venu en Polynésie avant aujourd’hui ?
    Je n’avais jamais eu l’occasion de venir, mais c’est un endroit qui me fascine depuis longtemps. J’ai pas mal de clients tahitiens, ou en tout cas vivant à Tahiti, qui viennent à Paris régulièrement, et qui aiment manger dans mon établissement.

    Avez-vous goûté les vins de Polynésie ?
    Je les ai goûtés plusieurs fois puisque j’en ai dans mon restaurant à Paris. Je connais Dominique Auroy depuis plusieurs années.
    D’ailleurs, quand le projet de vignoble à Tahiti a vu le jour, certaines des premières réunions se sont faites dans mon restaurant.
    Par ailleurs, il y a trois-quatre ans, j’étais le parrain de la fête des vignerons de Montmartre. Il se trouve que cette année-là, le vin polynésien était à l’honneur. J’ai donc présenté le vin au grand banquet de la Saint-Vincent. À cette occasion, j’ai pu en goûter plusieurs et dû sélectionner une cuvée pour la présentation du grand banquet.
     
    Comment les trouvez-vous ?
    C’est un vin que l’on peut qualifier d’original, à la fois avec une dimension aromatique fondée sur le fruit et la minéralité, avec un équilibre un peu particulier en bouche car il y a peut-être un peu moins de longueur que certains types de terroirs et une certaine fluidité au niveau du palais. Cela vient du fait que les vignes sont vendangées deux fois par an, elles ont moins de concentrations que la plupart des terroirs. L’originalité de ce vin est une vraie vertu.

    Comment vous est venue cette passion du vin ?
    C’est en cuisinant que j’ai eu envie de connaître les vins qui accompagnent les plats. Mes grands-parents étaient restaurateurs, ma grand-mère se trouvait en cuisine donc j’ai appris la cuisine. Le vin, c’est venu après, comme un complément dans un premier temps et finalement, ce complément est devenu l’essentiel. Je suis cuisinier de formation, restaurateur de profession et sommelier de passion, et j’ai la chance de vivre de ma passion. J’ai mon restaurant, je fais du vin, j’écris des livres, je fais de la télé, de la radio, des formations… J’ai réussi à organiser ma vie professionnelle autour de ma passion.  

    Quels ont été vos mentors ?
    Mes grands-parents m’ont donné l’envie de faire ce métier. Quelque part, ils sont mes premiers mentors. Mes parents aussi, ils étaient de bons amateurs. Mais c’est surtout à l’école hôtelière, quand je préparais mon BTS en restauration à Nice, que j’ai rencontré un professeur qui s’appelait Michel Balanche, il a été le premier à m’encourager dans la sommellerie. Après, j’ai eu la chance de côtoyer de grands sommeliers qui m’ont donné envie d’exceller dans ce métier.

    De quoi êtes-vous le plus fier dans votre carrière ?
    Le fait d’avoir un jour été meilleur sommelier du monde est une fierté indéniable à titre professionnel. En même temps, avoir créé le concours du meilleur ouvrier de France sommelier dont je suis le président a aussi été fort. Avoir été honoré des insignes cette année est une fierté, j’ai été très ému parce qu’en tant que fondateur et président, je n’aurais jamais pu le présenter. Par ailleurs, j’ai formé plus de 500 jeunes sommeliers qui sont aujourd’hui partout sur la planète et ça, c’est aussi une vraie satisfaction personnelle, d’autant plus qu’aujourd’hui, il y a parmi eux des meilleurs sommeliers du monde.

    Tous les prix que vous avez remportés vous forcent-ils à viser l’excellence ?
    Tout à fait. Je dis souvent : “On n’est meilleur sommelier du monde ou meilleur ouvrier de France qu’une seule fois.” Quand on a le titre, on l’a, effectivement, mais il faut ensuite le mériter tous les jours. J’ai parfois l’impression de repasser constamment le concours. Les gens seraient déçus si je n’avais pas ce niveau d’exigence. Les titres font que l’on attend de nous l’excellence. Il faut savoir se dépasser tous les jours. La pression du cordon bleu blanc rouge est toujours là, c’est un vrai moteur.

    Propos recueillis par Marie-Caroline Carrère

    Quatre soirées à Tahiti et Bora Bora

    Philippe Faure-Brac est arrivé jeudi soir pour passer une semaine sur le territoire. Il anime quatre soirées dîner-dégustation gastronomiques. La soirée dégustation du jeudi 22 octobre ayant été annulée, elle est déplacée au lundi 26 octobre et se déroulera chez Millésime Papeete. Plus d’informations au 40.46.35.21.
    La soirée dîner dégustation gastronomique d’aujourd’hui se tiendra au restaurant Le Lotus de l’InterContinental Tahiti. Plus d’informations au 40.86.51.50.
    La soirée dîner-dégustation gastronomique du mercredi 28 octobre aura lieu à Bora Bora à l’InterContinental Bora Bora Resort & Thalasso Spa. Plus d’informations au 40.60.76.30.

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete