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Plus d’une centaine de personnes ont marché sur le feu

lundi 1 juillet 2019

Vendredi soir, après les rituels qui n’appartiennent qu’au tahua, la cérémonie a commencé par des incantations pour lever le “tapu”, l’interdit, permettant ainsi au public de traverser la fournaise. (© Jenny Hunter)

Vendredi soir, après les rituels qui n’appartiennent qu’au tahua, la cérémonie a commencé par des incantations pour lever le “tapu”, l’interdit, permettant ainsi au public de traverser la fournaise. (© Jenny Hunter)

La marche sur le feu ou umu ti ouvre les festivités du Heiva i Tahiti. La cérémonie s’est déroulée vendredi soir au Mahana park à Paea, menée par le tahua Raymond Teriirooiterai Graffe. Plus d’une centaine de spectateurs ont assisté à cette cérémonie qui précède le Heiva depuis plus de 60 ans. Après les rituels qui n’appartiennent qu’au tahua, la cérémonie a commencé par des incantations pour lever le “tapu”, l’interdit, permettant ainsi au public de traverser la fournaise chauffée, à plus de 2 000° degrés Celsius.

Après un spectacle de danse, le tahua, épaulé par son fils Arioi qui prend la succession de Raymond Teriierooi- terai en tant que grand prêtre, a rappelé les consignes au public désireux de se lancer pieds nus sur les pierres chauffées à blanc.

Des consignes comme l’interdiction de se tourner en arrière lors de la traversée de la fournaise ou encore des mises en garde pour les femmes enceintes ou des personnes ayant consommé de l’alcool. Une fois les rituels accomplis, place à la magie sous un ciel étoilé.

Pour Adeline et Céline qui ont traversé les 8,5 mètres de fournaise, ce moment restera à jamais gravé dans leur mémoire. “C’était important pour nous de connaître les traditions polynésiennes et de se connecter aux ancêtres. C’est ce qui nous a donné envie de nous lancer dans cette expérience unique”, sourit Adeline. “C’était magique. C’est une grande satisfaction pour nous de le faire et de dépasser sa peur. On avait vraiment de l’appréhension, donc on est heureuses de l’avoir fait. Ça nous a bien chauffé les pieds mais on se rend compte que ce n’était pas aussi brûlant que ce l’on pouvait voir”, poursuit Céline. Et toutes deux de conclure : “C’est vraiment difficile de décrire les émotions que l’on ressent au moment où tu traverses le feu. On ressent le mana. Il faut le faire.”

 

Manque de bois “aito”

 

Rendez-vous l’année prochaine au mois de juin pour ceux désireux de goûter à cette expérience ancestrale. En effet, le umu ti se déroule une fois l’an si les conditions sont réunies. Il demande une longue préparation : après avoir creusé une cavité suffisamment profonde, la fosse est remplie de bois et de pierres de la vallée de Papeno’o. Le tout est installé sur un lit de palmes de cocotier sèches. Selon l’épaisseur du bois, il faut patienter de 24 à 48 heures pour que le umu ti soit prêt.

Cette année, le four conçu pour la marche sur le feu avait été réduit à 8,50 mètres au lieu de 10, en raison du manque de bois “aito”, nécessaire à la réalisation. “Il n’y a plus beaucoup de aito. Nous devons nous rendre dans les montagnes dans deux semaines pour en récupérer pour préparer le umu ti de l’an prochain, mais le bois vient vraiment à manquer. J’espère que cela va suffire pour perpétuer la cérémonie dans les années à venir”, s’inquiète Tico, l’un des fils de Raymond Graffe qui participe à la préparation de la marche sur le feu. Le umu ti s’est conclu sur une rarissime cérémonie, celle dite “des ancêtres”. Le tahua a tenu à invoquer les tupuna et rendre un ultime hommage à sa petite-fille Cassandra décédée le 11 juin.

 

Jenny Hunter

 

 

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