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Plongée : une lettre ouverte pour l’ouverture du marché du travail

jeudi 17 août 2017

plongée lettre ouverte

Une lettre ouverte, signée par Ra’anui Faure, Timothé Yuen, Joy Crawford, Marcel Durou, Jade Folliot de Fierville et Édouard Blanchet, réclame l’ouverture du marché du travail polynésien aux instructeurs de plongée Padi. (© M.G.)

“Notre passion est la plongée sous-marine, notre vocation est de l’enseigner, de la faire pratiquer et de la faire partager aux résidents et aux touristes qui viennent visiter notre fenua.”

Voilà six mois que le projet de réforme de la plongée sous-marine suscite le débat en Polynésie française. L’ouverture du marché du travail aux instructeurs Padi (ISO 24802-2) cristallise toujours les tensions. Ces derniers pourraient désormais enseigner jusqu’à 40 mètres contre rémunération, une prérogative pour l’instant réservée aux seuls titulaires du diplôme français.

Pour emporter les voix des représentants de l’assemblée, qui auront à se prononcer prochainement sur le texte final, le groupe du “pour” s’est donc fendu hier d’une lettre ouverte adressée aux médias et aux décideurs.

Envoyée par Fred Thibur, lui-même titulaire des diplômes français et Padi, elle porte le nom de six signataires qui se présentent comme “des Polynésiens, nés en Polynésie de parents polynésiens”, et qui souhaiteraient enseigner la plongée.

Pour eux, passer une année en France pour décrocher le diplôme national (BEES/BPJEPS), qui coûterait un million de francs, serait une perte de temps et d’argent, quand le diplôme polynésien de guide de plongée subaquatique n’offrirait aujourd’hui que la capacité d’encadrer des plongeurs, et non pas de les former.

Ils auraient donc opté, en Polynésie et pour un budget d’environ 300 000 F, pour le diplôme d’Open Water Scuba Instructor (OWSI), délivré par Padi.

 

“Obligés de s’expatrier pour travailler”

 

“Et nous souhaitons que notre diplôme, reconnu dans plus de 190 pays, le soit aussi en Polynésie, directement, sans que nous ayons un autre examen à passer”, exhortent-ils aujourd’hui, en précisant que “certains d’entre nous, qui ne peuvent ou ne veulent pas exercer une autre profession, sont obligés de s’expatrier pour travailler”.

Les signataires attaquent ensuite le clan adverse, fermement opposé à cette ouverture du marché du travail.

Depuis le début, les représentants en Polynésie de l’Association nationale des moniteurs de plongée (ANMP), du Syndicat national des moniteurs de plongée (SNMP) et de la Fédération polynésienne d’études et de sports sous-marins (FFESSM) se dressent contre une éventuelle reconnaissance offerte à l’organisation commerciale américaine Padi, dont ils jugent les formations “extrêmement rapides et simplifiées”, de “qualité inférieure” aux diplômes délivrés par l’État français.

Par ailleurs, les centres de plongée recevraient régulièrement, selon eux, des demandes d’instructeurs Padi étrangers, prêts à travailler quelques mois à n’importe quelle condition pour découvrir les spots de plongée polynésiens. Une sérieuse concurrence, donc, qui inquiète également le Conseil économique, social et culturel (CESC).

“La porte ouverte aux ressortissants de la CE”

En mai dernier, l’institution a préconisé que le marché soit “strictement réservé aux titulaires des diplômes polynésiens et des brevets nationaux”. A défaut, le CESC craint que le statut de patenté de la majorité des moniteurs de plongée “laisse la porte ouverte à tout ressortissant de la communauté européenne de s’installer sur le créneau”.

Pour les signataires de la lettre ouverte, au contraire, ce risque serait “parfaitement maîtrisé” et ils s’étonnent “que le CESC n’ait pas vu que la démarche de ces opposants ne servait qu’à protéger leur petit monopole actuel de moniteurs métropolitains, qui sont quasiment les seuls détenteurs de l’unique diplôme permettant aujourd’hui d’être moniteur à part entière dans notre pays”.

Pour éviter de trop échauffer les esprits, une troisième voie pourrait être étudiée par les élus de l’assemblée, préconisée par le CESC et certains guides de palanquée polynésiens que La Dépêche de Tahiti avait interrogés, et à laquelle l’ANMP, le SNMP et la FFESSM ne se disaient pas opposés : qu’un véritable diplôme d’encadrement et d’enseignement de la plongée sous-marine soit créé au fenua, pour les jeunes du Pays, avec une reconnaissance au niveau national.

Reste à savoir ce que le gouvernement a finalement privilégié.

 

M.G.

 

 

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