Pollution au plastique : un enrochement qui crée la polémique

    mardi 20 septembre 2016

    pollution

    Les familles de pêcheurs du Fenua Aihere s’inquiètent de cette pollution. (Photo : Claude Jacques/LDT)

     

    Inquiétude des habitants du Fenua Aihere

     

     

    Il y aura bientôt un an, Quito Braun Ortega, propriétaire d’un grand terrain de plusieurs dizaines d’hectares au Fenua Aihere, a voulu protéger le littoral qui le borde en utilisant les matériaux présents, des galets.

     

    Afin d’en assurer la cohésion, il a demandé à ses ouvriers de les enfermer dans de grands sacs en plastique conçus pour transporter des matériaux lourds. Le problème est que ces sacs, exposés au soleil et à une forte houle, se désagrègent rapidement. Après avoir tenté en vain de le convaincre de la pollution engendrée par ce type d’ouvrage, forcément éphémère, une riveraine en a informé la Direction de l’environnement (DIREN), dès février.

    Elle a également déposé une plainte. “Nous n’avons eu aucun retour”, explique Mira Vehiatua qui vient de contacter l’association Puai o te natura afin de faire avancer ce dossier. “J’ai à nouveau contacté récemment la DIREN”, précise Charles “Supa” Van Cam, le président de l’association, “et effectivement, on a retrouvé cette plainte, mais dans un dossier archivé…”.

    Dans l’attente d’une prise en compte effective de ce problème par les autorités compétentes, l’association a décidé de se rendre sur place, hier matin afin de constater de visu la situation. C’était aussi l’occasion de rencontrer nombre de familles de pêcheurs du lieu, venues assister à la messe dominicale à la chapelle catholique.

     

    Un problème, parmi d’autres

     

    Pour nombre de ces personnes, le problème de cette pollution au plastique n’est pas le seul et fait suite à une succession de petits conflits à propos desquels ces habitants regrettent un manque de concertation de la part du propriétaire de ce terrain acheté il y a plusieurs années à un milliardaire italien.

    Ils ont ainsi l’interdiction de le traverser pour se rendre dans une forêt de mape, source de revenus non négligeable pour cette population de cultivateurs et de pêcheurs. “Impossible pour nous de nous rendre sur des marae familiaux”, explique encore Mira Vehiatua.

    Une disposition qui aurait été prise, il est vrai, suite à des vols de fruits sur la propriété. Une propriété sur laquelle Quito Braun Ortega, chef d’entreprise dans le Pacifique, ancien ministre et ancien conseiller de l’assemblée, mène un vaste programme de plantation.

    Nous ne voulons pas rentrer en guerre”, explique Supa, qui souhaiterait que “QBO prenne conscience des conséquences négatives de cet enrochement qui, de toute façon, ne peut pas tenir sur la durée”. “Nous souhaitons aussi que les autorités du Pays prennent leurs responsabilités”.

     

    De notre correspondant C.J.

     

        Retrouvez dans notre édition du Mardi 20  septembre 2016 :       

    • Plus de photos
    • Encadré : Une pollution insidieuse mais réelle et des dangers d’accident
    • Réaction : Mira Vehiatua, riveraine du “mur” de plastique – “Il y aurait d’autres moyens à mettre en place”

     

     

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