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Politique : rentrée budgétaire à l’assemblée

vendredi 22 septembre 2017

fritch

“Depuis 2014, et après 10 ans de casse économique et sociale, nous avons entamé la reconstruction de notre pays”, a déclaré Édouard Fritch devant les élus de l’assemblée et les représentants de l’État, hier lors de l’ouverture de la session budgétaire. (© Caroline Perdrix)

Prenant la parole après Marcel Tuihani, le président du Pays a voulu placer son intervention sous le signe du pragmatisme.

Plutôt que de s’exprimer depuis le pupitre, il a choisi de rester sur le banc du gouvernement : “J’ai besoin de soutien”, a-t-il ironisé, avant de répondre à la proposition du président de l’assemblée.

Un gouvernement d’union, c’est “très polynésien, mais ça dépend du comportement des hommes et de leurs égos, (…) des intérêts personnels des uns et des autres.”

Moraliser la vie politique, certes, mais “comment peut-on héberger ici des gens qui ont perdu leurs droits civils et civiques ?”, a-t-il lancé à Marcel Tuihani, en référence à leur ex-père spirituel. 

Édouard Fritch a ensuite déroulé les chiffres de l’économie polynésienne, qui s’améliorent, et ceux des finances publiques, qui se consolident.

C’est “le fruit d’une gestion rigoureuse du gouvernement et de son administration”, appuyés par la majorité RMA à l’assemblée, a-t-il conclu.

Un redressement qui aurait pu être plus rapide, sans “les chausse-trappes, les coups bas, la désinformation à des fins bassement politiciennes, les règlements de comptes personnels.”

Un redressement qui, il l’admet, ne permet pas encore de créer suffisamment d’emplois. Ce sera le fil conducteur, promet-il, des orientations budgétaires pour 2018, qui vont concrétiser des mesures déjà amorcées ces derniers mois.

Ainsi, l’aide à l’investissement des ménages dans une résidence principale sera doublée, et étendue aux travaux d’aménagement, d’extension et de rénovation. Les programmes de l’OPH, dont l’activité a repris depuis 2015, seront poursuivis, y compris par des opérateurs privés.

Les aides à la revitalisation et à l’équipement des commerces et des entreprises seront reconduites l’année prochaine ; les pêcheurs auront accès au carburant détaxé.

 

Les mesures annoncées par le gouvernement

 

Parmi les nouveautés, le code de la concurrence adopté en 2015 sera révisé pour “une plus grande efficacité”, a déclaré le président du Pays.

Pour lutter contre la vie chère, le gouvernement souhaite réformer la taxe de développement local (TDL), en toilettant la liste des produits et les taux. Même chose pour les produits de première nécessité (PPN) et les produits de grande consommation (PGC).

“La fiscalité des produits sucrés sera également revue. Le gouvernement va prendre ses responsabilités et agir pour limiter les impacts désastreux d’une mauvaise alimentation sur nos populations”, a promis Édouard Fritch.

Le bingo va faire l’objet d’une réglementation plus draconienne : il n’aura plus qu’une vocation associative à l’exclusion de tout autre pratique.

Et il annonce que le texte sur les professions de comptable et expert-comptable, attendu depuis deux ans, est finalement prêt. Les statuts des notaires, huissiers de justice et commissaires-priseurs seront également revus.

Pour rendre la Polynésie plus attirante, le gouvernement va également toiletter la loi relative aux grands investissements votée en 2014, notamment en remontant le seuil au-delà duquel une autorisation préalable du conseil des ministres est requise.

En revanche, le développement des ressources propres et les questions de propriété foncière restent soumis à autorisation. De plus, les incitations fiscales à la réalisation des grands investissements seront étendues, y compris aux investisseurs locaux, et le seuil d’éligibilité abaissé.

Côté travaux du Pays, l’appel à projets pour le Village tahitien (la version light du Mahana Beach) sera lancé avant la fin de l’année, et les offres pour le projet de Cook’s Bay, à Moorea, et, pour l’ex-Royal Papeete, seront dépouillées le mois prochain. La construction des logements étudiants à Outumaoro et du complexe sportif de Hitia’a démarrera avant la fin 2017, et en 2018, ce sera au tour de l’écomusée Fare Natura de Moorea, de la réhabilitation du Musée de Tahiti et des îles et l’aménagement de la pointe Hotuarea, à Faa’a.

Enfin, Édouard Fritch a annoncé qu’il avait bon espoir que la contribution de l’État au financement du RSPF soit reconduite pour un an, mais n’a pas détaillé les prochaines mesures de réforme de la protection sociale généralisée, se contentant de remercier les partenaires sociaux de leur “confiance”.

La première séance de la session budgétaire se tiendra jeudi 5 octobre. 

C.P.

 

Marcel Tuihani sur le thème de la transition

marcel tuihani

“Ne laissez pas le dernier mot aux désabusés et aux cyniques”, a conclu Marcel Tuihani. (©DR)

Trois ans presque jour pour jour après son accession à la présidence de l’assemblée de la Polynésie française, Marcel Tuihani a prononcé, hier, le dernier discours solennel de sa mandature. Transition politique, économique, sociale, écologique, énergétique : il affirme vouloir sortir la Polynésie d’un moule obsolète et délétère.

Il a commencé son discours en fustigeant l’État à propos des retards de l’application de la loi Morin, qui ne rend toujours pas justice aux victimes des essais nucléaires : “Il y a quelque chose d’indécent et d’insupportable dans cette attitude.”

Enchaînant sur les autres conséquences sociétales de l’arrivée du CEP, il a ensuite partagé ses inquiétudes sur la prévalence de l’obésité et du diabète et leur impact sur notre système de santé : “Je ne suis pas persuadé que nous ayons pris la mesure réelle du problème”, a-t-il déclaré. Avant de souhaiter “de véritables mesures dissuasives comme une fiscalité ciblée sur certains produits incriminés”.

Il a également appelé les élus à s’atteler pour de bon à la réforme de la protection sociale généralisée.

Il a ensuite abordé le dérèglement climatique, enjoignant Pays et communes à se préparer à la saison des pluies, avant de plaider pour l’abandon du diesel en Polynésie et pour la refonte du système de transports en commun.

Il souhaiterait que les plus touristiques de nos destinations, comme Moorea, Bora Bora ou Fakarava, bannissent les véhicules essence et diesel, et passent au tout électrique “pour en faire de véritables destinations eco-friendly (…)”.  “Appelant les citoyens au civisme, il pense que « nous tuerons notre tourisme si nous laissons notre pays devenir une poubelle.”

 

Un nouvel appel à un gouvernement d’union

 

Concernant l’énergie, “il nous faut poursuivre nos efforts en hydroélectricité”, a-t-il déclaré, regrettant également le temps perdu sur le dossier du Swac de l’hôpital de Taaone.

 

Marcel Tuihani souhaite que son successeur et les élus de la prochaine mandature poursuivent le travail entrepris avec la création récente de la commission d’évaluation des politiques publiques. Mais ce n’est pas tout : il “propose de mettre en place un véritable code éthique de la politique.”

Prenant acte du “désamour entre une partie des citoyens et la classe politique”, le président de l’assemblée a réitéré sa proposition d’“oser une réelle transition en mettant en place un gouvernement d’union” après les prochaines élections territoriales, pour retrouver “stabilité et confiance”, “sortir du huis clos autonomiste”, et rassurer les investisseurs.

Les Polynésiens, a déclaré Marcel Tuihani, “nous observent, nous critiquent, nous jugent. Il serait temps de voir notre gouvernance autrement.”

Préemptant les accusations d’utopisme, il a conclu en appelant à “un nouveau projet de société, car de toute évidence, le nôtre a atteint ses limites”.

 

C.P.

 

 

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