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Quelle place pour nos matahiapo ?

lundi 28 janvier 2019

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Malgré le vieillissement de la population, on estime à 13 % seulement le nombre de matahiapo qui vivent seuls.

 

Les matahiapo de 60 ans ou plus représentaient, en 2017, au moins 12 % de la population polynésienne, et leur importance ne va cesser de progresser dans les décennies à venir.

Jusqu’en mai 2018, c’est le ministère de la Santé de Jacques Raynal qui avait en charge les personnes âgées, et c’est sa directrice de cabinet qui s’occupait en particulier de cette fraction de plus en plus importante des habitants de Tahiti et ses îles.

Désormais, la question des anciens relève du ministère de la Famille et des Solidarités d’Isabelle Sachet. Nous lui avons transmis les propositions du schéma directeur des personnes âgées, inspirées des rapports de la Caisse de prévoyance sociale ou encore de l’Institut de la statistique. Des documents qui mettent notamment en évidence une forte présence de matahiapo aux Australes, à Taravao et à Pirae…”, explique Maiana Bambridge, très impliquée depuis toujours dans la vie sociale de la Polynésie française.

Le pré-rapport contient des préconisations. D’abord le principe de base selon lequel il est préférable que la personne âgée reste le plus longtemps possible chez elle. Ça suppose un accompagnement, pour le bien-être des personnes grabataires ou qui n’ont pas envie de quitter leur domicile. C’est dans cet esprit qu’avait été mise en place, en 2001, une aide en matériaux de 500 000 F pour l’aménagement des maisons des personnes de 60 ans et plus. Ensuite, nous proposions d’élargir les aidants familiaux pour leur permettre d’intervenir et aider les familles, accompagner et réglementer les structures comme la maison de retraite de Taravao ou les familles d’accueil.”

Proposition de guichet unique

Formation, encadrement, législation… le ministère de la Famille et des Solidarités devrait, cette année, dévoiler son plan d’action relatif à l’accueil des matahiapo.  Le pré-rapport du schéma directeur des personnes âgées propose également la mise en place d’un guichet unique à leur intention, à l’exemple de ce qui a été fait pour les aides sociales ou sanitaires.

Cela peut permettre à tout le monde, travailleurs sociaux, famille… de venir évaluer la situation d’une personne âgée auprès d’un organe centralisateur”, indique Maiana Bambridge.

La réglementation sanitaire et sociale relative à la prise en charge et à l’encadrement des matahiapo devrait donc prochainement évoluer sous la conduite du ministère de la Famille et des Solidarités. L’occasion de définir précisément un cadre réglementaire qui fixe les normes requises pour qu’une maison de retraite (la seule existante de la santé publique se trouve à Taravao), une famille d’accueil, un aidant… soit autorisée à intervenir en faveur des seniors.

L’important est vraiment de souligner qu’il faut laisser la personne âgée le plus longtemps possible chez elle, dans son propre intérêt. Et si elle est grabataire, il faut favoriser les interventions à domicile”, insiste Maiana Bambridge, qui juge nécessaires les actuels travaux relatifs au cadre réglementaire.

D.G.

 



Te fare no te oaoa, nouvelle maison d’accueil à Arue


Située en hauteur à Arue derrière l’hypermarché Carrefour, Te fare no te oaoa (“la maison de la joie”) est une nouvelle structure privée d’accueil des personnes âgées. Cette grande maison, qui a ouvert ses portes le 4 décembre 2018, peut accueillir jusqu’à sept résidents (trois chambres doubles et une chambre simple) mais aussi des seniors à la journée pour des activités.

La gérante, Audrey de la Vega, est une aide-soignante qui travaille dans le secteur du social depuis plus de 20 ans. Elle est secondée par une infirmière, Michèle Rossi. Toutes deux sont aux petits soins pour leur première résidente, Fridoline.

Nous nous adaptons au rythme des matahiapo”, explique Audrey de la Vega. “Nous commençons les petits-déjeuners vers 6 h-6 h 30, le repas de midi est servi vers 11 h 15 et le repas du soir vers 17 h 30. Le matin, les infirmiers libéraux viennent prendre en charge les résidents pour les soins, et l’après-midi il y a les activités proposées selon les choix et les envies : lecture, jeux, cuisine, télévision, jardinage au fa’a’apu…”

Pour les seniors les plus autonomes, Te fare no te oaoa prévoit aussi des sorties en petits groupes à la plage ou sur les marchés.

J’ai lancé cette structure pour donner aux gens la possibilité de prendre le temps de vivre à leur propre rythme”, insiste la gérante de la maison.

J’ai connu des grandes structures d’accueil dans lesquelles on presse les gens. Ici, nous voulons autre chose. Nous voulons une ambiance familiale qui respecte chacun.”

D.G.

 


 

La Croix-Rouge a créé un espace pour les seniors à Arue

La délégation polynésienne de la Croix-Rouge française a mis en place, à Arue, un espace seniors à l’intention des matahiapo isolés. Baptisé Fare Puarama, il est situé en face de l’école Ahutoru. Il dispose d’un véhicule qui lui permet au besoin d’aller chercher les personnes âgées.

Lancée en juillet 2017, cette activité s’adresse aux matahiapo de 60 ans et plus, qui ne nécessitent pas de prise en charge moyenne à lourde, autonomes ou semi-autonomes.

La Croix-Rouge vise en priorité les personnes isolées socialement, ou en situation de précarité, vivant de Papenoo à Papeete. Les bénéficiaires participent financièrement, à hauteur de 500 F la demi-journée, 1 000 F la semaine ou trois jours consécutifs ou encore 3 000 F le mois.

L’espace reçoit trois demi-journées de quatre heures par semaine, et pourrait à terme proposer cinq demi-journées. Il peut accueillir 12 matahiapo par jour et jusqu’à 25 lors d’activités extérieures.

Centre d’accueil et d’écoute, le Fare Puarama propose des temps d’échanges, de découvertes, de transmission des savoirs et de détente. Deux conteneurs ont été aménagés, l’un faisant office de salle dédiée aux activités, l’autre de cafétéria. Reliés par une terrasse couverte, ils disposent de deux toilettes individuelles et d’un grand espace jardin.

Cet espace seniors a bénéficié du soutien de la mairie de Arue, de la Caisse de prévoyance sociale et des Affaires sociales. Il s’agit encore d’un projet en phase expérimentale, mais il répond à un vrai besoin, indique la délégation polynésienne de la Croix-Rouge française.

PHOTO 4 (prioritaire) (Photo : archives LDT)
Le Fare Puarama de la Croix-Rouge, à Arue, vise en priorité les personnes isolées socialement, ou en situation de précarité, vivant de Papenoo à Papeete.

 

 

 

Opinion sur rue

Comment imaginez-vous vos vieux jours ?”

(PHOTO 8) (Photo : Damien Grivois)

Michou : “Je ne me vois sûrement pas en maison de retraite ! Je préfèrerais rester toujours chez moi, dans la limite du possible, évidemment. Je ne voudrais pas être une charge pour mes enfants. S’ils doivent aller travailler et que moi je reste seule à la maison, ça peut encore aller à condition d’avoir les moyens financiers de se payer une aide à domicile. J’espère rester autonome le plus longtemps possible. Pourquoi pas une structure d’accueil où des personnes du troisième âge se regroupent pour ne pas se sentir seules ? En plus, ça permet de s’entraider et de centraliser l’accompagnement médical.”

Sylvain : “Ça n’est pas évident de répondre. Je dois avouer que je ne me suis pas encore vraiment posé cette question-là. Quand tu es un matahiapo, si tu ne fais rien, ça n’est pas bon pour toi. Il faut toujours faire partie de la société, faire en sorte de garder une activité, un petit boulot, une occupation… C’est ça qui te maintient en vie.”

Jeannette : “Je suis déjà la retraite, et je vis chez moi, à Tahiti. Parfois, je rentre quelque temps sur mon île de Rurutu. Si je devais avoir des problèmes de santé, je voudrais aller en priorité dans ma famille, c’est le mieux, d’autant que j’ai une grande famille. Je ne voudrais pas aller en maison de retraite, l’idée me déplaît.”

 

 

 

La population polynésienne vieillit

Au cours du XXe siècle, on identifie un premier choc démographique en 1960, engendré par la transition démographique. Il se traduit par une hausse de la natalité et l’allongement de l’espérance de vie, en lien avec la baisse de la mortalité infantile. En conséquence, la population polynésienne s’est accrue de 200 000 individus entre 1950 et 2000, selon l’Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF).

Le second choc démographique est relatif à la baisse de la fécondité, liée à la diminution du nombre de femmes en âge de procréer.

Ce recul de la fécondité concomitant à l’augmentation continue de l’espérance de vie entraîne le vieillissement de la population. Ce dernier phénomène, communément observé dans les pays développés, a eu lieu sur une durée très courte : trois fois moins longtemps que celui constaté en Europe de l’Ouest”, écrit l’ISPF, dans son étude de la démographie (Points forts n°5), qui note toutefois qu’en 2017, la dépendance des seniors résidant au fenua restait mineure.

Cependant, la fécondité continue de baisser progressivement et concomitamment aux progrès scientifiques qui permettent d’allonger l’espérance de vie.


Des matahiapo dans 1/3 des ménages


Les mutations générationnelles rapides des comportements en Polynésie française, avec la diminution de la taille des foyers et le vieillissement de la population, peuvent être envisagées de manière précise à moyen terme.

À long terme, d’ici 2050, les projections de population soulignent la nécessité d’envisager les liens intergénérationnels et plus particulièrement la dépendance des seniors. En effet, leur part dans la population deviendra importante”, souligne l’Institut de la statistique.

Malgré ce vieillissement de la population, la part des personnes vivant seules reste, en 2017, stable et faible. Les personnes âgées de 60 ans ou plus représentent 12 % de la population polynésienne (soit deux points de plus qu’en 2012). Elles sont présentes dans un tiers des ménages.

En 2017, 27 % des seniors vivent en couple sans les enfants, partis fonder leur famille dans un autre logement, et 13 % vivent seuls, soit un taux trois fois plus important que celui de l’ensemble de la population, mais beaucoup plus faible qu’en France hors COM et Mayotte (31 %).

Par ailleurs, 36 % des seniors vivent dans un ménage composé de plusieurs noyaux familiaux : soit les familles ont accueilli leurs parents plus âgés ou bien sont accueillies par eux.

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