La Pokémon Fever a débarqué au fenua

    mardi 19 juillet 2016

    Pokémon

    (Photo : DR)


    Tahiti n’échappe pas au phénomène du moment

     

    Dimanche dernier, 20 h 40. Alors tranquillement allongé sur mon canapé, bien accompagné, devant la télévision, je suis surpris par une voiture, tous feux éteints, qui s’arrête au portail.

    Une panne, une maîtresse esseulée, les interrogations défilent durant quelques minutes. Mais rien de grave : quatre Pokémon, dont un rare, se cachaient dans mon jardin !

    Depuis la sortie début juillet de Pokémon Go aux États-Unis, le monde en est devenu fou et Tahiti n’y échappe pas.

    Les jeunes particulièrement, qui, les yeux rivés sur leur smartphone, n’ont plus qu’une idée en tête : capturer, “dresser” l’une des petites bêtes imaginées au début des années 1990 par Satoshi Tajiri, créateur et producteur japonais de jeux vidéo pour Nintendo.

    Mais avant, au siècle dernier, les Pikachu, Salamèche et leurs compagnons étaient cantonnés dans des consoles de jeux ou des cartes de jeu.

    Aujourd’hui, avec Pokémon Go et grâce à la géolocalisation et à votre smartphone avec 3G, les créatures apparaissent grâce à la réalité augmentée dans votre environnement, à portée de main (ou de clic).

    La chasse réelle aux Pokémons virtuels a commencé, aux États-Unis d’abord, en Asie et débarque en France demain ou jeudi, après avoir été reportée en raison de l’attentat de Nice.

     

    Scènes d’émeutes à Central Park

     

    De nombreux fans polynésiens ont été très vite conquis, même si Pokémon Go n’y est pas officiellement disponible. Le bouche-à-oreille a fonctionné à merveille, notamment via Facebook et le groupe Pokémon-Go Tahiti, qui rassemble déjà près de 350 “dresseurs” et distille de nombreux conseils pour économiser sa batterie ou ne pas trop consommer son forfait Internet.

    L’astuce est simple pour télécharger “l’appli” au fenua, il suffit de se connecter à l’Apple Store ou à Play Store via une adresse anglophone. L’application gratuite bat tous les records de par le monde.

    Sortie le 7 juillet aux États-Unis, elle a été téléchargée 7,5 millions de fois, en seulement cinq jours et a rapporté 14 millions d’euros (1,7 milliard de francs) de bénéfices, sur la même période.

     

    En recherche Internet, “Pokémon Go” a dépassé “porn”

     

    The Pokémon Company a choisi la gratuité pour télécharger l’application, mais il faut “payer pour gagner”.

    En effet, dans le jeu, vous devrez débourser quelques sous pour acheter de nouvelles pokeballs, de l’encens pour attirer les petits monstres ou encore des sacs plus grands.

    Autant de joueurs et un tel engouement font bien évidemment la une des médias du monde entier. Deux dresseuses ont, par exemple, pris un kayak pour conquérir une arène située sur l’océan, au Canada. 

    Un soldat volontaire américain a capturé son premier Pokémon au front, face à l’État islamique. “Pokémon Go” est devenu un terme plus recherché que “porn” sur Internet.

    Des dresseurs se sont introduits dans un commissariat pour attraper des Pokémon et Central Park à New York est devenu “the spot” créant des embouteillages et de quasi-scènes d’émeutes. Et Tahiti n’y échappe pas.

    “Mon fils a quitté une bringue, avec ses amis, à trois heures du matin ce week-end au Belvédère, pour aller chasser des Pokémon à Arue”, nous a raconté un collègue du service des sports.

    Le parc Paofai attire déjà de nombreux dresseurs de jour comme de nuit et on en retrouve même devant son jardin, comme Caroline et Romain Martin, frère et sœur, dresseurs à toute heure (lire ci-contre).

    “L’application nous dit qu’il ne faut pas nous déplacer à plus de 17 km/h afin d’éviter trop les balades en voiture”, nous a expliqué Romain, qui conduit sa sœur, pour chasser du Pokémon.

    “Si on est un dresseur responsable, on prend un pilote, un copain qui conduit pour nous, pendant qu’on joue avec nos téléphones”, nous a expliqué Romain Martin, moniteur de plongée et étudiant, qui rêve de grimper l’Aorai pour trouver un Pokémon rare.

    Pas d’accident mortel avec cette application pour le moment, mais il est cruellement demandé de ne pas jouer au volant, comme le précisent des panneaux d’information sur les autoroutes américaines.

     

    Tahiti gagnée aussi par la Pokémon fever

     

    Partis à cinq, dimanche dernier, Kenny Chansin (21 ans, en troisième année d’écogestion à l’Université de la Polynésie française) et ses amis ont joué, de 15 heures à minuit, sur une bonne partie du front de mer de Papeete, notamment vers To’ata, qui a un “bon ratio de Pokémon”.

    “Avec la réalité virtuelle, tu réalises un rêve d’enfant”, a-t-il expliqué, hier. “Il y a eu la Justin Bieber Fever, aujourd’hui, c’est la Pokémon Fever”, explique le jeune geek (lire ci-dessous).

    Enfin, désolé, mais mes quatre Pokémon de dimanche dernier ont été capturés et dressés. Toutefois chut ! Je ne vous ai rien dit  mais on en a trouvé au moins quatre à La Dépêche de Tahiti, hier, en fin d’après-midi…

     

    Christophe Cozette

     

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