Pirae – Curage de la Fautaua : côté plage, des riverains inquiets

    samedi 24 septembre 2016

    pirae

    Mille mètres cubes de gravats seront encore extraits à l’embouchure de la Fautaua. Une opération “préventive” pour permettre l’écoulement de la rivière, mais qui inquiète les riverains, côté mer…(Photo : Marie Guitton)

     

    L’entreprise Rémy Chung, spécialisée dans le terrassement et la vente d’agrégats, extrait du sable depuis le début de la semaine au pied du collège de Taunoa, à Pirae, à l’embouchure de la Fautaua. Hier encore, les camions-bennes ont fait de nombreux allers-retours le long de la plage, soulevant des nuages de sable noir.

     

    Mille mètres cubes de gravats devraient y être prélevés, selon une riveraine inquiète, qui a prévenu La Dépêche de Tahiti en redoutant de voir sa plage fondre au soleil.

    Je ne suis pas content, lâche aussi l’un de ses voisins, installé ici depuis quarante ans, en pointant du doigt la gueule d’acier qui pioche du sable au bout de sa propriété. L’année dernière, il y avait déjà eu des extractions de gravats. Le souci, c’est que la configuration de l’embouchure en est complètement modifiée. Il n’y a plus de digue naturelle et la mer arrive jusqu’à notre clôture. L’année dernière, mon mur est tombé et j’ai dû le faire reconstruire à mes frais…”

     

    Dans le quartier, plusieurs habitants seraient contrariés par les extractions, qui réduiraient, selon eux, la bande de terre protégeant leurs jardins de l’océan.

    “Ça n’arrive pas souvent, tempère toutefois un couple qui n’a pas pignon sur mer, mais dont la maison donne sur la rivière. Nous, ça ne nous dérange pas. Ça fait 35 ans qu’on est ici, et la plage, les poissons et les anguilles sont toujours là ! D’ici deux semaines, ça aura été rebouché par les vagues, et en attendant, c’est bien, ça ouvre l’embouchure pour évacuer les saletés de la rivière.

     

    Ce serait le but recherché par la direction de l’équipement, commanditaire de l’opération. Un arrêté pris en conseil des ministres le 8 septembre, et notifié jeudi, autorise bel et bien la société Rémy Chung à extraire 1 000 m3 de matériaux à cet endroit, sur une durée maximum de vingt jours et “sur une profondeur comprise entre 0,50 m et 1 mètre”.

    Ce sont des travaux de curage avec extraction pour dégager l’embouchure”, explique Franck Giandolini, le chef du groupement “étude et gestion du domaine public” à la direction de l’équipement. “Ce sont des travaux d’entretien préventif à l’approche de la saison des pluies, pour éviter des accumulations de matériaux qui peuvent causer des inondations en amont”, précise-t-il.

     

    Un risque pour les fondations ?

     

    Hamuta, Tipaerui, Punaruu… Toutes les rivières à risque seraient passées en revue avant les fortes précipitations et des travaux de curage planifiés si nécessaire pour favoriser leur écoulement.

    On a discuté avec un monsieur qui s’inquiétait, pour lui expliquer, assure le responsable de l’équipement. L’année dernière, on avait dû intervenir en plein milieu de la saison des pluies. Donc là, on évacue déjà les excédents d’alluvions. Mais on n’est pas dans des volumes qui pourraient avoir un impact sur les berges.

    Un riverain se préoccupe aussi pour le collège : “Il y a deux jours, ils ont creusé au niveau des fondations de l’établissement, qui est posé sur un remblai, témoigne-t-il. Ça peut être un danger pour les enfants… Or, je ne suis même pas sûr qu’ils aient prévenu les responsables du collège, puisqu’ils font ça pendant les vacances scolaires !

    Des agents assermentés sont chargés de contrôler les opérations, répond Franck Giandolini. Et puis il faut que l’entreprise rende le site en l’état. S’il faut renforcer les murs, ce sera fait. On ne part pas comme ça.”

     

    M.G.

     

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