PokéStop : non, To’ata n’est pas interdit au public après 22 heures

    mardi 16 août 2016

    to'ata

    Jusqu’à cent personnes peuvent parfois se retrouver à To’ata dans une ambiance bon enfant. (Photo : Florent Collet)


    Excès de zèle ou mauvaise compréhension d’un agent de sécurité

     

    Il est 22 h 15 sur l’esplanade de To’ata. À quelques mètres de l’enceinte où les to’ere résonnaient encore il y a quelques semaines, le silence est à peine perturbé par les travaux effectués sur le front de mer.

    Comme c’est le cas depuis la sortie du jeu Pokémon Go, une demi-douzaine de personnes sont présentes sur ce lieu très prisé des chasseurs de Pikachu et autre Lokhlass.
    Pour le comprendre, il faut connaître ce jeu tiré de la franchise Nintendo, véritable phénomène de société planétaire.

    Pour pouvoir jouer et attraper les petites créatures de manga, encore faut-il être muni de PokéBall. Pour s’en fournir, il faut se rendre sur des PokéStop, en quelque sorte des distributeurs de PokéBall.

    Ces PokéStop sont également des aimants à joueurs car ils peuvent être le réceptacle de leurres, qui attirent les Pokémon, facilitant ainsi la chasse.

    Depuis quelques semaines, l’esplanade de To’ata, habituellement déserte, est ainsi peuplée de joueurs assis autour des arbres ou marchant entre les trois PokéStop de la place, matérialisés par le kiosque, une pierre décorée et l’entrée de l’enceinte de To’ata.

    C’est le seul endroit en Polynésie à proposer autant de PokéStop sur un si faible espace.

     

    Règlement des jardins de Paofai

     

    Vu de l’extérieur,  à voir ces jeunes et moins jeunes les yeux fixés sur leur téléphone portable, le phénomène peut paraître étrange. Mais l’ambiance est bon enfant. Ici, pas de musique boum boum ou de consommation d’alcool.

    Les joueurs, qui ne se connaissaient généralement pas jusque-là, échangent et font connaissance entre deux captures. C’est donc l’incompréhension lorsqu’un agent du service d’assistance et de sécurité (SAS) demande à tout le monde de quitter la place.

    Cela ferme à 22 heures la semaine et à minuit le vendredi et le samedi”, explique-t-il. “Cela a toujours été comme ça.” Plusieurs joueurs confirment ainsi avoir été priés plutôt autoritairement de quitter les lieux depuis quelques semaines.

    L’agent explique que ces règles sont affichées sur le grand panneau à l’entrée des jardins de Paofai. Si, effectivement, il est toléré de passer dans les jardins du front de mer la nuit, il est interdit d’y rester.

    Mais ce règlement est-il applicable à l’esplanade basse de To’ata, “de la Maison de la culture jusqu’au rond-point”, comme l’assure l’agent ?

    Jusqu’à présent, cette interdiction était passée inaperçue, elle a été mise en lumière par les chasseurs de Pokémon, mais interdirait donc l’accès de l’une des seules places publiques de la ville aux habitants et touristes.

    Interrogée à ce sujet, la présidence, qui gère directement le SAS, nous renvoie vers la Maison de la culture, gestionnaire du site. C’est l’étonnement au Fare Tauhiti Nui, qui se réjouit de la surveillance assurée par des agents qui ont bien souvent empêché des vols sur le site, mais qui assure ne pas avoir donné d’instruction concernant une restriction d’accès de la place.

    C’est finalement Léopold Teaotea, responsable du SAS, qui nous apporte la réponse : “Il est tout à fait autorisé de rester sur l’esplanade basse de To’ata. Les horaires s’appliquent uniquement aux jardins de Paofai.

     

    La police municipale aussi

     

    Excès de zèle, mauvaise compréhension ou agacement de voir autant de fréquentation sur un lieu habituellement vide, l’agent en question devait se faire rappeler les règles par son supérieur hier.

    Il n’est pas le seul à avoir été déboussolé par les chasseurs de Pokémon. À Arue, sur le parking du fast-food et de la banque à la feuille de ‘uru, des joueurs expliquent qu’ils étaient simplement assis dans leur voiture stationnée, sans aucune musique, quand la police municipale leur a demandé de quitter les lieux.

    La mairie a indiqué qu’il devait s’agir d’une erreur. Ce site a souvent été un lieu de vente ou de consommation de paka, les muto’i auraient ainsi pris les joueurs pour des dealers.

    Pokémon Go faisait perdre la tête de certains joueurs, il échauffe aussi les esprits de certains responsables de la sécurité.

     

    F.C.

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete