Plus de 90 % de certaines colonies de corail touchées par le blanchissement

    lundi 25 avril 2016

     Il y a encore quelques semaines, une stagiaire du Criobe avait constaté que le corail polynésien n’était pas très touché par le blanchissement, contrairement à ses voisins de la région. Mais depuis une semaine, les chercheurs Lætitia Hedouin et Yannick Chancerelle confirment que ce processus est bel et bien engagé à Moorea et Tetiaroa. Le Criobe lance un appel à témoins sur l’ensemble des archipels de la Polynésie française afin de faire un point sur l’état du récif.

    Il y a quelques semaines, on se demandait si la Polynésie française allait passer au travers du processus de blanchissement de corail, tandis que plusieurs récifs de la région Pacifique étaient touchés (Grande Barrière en Australie, Fidji, Samoa…).
    Il y a deux mois, une stagiaire fidjienne venue faire un comparatif entre le milieu corallien de son pays et celui de la Polynésie avait été affirmative : “Le corail de Fidji est très touché alors que celui de la Polynésie française ne l’est pas”.

    Un constat qui fait malheureusement partie du passé puisque deux des spécialistes des récifs coralliens rattachés au Centre de recherches insulaires et observatoire de l’environnement (Criobe), le docteur Lætitia Hedouin et l’ingénieur Yannick Chancerelle, constatent, depuis une semaine, une nette recrudescence du processus.

    Les récifs observés sont les pentes externes de Moorea et Tetiaroa. “Nous effectuons des suivis du récif corallien avec des plongeurs qui scrutent la pente externe du récif. Ils se sont aperçus que le blanchissement des colonies était en très nette progression.
    Personnellement, j’ai plongé à Tetiaroa et j’ai constaté que 80 % des acropora de la crête étaient touchés par le blanchissement.
    Lundi et mardi derniers, nous avons plongé à Bora Bora et avons fait le même constat avec un taux similaire”, explique Lætitia Hedouin.

    Pourquoi les acropora, un genre de corail dur, sont-ils plus atteints que les autres ? “On les appelle les perdants du réchauffement climatique car ce sont eux les  plus sensibles, donc qui blanchissent en premier. Sont aussi touchés par le phénomène, les pocillopora, un corail un peu plus robuste, que l’on trouve davantage sur la pente externe, mais encore en moins grande quantité. Plus de 30 % sont touchés.”

    “Une grande partie des colonies devrait s’en remettre”

    La raison du blanchissement est la hausse de la température de la mer, en nette augmentation ces dernières semaines, d’où l’impact sur les colonies. Une forte luminosité explique également l’impact premier sur la crête récifale où il y a peu d’eau et beaucoup d’intensité lumineuse.
    “Nous sommes sur la fin de la saison chaude en Polynésie et c’est ce cumul de température qui fait que les coraux ont du mal à gérer cet excès de réchauffement. Nous avons connu ces mêmes processus en 2007.”
    Que va-t-il maintenant se passer  ? “Nous savons que nos coraux vont blanchir, mais on pense que cela ne va pas être catastrophique. Une grande partie des colonies devrait s’en remettre. La grande inconnue, c’est le temps de hausse de température. Il ne faut pas que cela dure trop longtemps. Sinon le corail va mourir définitivement.”

    Aujourd’hui, les chercheurs sont en situation d’observation. “Nous faisons de la surveillance et, surtout, nous essayons de faire une évaluation de la situation. Nous parlons de la zone autour de Moorea, le Nord est plus touché que le Sud. Mais nous attendons aussi d’obtenir des informations des communes concernées ou des observateurs individuels.” L’objectif étant de faire un constat rapide de la situation pour gérer au mieux le processus.

    De notre correspondant Jeannot Rey

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