Plus d’une centaine de familles vivent dans des conditions difficiles

    jeudi 4 août 2016

    familles

    Le quartier, où logent des centaines de familles dans des conditions difficiles, est situé derrière le magasin Apahere, en plein cœur de Papeete. (Photo : Charles Taataroa)


    Quartier Mamao derrière le magasin Apahere

     

    Plus d’une centaine de familles du quartier Mamao, à Papeete, vivent dans des conditions difficiles. Il s’agit plus précisément du quartier situé derrière le magasin Apahere peu avant le concessionnaire Nippon Auto Moto.

    Certains disent qu’il s’agit du quartier Apahere en référence à l’unique magasin du coin, d’autres estiment qu’il s’agit plutôt du quartier Tuha’a Pae parce que la plupart des familles qui résident là viennent de l’archipel des Australes.

    Les premières se sont installées à Mamao dans les années 1950. Ce sont principalement des couples qui ont quitté leur île natale pour venir trouver du travail à Tahiti. Ensuite, certains ont fondé une famille et se sont tout simplement installés pour de bon dans ce quartier.

    Les constructions ont été faites sans autorisations administratives, donc sans permis de construire. Les maisons étaient en pinex et au fil du temps, certaines familles ont rénové leurs habitations, toujours sans respect des règles d’urbanisme.

     

    Un taudis

     

    Aujourd’hui, le quotidien de ces familles ne s’est pas du tout amélioré. Bien au contraire. Elles vivent dans des conditions précaires : promiscuité, insalubrité…

    De nouvelles constructions, toujours sauvages, ont été réalisées, si bien que le quartier ressemble maintenant à un vrai taudis. L’accès est très étroit et permet uniquement aux deux-roues de circuler. Pour les piétons, c’est autre chose.

    “Quand je rentre chez moi, j’ai une montée d’à peu près 100 mètres. Avec mes béquilles, je dois m’arrêter toutes les cinq minutes pour me reposer. C’est difficile”, explique Unu Tehahe, qui habite le quartier depuis 22 ans.

    En cas d’incendie – comme ce fut le cas en 2004 –, il serait donc difficile pour les véhicules de pompiers ou de secours d’accéder au lieu du sinistre. Pire, il y aurait un réel risque de propagation du feu.

    Joint par téléphone mardi après-midi, le premier adjoint au maire de Papeete, Paul Maiotui, a indiqué à La Dépêche que la commune ne peut rien engager pour améliorer la situation du fait que les terres sont privées et toujours en indivision.

    “On a souhaité assainir la situation, mais ces familles ne veulent rien entendre, explique-t-il. Ce qu’il aurait fallu faire, c’est exproprier les familles de ces terres et réaliser ensuite des habitations selon les règles d’hygiène et de sécurité.”

    Si la commune ne peut pas intervenir au niveau des constructions, ce n’est pas la même chose pour l’accès et tout ce qui touche à la sécurité des personnes. De son côté, l’association Imihia à Utupee, qui regroupe ces familles, n’est pas contre l’amélioration des conditions de vie dans ce quartier.

    Ce qui la préoccupe aujourd’hui, c’est le foncier. “On souhaiterait clarifier notre situation par rapport au foncier, précise André Tanepau, président de l’association. Ensuite, rien n’empêche les familles de se rapprocher des instances du Pays ou de la commune pour améliorer leurs habitations. Bien évidemment, dans les règles.”

     

    C.T.

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete