“La population des requins en Polynésie est exceptionnellement en bonne santé”

    mercredi 15 février 2017

    guide poisson

    Philippe Bacchet (à gauche) et Yves Lefèvre, co-auteurs avec Thierry Zysman (absent) de ce Guide des poissons de Tahiti et ses îles, édité au Vent des îles, ont détaillé, hier matin, leur ouvrage, vraie bible des fonds sous-marins polynésiens. (© Christophe Cozette)

     

    L’incontournable “indispensable”. La Dépêche de Tahiti avait présenté, le mois dernier, la 4e édition de la  “bible des fonds sous-marins”, une réédition du Guide des poissons de Tahiti et ses îles (Au vent des îles) qui recense 654 espèces, illustrées par plus de 1 128 photographies, la plupart encore argentiques, comme nous l’a relaté hier matin, à la maison d’édition, l’un des trois auteurs, Philippe Bacchet, photographe-naturaliste, qui a bien voulu répondre à nos questions, avec Yves Lefèvre, plongeur de l’extrême. Le premier dédicacera l’ouvrage, samedi, à la librairie Odyssey, de 9 heures à midi.

     

    Qu’est-ce que cette édition apporte de nouveau ?

    Yves Lefèvre : Elle est enrichie, tout d’abord. On a 54 espèces supplémentaires, on a augmenté l’iconographie, on a apporté beaucoup plus d’informations avec notamment la classification des espèces par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature, NDLR).

    C’est un guide qui est destiné à tous ceux qui veulent parfaire leurs connaissances sur les poissons.

     

    Est-ce laborieux à faire ? Vous disiez que les noms changent d’une vallée à l’autre ?

    Philippe Bacchet : Il y a une grande part de travail de terrain, même si on s’est basé sur une bibliographie existante. Cela nous a conduits à vérifier beaucoup de choses, à aller au-delà. Nous avons parcouru la Polynésie dans tous les sens et nous avons acquis de nouvelles connaissances sur les noms que les Polynésiens donnent aux poissons.

    C’est une richesse extraordinaire, c’est très certainement l’endroit au monde où le vocabulaire lié aux poissons est d’une telle richesse. Les poissons chirurgiens ou perroquets sont déclinés en une multitude de noms. Aux Marquises, les noms peuvent différer d’un village, d’une vallée à l’autre, aux Tuamotu aussi.

     

    Quand on parle poissons ici, on parle aussi requins. Est-ce une population en bonne santé ?

    Yves Lefèvre : Oui, la population des requins en Polynésie est exceptionnellement en bonne santé pour certaines espèces par rapport à d’autres régions du monde. Et sans l’aide de tous les Polynésiens, sans cette sagesse inhérente au peuple de la mer, on n’aurait absolument pas ce constat aujourd’hui.
    On espère que cette ressource continuera à être préservée et vénérée comme elle l’a été de tout temps par le peuple polynésien.

     

    Quels sont les bons réflexes que vous avez constatés ?

    Yves Lefèvre : Il n’y a plus de requins qui sont pêchés pour revendre des mâchoires, des dents ou des ailerons. Il n’y a plus de lignes dédiées aux requins. Le trafic d’ailerons est, je pense, inexistant.
    Au-delà même de la loi, les Polynésiens ont toujours été réticents à tuer des requins, ce qui explique en grande partie l’état de santé des populations, que tous les plongeurs du monde entier constatent, d’année en année, comme ils constatent, d’année en année, la raréfaction des requins dans les autres régions du monde.
    N’oublions pas que le gardien de la ressource, c’est aussi et surtout le requin.

     

    C’est un atout touristique, donc ?

    Yves Lefèvre : C’est un grand atout touristique et qui est vraiment l’illustration d’une économie durable et qui préserve la nature.

     

    Propos recueillis par Christophe Cozette

     

     

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