Pourquoi plus de 200 députés renoncent aux législatives

    lundi 22 mai 2017

    législatives france

    Laurent Wauquiez, Marion Maréchal-Le Pen, François Fillon, Claude Bartolone et Jean-Marc Ayrault. (© AFP)

    En 2012, ils n’étaient que 107. Cinq ans plus tard, ils sont plus de 200 députés sortants à ne pas se représenter aux prochaines législatives, les 11 et 18 juin. Beaucoup décident de ne pas poursuivre au nom de la volonté de renouvellement, après plusieurs mandats successifs. Certains sont victimes de la loi de 2014 sur le non-cumul des mandats, interdisant à un député d’être maire ou d’exercer une fonction exécutive locale. D’autres ont décidé de renoncer sachant qu’ils n’avaient que peu chance de l’emporter, ou ne bénéficiaient que d’un soutien minime de leur famille politique. Enfin, quelques rares élus ont été contraints d’abandonner leur siège au palais Bourbon en raison d’une image ternie par des déboires avec la justice. Tour d’horizon des principaux députés sortants.

     

    • Parti socialiste

    – Claude Bartolone (9e circonscription de Seine-Saint-Denis) : après avoir longtemps envisagé une réélection, le président de l’Assemblée nationale, âgé de 65 ans, a estimé en février qu’il était temps de “laisser la place aux jeunes énergies.” Claude Bartolone était député depuis 1981.

    – Bernard Cazeneuve (4e circonscription de la Manche): s’il fait campagne pour la gauche pour les prochaines législatives, l’ex-Premier ministre a choisi de ne pas poursuivre son aventure personnelle, lui qui a été élu député pour la première fois en 1997. Bernard Cazeneuve prévoit désormais de “se consacrer à l’écriture, à la vie associative à Cherbourg”, ville dont il a été le maire pendant onze ans.

    – Jean-Marc Ayrault (3e circonscription de Loire-Atlantique): à 67 ans, l’ex-chef du gouvernement, député depuis 1986, va se mettre en retrait de la vie politique pour faire place au renouvellement.

    – Jean-Marie Le Guen (9e circonscription de Paris) : l’ex-secrétaire d’État de la Francophonie, élu depuis 1988, a choisi de ne pas se représenter au nom du renouvellement. Or, face à lui, il aurait eu Buon Tan, candidat de La République en marche bien implanté dans le XIIIe arrondissement parisien.

    – Bruno Le Roux (1re circonscription de Seine-Saint-Denis) : l’ex-ministre de l’Intérieur, député depuis 1997, ne briguera pas de nouveau mandat. Un autre candidat du Parti socialiste, Yannick Trigance, a été investi dans sa circonscription. L’ancien maire d’Épinay-sur-Seine a pris cette décision pour conserver sa “sérénité familiale et personnelle”, alors qu’une enquête préliminaire a été ouverte après la révélation de l’emploi de ses filles à l’Assemblée nationale.

     

    • Les Républicains

    – François Fillon (2e circonscription de Paris) : après une campagne présidentielle des plus éprouvantes, celui qui fut d’abord élu dans la Sarthe de 1981 à 2007, puis à Paris, a déclaré qu’il n’avait “plus la légitimité” pour mener le “combat” des législatives.

    – Édouard Philippe (7e circonscription de Seine-Maritime): le nouveau premier ministre, député depuis 2012, fait partie des victimes de la loi de non-cumul des mandats. Également maire du Havre, il avait dès avril choisi de privilégier son poste d’élu local plutôt que son siège à l’Assemblée nationale. Mais les événements l’ont finalement propulsé à la tête du gouvernement. Conséquence, Édouard Philippe sera aussi contraint de renoncer à son fauteuil de maire.

    – Laurent Wauquiez (1re circonscription de Haute-Loire): le premier vice-président des Républicains cumule depuis décembre 2015 son mandat de député avec la présidence de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Après avoir longtemps hésité, il a choisi de rester à la tête de sa région. 

    – Bernard Accoyer (1re circonscription de Haute-Savoie): l’ancien président de l’Assemblée nationale, député depuis 1993, a préféré le renouvellement en soutenant une candidate de 46 ans dans sa circonscription. “Je me consacrerai à mes mandats locaux de maire adjoint de la nouvelle commune d’Annecy et de maire délégué d’Annecy-le-Vieux”, a déclaré jeudi dernier celui qui reste également secrétaire général des Républicains.

    – Jean-François Copé (6e circonscription de Seine-et-Marne): cumulant son fauteuil de maire de Meaux et de député depuis 2007, l’ancien candidat à la primaire de la droite et du centre a lui aussi privilégié son mandat local. “Après mûre réflexion, le choix de me consacrer au développement de l’agglomération meldoise, qui compte près de 100 000 habitants, m’est apparu comme une évidence”, annonçait-il dans une interview au Figaro en avril.

     

    • Les non-inscrits

    – (FN) Marion Maréchal-Le Pen (3e circonscription du Vaucluse) : à 27 ans, la nièce de Marine Le Pen incarne une sorte de renouvellement, mais a préféré se mettre en retrait de la vie politique renonçant à sa réélection. La jeune élue, mère d’une petite fille, a choisi de lui consacrer plus de temps, estimant que les sacrifices exigés par la vie politique sont trop chronophages.

    – (ex-PS) Thomas Thévenoud (1re circonscription de Saône-et-Loire): contraint de quitter le gouvernement au bout de seulement neuf jours après la révélation de plusieurs impayés fiscaux en 2014, l’éphémère secrétaire d’État ne s’est jamais vraiment relevé de ce scandale. Exclu du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Thévenoud s’est éloigné de la vie politique depuis près de trois ans.

    – (ex-EELV) Denis Baupin (10e circonscription de Paris) : accusé d’agressions sexuelles par plusieurs élues, l’ex-vice-président de l’Assemblée nationale a été contraint de renoncer à sa réélection.

    – (Sans étiquette, ex-EELV) Noël Mamère (3e circonscription de Gironde) : le militant écologiste a annoncé en janvier sa décision de renoncer à tous ses mandats politiques : son siège au palais Bourbon, donc, mais également son fauteuil de maire de Bègles (Gironde). À 69 ans, Mamère entend maintenant renouer avec son métier de journaliste.

    – (SE, ex-UDI) Jean-Christophe Fromantin (6e circonscription des Hauts-de-Seine) : le maire de Neuilly-sur-Seine est victime de la loi sur le non-cumul des mandats et a choisi de rester maire de cette commune des Hauts-de-Seine. “C’est une décision que j’ai prise sans hésiter car mon élection à la mairie de Neuilly-sur-Seine en 2008 constitue le socle de confiance qui donne tout son sens à mon engagement politique”, indiquait-il fin mars.

     

    AFP

     

     

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