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Philippines – Duterte abrège sa visite à Moscou

mercredi 24 mai 2017

Le président philippin et son homologue russe se sont  rencontrés hier à Moscou. (© AFP)

Le président philippin et son homologue russe se sont rencontrés hier à Moscou. (© AFP)

Le président philippin Rodrigo Duterte a instauré hier la loi martiale à Mindanao (sud) où de violents accrochages se sont produits avec des combattants liés au groupe État islamique (EI), et a abrégé sa visite en Russie où il rencontrait Vladimir Poutine.

“À 22 heures, Rodrigo Duterte a instauré la loi martiale pour l’île entière de Mindanao”, a annoncé le porte-parole du président, Ernesto Abella, au cours d’une allocution diffusée depuis Moscou où Rodrigo Duterte se trouvait en visite officielle.

Ernesto Abella a précisé que la mesure était prise pour 60 jours et concernait toute la région de Mindanao, qui englobe l’île principale du même nom et une série de petites îles autour.

Se trouvant à Moscou pour y rencontrer le président russe Vladimir Poutine, Roberto Duterte a annoncé qu’il abrégeait cette visite.

“Des unités de (l’organisation) État islamique occupent une province (philippine) et il y a des affrontements, une opération militaire, en cours encore maintenant. Je dois malheureusement partir là-bas”, a-t-il déclaré au début de sa rencontre au Kremlin, selon des propos traduits en russe.

“Notre pays a besoin d’armements modernes (…) pour lutter contre l’EI, nous avons besoin d’armes”, a ajouté Rodrigo Duterte, qui avait précédemment déclaré souhaité acheter des armes modernes à la Russie, rompant un peu plus les liens qui unissaient traditionnellement son pays aux États-Unis.

“Nous comprenons très bien et nous respectons le fait que vous deviez retourner immédiatement chez vous”, a répondu Vladimir Poutine, présentant ses condoléances au président philippin pour cette “attaque terroriste”.

Le chef d’État russe a “exprimé l’espoir que le conflit (…) sera résolu au plus vite, avec le moins de pertes humaines possibles”. Il a mentionné une “série de documents”, qui devaient être signés aujourd’hui avec les ministres philippins restés à Moscou.

Des accrochages se sont produits hier à Mindanao lors d’une opération de chasse à l’homme contre Isnilon Hapilon, chef du groupe islamiste Abu Sayyaf et responsable pour les Philippines de l’organisation État islamique.

Au moins un policier est mort lors des combats survenus à Marawi, une ville à majorité musulmane de quelque 200 000 habitants, selon les autorités. Les combattants islamistes ont attaqué un hôpital lors des heurts, a précisé le chef de l’état-major philippin, le général Eduardo Ano, à CNN Philippines.

 

Drapeau noir

 

“Nous allons nettoyer le secteur”, a ajouté l’officier supérieur en invitant la population à rester chez elle. Il a estimé à une cinquantaine le nombre des combattants islamistes.

Les heurts ont commencé, a-t-il poursuivi, lors de la perquisition d’une demeure où Isnilon Hapilon était supposé se cacher. Le département d’État a promis une récompense de cinq millions de dollars pour sa capture.

Des photos postées sur les réseaux sociaux par des habitants montrent les combattants en train de marcher dans les rues de Marawi et plantant un drapeau noir ressemblant à celui utilisé par l’EI.

Le groupe Abu Sayyaf, basé sur les îles méridionales de Mindanao, est à l’origine de l’enlèvement de centaines de Philippins et d’étrangers depuis les années 1990, exigeant des rançons contre leur libération. Ils ont décapité un ressortissant allemand âgé au début de cette année et deux Canadiens l’année dernière, leurs exigences de rançons n’ayant pas été satisfaites.

Selon les spécialistes des questions de sécurité, Isnilon Hapilon s’efforce d’unifier les groupes philippins qui ont fait allégeance à l’EI.

Parmi eux, le groupe Maute, basé près de Marawi, à quelques centaines de kilomètres au nord des fiefs d’Abu Sayyaf, et à l’origine de plusieurs affrontements meurtriers ces douze derniers mois dans les campagnes autour de Marawi.

Le Comité international de la Croix rouge (CICR), présent dans la région, s’est alarmé des conséquences des combats sur la population civile.   

 

AFP

 

 

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