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La Polynésie et l’égalité salariale hommes-femmes : pas si mauvaise élève ?

jeudi 10 janvier 2019

 

 

L'écart salarial global entre hommes et femmes en Polynésie serait de 9 %, contre 25 % en métropole et 16 % dans l'Union européenne. Mais ce chiffre cache des disparités importantes entre secteurs économiques, et l'enquête sur l'emploi qui sera révélée en février devrait produire les données plus fines que les associations de femmes réclament.

L’écart salarial global entre hommes et femmes en Polynésie serait de 9 %, contre 25 % en métropole et 16 % dans l’Union européenne. Mais ce chiffre cache des disparités importantes entre secteurs économiques, et l’enquête sur l’emploi qui sera révélée en février devrait produire les données plus fines que les associations de femmes réclament.

Un système de points pour noter la performance des entreprises en matière d’égalité salariale est entré en vigueur au 1er janvier en métropole, où l’écart global entre salaires masculins et féminins est de 25 %, et de 9 % à poste et âge équivalents, 46 ans après l’inscription dans le code du travail du principe d’égale rémunération.

L’occasion de revenir sur la situation en Polynésie, qui sur le papier semble faire mieux que la métropole. Lorsque l’on considère le salaire moyen brut (chiffres CPS/ISPF juin 2018), l’écart entre hommes et femmes est de 9 % : 266 450 francs pour une femme et 292 765 francs pour un homme. En même temps, le salaire moyen « équivalent temps plein » des femmes (319 650 francs) n’est inférieur que de 2,8 % à celui des hommes (328 918 francs), « un différentiel très faible qui n’a pas une grande signification », pour le directeur de l’ISPF Fabien Breuilh. Mais ces chiffres sont des moyennes ; dans certains secteurs comme la finance ou la santé, l’écart peut atteindre 30 %.

Pourquoi 9 % d’écart ici et seulement 2,8 % là ? D’une part, parce que ce sont les femmes qui occupent beaucoup des emplois subalternes ou à temps partiel, par nécessité ou par choix. En 2015, l’enquête de l’ISPF sur le budget des familles révélait qu’une femme chef de famille perçoit 21 % de moins qu’un homme chef de famille, une différence qui atteint 38 % sur la zone urbaine de Tahiti. D’autre part, parce que l’emploi public en Polynésie est important (24 % de l’emploi total, contre 20 % pour la France entière) et que le secteur public est plus respectueux de l’égalité salariale que le privé.

Plus diplômées, mais moins employées et moins payées

Le taux d’activité des femmes polynésiennes est de 49,1 % (contre 63,3 % pour les hommes) alors qu’il est de 67 % chez les femmes métropolitaines. La Polynésie est d’ailleurs le territoire ultramarin français où ce taux est le plus bas, même dans les collectivités où le chômage est plus élevé qu’au fenua.

Les Polynésiennes sont pourtant plus diplômées que les hommes : en 2012, seules 23,8 % n’avaient aucun diplôme, contre 33 % des hommes en âge de travailler. Elles étaient plus nombreuses à avoir le bac (18,3 % contre 13,3 %) et plus nombreuses à détenir un diplôme de l’enseignement supérieur (13,7 % contre 11,5 %). Et rappelons-le, la loi nationale du 27 mai 2008 sur la lutte contre les discriminations hommes-femmes, « notamment en matière de rémunération, de mesures d’intéressement ou de distribution d’actions », s’applique de plein droit en Polynésie française; une loi du Pays de janvier 2013 a inscrit cette protection dans le code du Travail polynésien.

La Polynésie française manque de données plus fines pour mieux apprécier les différences entre les sexes, comme l’a relevé à plusieurs reprises le Conseil des femmes, dont la conférence régionale se tiendra en 2020 à Tahiti.  Il faudrait, pour bien faire, pouvoir comparer à qualification égale, poste égal et temps de travail égal, soulignait l’économiste Florent Venayre dans nos colonnes en 2016. Dans un mois, l’ISPF va dévoiler les premiers résultats de sa grande enquête sur l’emploi, réalisée entre mai et décembre 2018. Elle devrait permettre de mettre à jour les chiffres sur l’emploi et le salaire des femmes.

 

C.P.

 

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