Portrait – Bonabert Kaimuko, le plus australien des Marquisiens !

dimanche 7 juin 2015

Une rencontre avec Bonabert, c’est une bouffée d’air frais et une invitation au voyage. L’homme, grand, fort, plein de vitalité et de sourires, avec un fort accent mi-tahitien mi-américain, carbure au magnésium et à la joie de vivre. Ses leitmotivs ? L’amour et prendre soin des autres. L’amour d’abord pour Ginette, son amourette d’adolescent qu’il retrouvera 40 ans plus tard avec autant d’intensité, et prendre soin des autres à travers son actuelle activité de thérapeute-naturopathe. “Depuis cinq ans, je suis installé dans un cabinet à Mahina. Je suis licencié de la Bowen Therapy Academy en Australie (BTAA), et je fais le kinésithérapeute, l’ostéopathe, le chiropracteur”. Bonabert est ainsi un spécialiste pour débloquer nos nerfs et nos muscles endoloris. Il soigne par massages et par points d’acupuncture naturels les maux de tête, les torticolis, les hernies discales, les problèmes de genoux et de circulation sanguine par drainage du système lymphatique, la sciatique mais aussi l’arthrose et certaines paralysies.
L’histoire de Bonabert est parsemée de voyages, de rencontres et de passions. Né en 1956 aux Marquises, ses parents l’envoient à Tahiti à l’âge de 13 ans pour poursuivre sa scolarité. “J’ai fait partie des premiers élèves à inaugurer le lycée technique, d’abord au lycée Paul Gauguin puis au Taaone. Puis je me suis trouvé un travail au foyer des jeunes filles de Paofai et comme aide de cuisine, au sein de la SHM, Société hôtelière maritime. J’ai eu de la chance car j’ai pu partir en France par le biais de cette société”. Bonabert a 17 ans et quitte sa dulcinée Ginette… Basé à Marseille, il se forme alors au métier de chef de cuisine et rencontre Alfredo, un économat du Club Méditerranée, qui l’embarque dans l’aventure des clubs de vacances. “Avec ce job, je suis parti en Martinique, en Guadeloupe, au Sénégal, au Maroc, en Algérie, en Grèce (où il rencontre sa première femme), et enfin à Moorea en 1975 en tant que chef de cuisine et Bora Bora. C’est à cette époque que le voyageur a envie de retrouver ses racines et décide de s’installer un temps aux Marquises avec son épouse. “Je suis revenu sur ma Terre après de longues années de voyage, mais je ne m’y suis pas senti bien ! J’avais envie de grandeur et je me retrouvais dans un bol d’eau ! J’aime les Marquises, mais j’avais besoin de beaucoup plus d’espace”. Il décide alors de repartir et choisit l’Australie où il obtient un visa permanent. Il y restera 37 ans. Là, Bonabert entame une carrière d’entrepreneur avec six restaurants et un hôtel. “Je suis quelqu’un qui crapahute et qui bosse beaucoup ! Rien ne me fait peur ! Je me suis très bien intégré en Australie et j’ai beaucoup d’amis. Je suis assez connu comme cuisinier et j’ai même participé à un concours comme “Masterchef”, je suis arrivé troisième chef d’Australie !”. En effet, Bonabert est devenu un fin gourmet et un spécialiste de la cuisine classique française : “bouillabaisse, pot-au-feu, navarin d’agneau, les sauces traditionnelles,… rien ne me résiste, et c’est succulent car je suis très exigeant !”.
Mais en parallèle de sa carrière de cuisinier et d’entrepreneur, Bonabert ressent le besoin de cultiver son “don pour guérir”. “Depuis l’âge de 16 ans, j’attrape le stress des gens en posant les doigts sur eux. Cela me vient du côté de grand-grand-père”. À 35 ans, il décide ainsi de développer ses capacités et entre en université pour se perfectionner. “J’ai fait sept ans d’études de médecine naturelle, et j’ai eu mes diplômes de l’Academy Bowen Australia”. Après 26 ans de pratique et d’expérience, où il a travaillé notamment auprès de nombreux acteurs américains très connus et des cascadeurs de films à sensations, il quitte l’Australie. “J’ai tout vendu ! Je suis revenu à Tahiti pour retrouver Ginette, mon grand amour…”. Aujourd’hui, le couple, paisiblement installé dans une grande maison aménagée par un Bonabert très bricoleur, attend la retraite de la dame. Leur projet ? Sans aucun doute un voyage en Australie pour faire découvrir à Ginette “mes serpents et mes crocodiles, mes perroquets, la musique des grenouilles quand il pleut, un pays magnifique que j’aime tant…”.

Caroline Valentin

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