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Plus de 80 % des pneus finissent dans la nature

lundi 20 août 2018

Plus de 80 % des quelques 2300 tonnes de pneus importés chaque année disparaissent dans la nature, une fois qu’ils sont usagés. Et bien souvent dans le milieu marin... (© archives LDT)

Plus de 80 % des quelques 2300 tonnes de pneus importés chaque année disparaissent dans la nature, une fois qu’ils sont usagés. Et bien souvent dans le milieu marin… (© archives LDT)


Chaque année, la Polynésie française importe plus de 2 300 tonnes de pneumatiques en tous genres. Les pneus usagés, bien que classés non dangereux, représentent un danger pour l’environnement et la santé publique. Faute de réutilisation ou de valorisation, seules 200 à 400 tonnes sont récupérées par Fenua Ma. Le reste se trouve… dans la nature.

L es    bénévoles    qui    participent aux opérations de nettoyage du lagon le savent bien : sous la surface de l’eau se trouvent des milliers de pneus jetés là comme dans une vaste poubelle. Rien que pour les véhicules de tourisme, la Polynésie française a importé en 2017 plus de 140 000 pneus. Cela représente, selon l’institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF), un poids total de 1 600 tonnes. S’y ajoutent environ 500 tonnes pour les camions et autobus, 90 tonnes pour les engins industriels, 80 tonnes pour les deux-roues, 15 tonnes pour les engins agricoles et 7 tonnes pour les avions. Soit un total de plus de 2 300 tonnes lorsque l’on y inclut les pneumatiques spécialisés comme ceux des engins de manutention par exemple.

“Les pneumatiques sont composés de caoutchouc, d’acier et de textile. Ils proviennent des véhicules des particuliers, des professionnels et sont récupérés lors de leur remplacement chez les garagistes ou revendeurs”, explique le Guide des déchets 2017 édité conjointement par le Pays, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et le Chambre de commerce, d’industrie, des services et des métiers (CCISM).

Un guide qui estime le gisement à seulement 1 800 tonnes par an, bien en-dessous des chiffres des statistiques douanières… Les déchets de pneumatiques, bien que classés comme déchets non dangereux, représentent un danger pour l’environnement et la santé publique en cas d’incendies (émissions de gaz toxiques) ou de dépôts sauvages (gites pour les moustiques). Il est interdit de les enterrer, de les abandonner dans le milieu naturel ou de les brûler. Et pourtant…

 

Des milliers de pneus “disparus”

 

Fenua Ma ne récupère chaque année qu’entre 200 tonnes et 400 tonnes, soit au mieux 25 % des pneus des seuls véhicules de tourisme. Le compte n’y est pas, il reste au moins 1 900 tonnes de pneus usagés qui se retrouvent dans la nature, chaque année !

Le chiffre total cumulé depuis des décennies doit être… monstrueux. De nombreux professionnels du commerce et de la monte des pneumatiques apportent les pneus usagés chez Fenua Ma à Motu Uta. “J’y envoie plusieurs camions par semaine, et cela me coûte entre 50 000F et 100 000F chaque mois”, témoigne Vetea Cowan, directeur de Tahiti Pneus à Mamao.

“Nous avons quatre ou cinq professionnels qui se montrent plutôt responsables et font le gros du volume réceptionné” confirme le directeur de Fenua Ma, Benoît Layrle, “la tonne est facturée à 8 600 F”. Fenua Ma reconnaît l’insuffisance de la filière de récupération des pneumatiques au fenua, et espère l’améliorer.

Les activités de stockage de pneumatiques relèvent du régime des Installations classée pour la protection de l’environnement (ICPE) à compter d’un stockage de 400 m3. Les garages de plus de 50 m2 sont également des ICPE ; ils doivent faire l’objet d’une autorisation et répondre à des normes de stockage autorisées.

Ces déchets non dangereux ne doivent pas être stockés à l’air libre (risque de prolifération de moustiques), mais plutôt dans des zones couvertes et sécurisées afin de limiter les risques d’incendie. “La filière d’élimination en Polynésie française est limitée, du fait de l’absence de filière de traitement en place”, admet le Pays qui confirme qu’actuellement, seul le stockage en Centre d’enfouissement technique (CET) de catégorie 3 est autorisé…

 

 

Damien Grivois

 

Benoît Layrle

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