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La Polynésie en 2050 : comment avancer, où aller, avec qui ?

mercredi 12 juillet 2017

2050

Chefs d’entreprise, membres d’associations, autorités
du Pays et de l’État,
ou citoyens curieux ont
participé hier à la conférence “Quelle Polynésie en 2050 ?” (© Photo : Marie Guitton)


Quelle Polynésie en 2050 ? Relations avec Paris, développement post-essais nucléaires, mutation de la société, intégration régionale… Une série de thèmes ont été abordés, hier, lors d’une grande journée de débats publics sur l’avenir du fenua. Les autorités et la société civile ont donné leurs avis.

Quelle Polynésie en 2050 ? Ce sont les autorités du Pays et de l’État qui ont été invitées à esquisser un cap en premier, hier, lors de la conférence organisée au Méridien par le conseil économique, social et culturel (CESC).

La quatrième institution du Pays, qui fête aujourd’hui ses 40 ans, a décidé d’ouvrir une grande réflexion autour de la question “Comment envisager un développement harmonieux pour les 40 ans à venir ?”
“On ne peut pas construire l’avenir sans solder le passé. Cela ne veut pas dire oublier, c’est reconnaître et réparer ce qui doit l’être”, a d’abord déclaré Marcel Tuihani, le président de l’assemblée de la Polynésie. Au-delà de la reconnaissance par Paris du fait nucléaire, la véritable réparation des conséquences des essais serait, pour plusieurs observateurs, un préalable essentiel à toute avancée.

En ce sens, l’Accord de l’Élysée, signé par les présidents Édouard Fritch et François Hollande en mars à Paris, est annoncé comme le “nouveau socle sur lequel capitaliser”. “Nous devons maintenant établir un plan d’actions qui déclinera les 60 mesures opérationnelles contenues dans cet accord”, a rappelé hier Teva Rohfritsch, vice-président du Pays.

La loi de programmation sur l’égalité réelle outre-mer (dite loi Érom) devrait également conduire à la négociation, avec l’État, d’un plan de convergence décennal, “porteur des grandes priorités de développement”. “Le gouvernement a, pour sa part, fait le choix d’adosser le développement du pays, à moyen terme, au peuple français”, a donc précisé le vice-président.

 

Émancipation, formation des cadres

 

Mais le fenua doit-il pour autant adopter le modèle de société mis en place par et pour l’Hexagone, “pour en devenir un clone” ? La question aurait été posée aux représentants de l’outre-mer à Paris.
“Bien évidemment, nous avons tous dit que nous aspirions à un égal accès aux droits fondamentaux, à la réduction des écarts de développement”, raconte Christian Vernaudon, représentant de la Polynésie française au conseil économique, social et environnemental (Cése). Mais pas au gommage des spécificités de chacun.

En son article premier, la loi Erom indique donc que “la République reconnaît aux populations des outre-mer le droit à l’égalité réelle au sein du peuple français” et “le droit d’adopter un modèle propre de développement durable”.
“La loi nous invite clairement à progresser dans la voie de l’émancipation, à autodéfinir notre projet de société, sans que cette démarche conduise nécessairement à sortir de la nation française”, a donc souligné Christian Vernaudon.

Selon lui, la Polynésie doit faire face à ses responsabilités, sortir “d’une logique de simple assistanat” et “cultiver ses singularités”, à l’image du classement du site de Taputapuatea à l’Unesco par exemple.
“La première des choses qu’il faut développer, c’est la capacité, pour les Polynésiens, de prendre les postes d’encadrement sur ce territoire, a, pour sa part, estimé le haut-commissaire René Bidal. L’accès aux grands concours, aux écoles préparatoires, et le retour des Polynésiens au fenua pour avoir ces postes d’encadrement me paraît totalement essentiel. Il faut faire en sorte que les radiologues soient des Polynésiens, que les directeurs des grands hôtels soient des Polynésiens, et pourquoi pas qu’un jour, un haut-commissaire soit un Polynésien. Ce sera la meilleure démonstration que la Polynésie est dans la République.”

 

“Cela dépend de nous”

 

À l’avenir, tout un chacun souhaite évidemment une société plus juste et solidaire, un égal accès à la santé et l’éducation, ou encore le plein emploi, duquel dépend l’équilibre des comptes sociaux ou la consommation des ménages… “Pour une bonne part, cela dépend de nous. Cela équivaut à se demander comment nous entendons gouverner la Polynésie”, a finalement reconnu Marcel Tuihani.
Pour lui, entre les États-Unis et la Chine, “l’avenir du monde se jouera dans le Pacifique”. Il invite donc la France à laisser suffisamment de latitude au Pays afin qu’il s’intègre mieux dans ce grand bassin. Ensuite, ce sont aux autorités locales de jouer la partie.

Le très haut débit, les énergies renouvelables, l’exploitation des ressources halieutiques, voire des ressources minérales, permettraient “d’asseoir de manière durable notre développement”, selon le président de l’assemblée, qui exhorte les décideurs à travailler ensemble, sans opportunisme ou immoralité, qui provoque la défiance sans cesse plus importante de la population vis-à-vis des institutions.
Hier, pour une fois, elles se sont mises “à l’écoute de nos citoyens” (lire ci-contre). Car tout un chacun peut “poser sa pierre” pour construire la Polynésie de demain. 

 

Marie Guitton

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