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Plus de 70 000 appels en huit mois : la présidente du groupe Tapura harcelée

lundi 3 juin 2019

La représentante et présidente du groupe Tapura à l’assemblée aura été victime d’un harceleur pendant huit mois. (© Florent Collet)

La représentante et présidente du groupe Tapura à l’assemblée aura été victime d’un harceleur pendant huit mois. (© Florent Collet)

Pas moins de 70 921 appels, textos ou messages privés sur Facebook. C’est le recensement fait par les enquêteurs, après une plainte pour harcèlement déposée par Tepuaraurii Teriitahi, présidente du groupe Tapura à l’assemblée de la Polynésie française.

Un chiffre incroyable, à mettre en rapport avec la période du harcèlement : huit mois. À l’origine de ces appels malveillants, Vatea T., un ancien collaborateur de l’assemblée détaché auprès de Jacquie Graffe.

L’homme de 41 ans, depuis licencié de son poste, avait déjà été condamné pour le même type de faits, en 2016 et 2018. Jugé vendredi dernier en comparution immédiate, l’homme a eu beaucoup de mal à expliquer les raisons de son obnubilation. “Après une soirée un peu arrosée, je l’ai vue sur les réseaux sociaux et j’avais tous les problèmes du monde dans la tête”, tente-t-il de se remémorer à la barre.

“Un jour, il y avait un grand pot pour tous les collaborateurs de l’assemblée et je n’ai pas été invité. La secrétaire m’a dit que les agents de sécurité de l’assemblée ne me laisseraient pas rentrer.”

Une mesure qui s’avère en fait avoir été prise par le président de l’institution, informé de la situation de harcèlement. C’est sur les milliers de messages envoyés que l’explication la plus plausible – bien que non rationnelle – peut être trouvée : l’homme a mené la campagne des législatives au côté de Tepuaraurii Teriitahi, en 2017, et en est devenu “fanatique”, comme le décrit l’élue. “Il me voit comme la future maire de Paea, de la Polynésie, de la République, du monde.”

 

“L’élue de Dieu”

 

“Pour lui, elle est l’élue de Dieu, et il a été choisi pour la protéger”, commente son avocate en reprenant les retranscriptions des communications à sens unique. Des messages et appels parfois malveillants. Des textos tels que “je vais te tuer idiote” ou de sombres divinations. “Il m’a prédit l’endroit, le jour, l’heure où je serais victime d’un accident de voiture qui me rendrait infirme. Il m’a même donné le taux d’alcoolémie du chauffard qui serait responsable de l’accident”, explique la victime qui s’est vu prescrire huit et dix jours d’incapacité totale de travail (ITT).

L’expert psychiatre ne note pourtant pas chez Vatea T. d’anomalies mentales particulières mais une conduite addictive au harcèlement, et un sujet potentiellement dangereux.

La victime ne cache pas avoir vécu dans la peur au point d’en tomber malade, n’osant plus répondre au téléphone, manquant parfois des appels importants d’Édouard Fritch. Elle a également vécu des journées de travail avec Vatea T. installé sous sa fenêtre à l’assemblée…

“Il faut que j’aille en prison pour arrêter. Au moins, je n’aurai plus mon téléphone”, a confié le prévenu. “Quand je l’entends parler, il n’a pas pris conscience. La première chose qu’il ferait, c’est de prendre un téléphone et m’appeler ! Mais depuis avril qu’il est en détention provisoire, j’ai enfin la paix.”

Un sentiment que l’élue va prolonger pour six mois, la durée de la peine à laquelle les juges ont condamné Vatea T. à de la prison ferme, avec mandat de dépôt et interdiction d’approcher ou de contacter la victime.

 

F.C.

 

 

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