Polynésie 1ère : 2016, année de la convergence

    mercredi 13 janvier 2016

    Elle se déroule en douceur, mais c’est bien une révolution qui est en train de s’opérer du côté de la station historique de Pamatai. Cela valait bien, en tout cas, un point presse de rentrée. C’est habituellement en septembre, que les chaînes de télévision présentent leurs nouveautés, à l’issue des grandes vacances scolaires, mais le média national vit un taui qui méritait d’être mis en lumière, à commencer par le plus visible, son plateau.
    Les téléspectateurs découvriront ce nouveau décor dont “la scénographie s’est inspirée avec sobriété et finesse de l’univers culturel polynésien, (…) la partie centrale du lieu représente une tortue à l’intérieur d’une raie manta, des symboles de longévité et de liberté”, explique le dossier de presse. Un décor qui va également changer la façon de présenter l’info et le journal télévisé. Avec Internet et l’actualité quasiment en temps réel, le rendez-vous du soir devra être celui du décryptage et le mur d’images installé derrière le présentateur tiendra lieu de tableau noir pour mieux décortiquer l’information.
    Mais la façon de faire de l’info en elle-même va se voir modifiée avec l’arrivée d’une nouvelle rédactrice en chef, qui, pour la première fois, va chapeauter à la fois la radio et la télé. “Pour gommer certaines aberrations dans l’organisation, où il pouvait y avoir quatre journalistes sur un événement et aucun sur un autre”, a répété Jean-Philippe Pascal, le directeur régional de Polynésie 1ère. Des journalistes qui sont également appelés à multiplier leurs compétences pour faire face au défi d’Internet, la convergence passe aussi par le web pour participer à cette course à l’info la plus rapidement divulguée.
    Mais Polynésie 1ère, ce n’est pas que de l’information. La chaîne de Pamatai s’enorgueillit de ses plus de 800 heures de production locale “sans rediffusion”. Les émissions phares, actu ou fictions, se poursuivent, comme
    A tu dire ou la série Castle. D’autres vont faire leur apparition comme Mémoires de rue, une minisérie pour découvrir l’histoire qui se rapporte à chaque artère de Papeete.
    Rendez-vous incontournable, Fare Maohi reste inamovible, mais change de visage. Exit Hinatea Chatal au côté de Mario, c’est Lovaina Chapman, qui assurait la météo jusque-là, qui sera au rendez-vous de midi. La jeune femme assurera aussi l’animation de E aha te ma’a. Autre nouveau rendez-vous, avec l’artiste Nyko PK16, qui, dans Portraits de Polynésie, dessinera le visage d’une personnalité connue. À l’heure du tout numérique, le crayon à papier a encore un bel avenir.

    Florent Collet

    Nadine Félix Rédactrice en chef radio et télévision : “Si l’on n’est pas en dynamique, si l’on reste dans l’immobilisme, en réalité, on régresse”

    Vous êtes arrivée récemment. Quelle est votre ambition pour les rédactions de Polynésie 1ère ?
    Ma première ambition est déjà qu’on continue à nous écouter et nous regarder, et nous écouter un peu plus d’ailleurs, évidemment. Il ne faut pas oublier le public à qui l’on s’adresse et pour qui l’on fait ce travail. La seconde est de nous organiser de telle sorte que nous collions encore davantage et mieux aux attentes des gens et à leurs besoins. Ce n’est pas exactement la même chose. Il y a des besoins qui ne sont pas forcément identifiés, mais il y a des attentes qui le sont. Il faut arriver à faire coordonner les deux. Et puis, nous sommes dans une réalité de pays d’outre-mer que je connais bien, même si la culture est totalement différente de celle de la Guyane (elle était rédactrice en chef radio de Guyane 1ère avant de venir à Tahiti, NDLR), mais nous avons des problématiques communes qui sont celles de ces personnes qui sont à la fois françaises, mais qui ont une identité culturelle différente très ancrée dans leur territoire. L’ambition est de rester proche de ce qui fait la culture des gens du pays, et en même temps, de répondre à nos attentes qui sont beaucoup plus nationales et internationales. Il faut être honnête. Comment est-ce que nous vivons tous ? Nous sommes souvent connectés sur les chaînes d’information en continu pour savoir ce qu’il se passe en France et dans le monde et en même temps, on a envie de savoir ce qu’il se passe à côté de chez nous et il faut répondre à tout cela. Nous sommes une chaîne généraliste, il faut répondre à tous les publics et toutes les attentes du public. On parle beaucoup d’Internet. Il y a 20 ans, ce n’était pas une problématique pour nous, aujourd’hui, ça l’est. Il y a 20 ans, on se contentait de faire de la radio et de la télé, aujourd’hui, il faut aller plus loin. Il faut se mettre au niveau là-dessus aussi, répondre tout simplement au mode de vie qui évolue. Si l’on n’est pas en dynamique, si l’on reste dans l’immobilisme, en réalité, on régresse, parce que les autres avancent pendant que nous ne bougeons pas.

    Pour la première fois, radio et télé vont avoir la même rédaction en chef. Les habitudes vont-elles être difficiles à changer ?
    Ce n’est jamais facile. Quelqu’un disait qu’il faut trente ans pour faire évoluer les mentalités. Nous n’allons pas attendre trente ans évidemment, mais ce n’est pas facile. Le but n’est pas de mutualiser, mais de converger. Nous ne sommes pas dans la fusion, nous sommes dans une entité unique. Chacun garde ce qui fait de lui un journaliste radio ou télé, mais il ne faut rien s’interdire. Quelqu’un qui a passé deux ou trois jours sur un dossier pour la télé, pourquoi donner ses infos à un autre pour la radio et à un troisième pour Internet. Il peut aller jusqu’au bout de son projet et écrire ses papiers pour la radio et Internet. C’est une déperdition d’énergie que de demander à deux ou trois personnes différentes de travailler sur un même sujet.

    Propos recueillis par F.C.

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