Portrait – José Antunes : “Tout est vrai !”

    lundi 28 décembre 2015

    Chaque lundi, nous vous proposons de découvrir un homme ou une femme qui, à sa manière, illustre l’actualité. Et pour cela, rien de mieux que José Antunes, qui croque l’actualité à travers ses différentes imitations, dont celle de Gaston Flosse. Pour bien démarrer l’année 2016, les anciens et nouveaux présidents, de Polynésie et de France, ainsi que tous leurs amis, seront sur la scène de la Maison de la culture, promet l’imitateur qui revient avec un nouveau one-man show.

    Tirer le portrait d’anciens et de nouveaux présidents, français et polynésiens, en même temps, perturbés par toute la fine fleur de la scène musicale d’hier et d’aujourd’hui, n’est pas un exercice facile.
    Cela n’est possible qu’avec un imitateur, José Antunes, homme de télé de métier et humoriste de passion.
    “Je suis né en métropole de parents portugais”, confie ce salarié de Polynésie 1ère, rencontré à l’approche de sa première.
    Ces derniers ont immigré en France pour fuir la dictature de Salazar, en 1966, avec leurs deux enfants et c’est en mars 1968 que José Antunes voit le jour.
    L’imitateur arrive en novembre 1988 à Tahiti, pour son service militaire, avec un CAP de cuisinier en poche.
    Premier de l’école et meilleur apprenti cuisinier de France devant 171 concurrents, il travaille quelques années aux fourneaux. La passion est toujours là, mais désormais, ce sont ses amis qui en profitent.
    Des fourneaux au journalisme, José Antunes change de plateau pour passer à la radio (Radio 1) puis à la télévision. Commercial et assistant dans une société de production, il intègre RFO en 1997. Il a commencé assistant de prod puis régisseur avant un concours qui fait de lui un chargé de production à Polynésie 1ère.

    Flosse, la plus connue de ses imitations

    “Faire rire, imiter, c’est inné”, explique José, en pleine préparation de son nouvel one-man show, José Antunes ne manque pas d’air, en janvier. “Tout petit déjà, j’étais admiratif des Thierry Le Luron, Roland Magdane, Yves Lecoq, Michel Leeb. J’imitais les imitateurs. En cours de musique, j’étais premier et mon professeur de français donnait un véritable cours de théâtre quand il parlait fort avec des gestes. J’ai oublié son nom, mais il m’a donné le goût de la scène”, continue-t-il tout en imitant les gestes de son professeur de l’époque, au collège.
    “J’animais souvent les spectacles de fin d’année avec des sketchs d’humoristes, j’imitais les politiques de l’époque, mais je ne faisais pas véritablement de scène.” “Quand je suis arrivé en Polynésie, l’envie m’est revenue”, confie-t-il avec la voix de Gaston Flosse, la première et sans doute, la plus connue de ses imitations polynésiennes. Facile d’imiter le Vieux Lion ?
    “Le fait de travailler à la radio, de l’interviewer et de monter ses reportages rendent la chose plus facile. On enlevait les ‘heu’, mais on gardait les fameux ‘Tout est faux’ et l’on en faisait des bêtisiers”, se souvient l’imitateur.
    “Avant de monter sur scène (pour la première fois en 2004, NDLR), mes imitations plaisaient lors de soirées privées. Personne n’avait vraiment osé imiter Gaston Flosse.”
    Et puis Sonia Aline lui propose de faire la première partie de Djamel Debbouze.
    “J’ai accepté et me voilà, avec Gaston Flosse au premier rang et 5 000 personnes éclatées de m’entendre l’imiter. C’était inattendu, on était en plein dans le Taui (arrivée au pouvoir d’Oscar Temaru, NDLR). J’avais un trac fou, mais cela m’a boosté. J’ai fait ensuite quelques one-man-shows, puis la première partie aussi de Florence Foresti, avec Radio 1.”
    José Antunes revient presque dix après sa dernière scène, avec un nouveau spectacle.
    “C’est un ami qui m’a motivé à revenir sur scène”, explique-t-il. “Stéphane (Bouthéon, président de l’association Air Soft, NDLR) m’a relancé plusieurs fois et j’ai fini par dire oui. Le déclic était là, mais cela me laisse le temps de me pencher uniquement sur le spectacle, le fait de l’avoir”, savoure l’artiste. “C’est mon texte, c’est ce que je ressens et ce que je vais donner.”

    Christophe Cozette

     

    Bio express

    José Antunes est né à L’Isle-Adam en mars 1968. Il a un frère et une sœur. Il est marié et a un enfant.

    Il obtient son CAP cuisine et devient meilleur ouvrier apprenti de France en 1985.

    Il arrive en novembre 1988 à Tahiti, rejoint RFO en 1997 et en devient salarié en 2000.

    Après quelques prestations privées, il fait la première partie de Jamel Debbouze en septembre 2004 devant 5 000 spectateurs.

     

    Le spectacle à la Maison de la culture

    Y aura-t-il de nouveaux personnages ? “Oui (avec l’accent de Gaston Flosse) comme Édouard, que j’accueillerai dans ma cour.”
    L’ancien président du Pays sera l’animateur de la première partie du spectacle et fera “un peu un bilan de santé, politique et judiciaire”.
    Côté politique, le Vieux Lion “rencontrera” sur la scène du petit théâtre, Oscar Temaru, François Hollande, Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac, mais aussi Marcel Tuihani, Patrick Howell. “Nous n’avons pas un hôpital universitaire, mais un hôpital déficitaire” lâche l’humoriste en imitant le ministre de la Santé.
    “Je ne m’interdis personne ni rien, juste certains propos. En radio, on peut aller plus loin, mais sur scène, pas besoin d’aller sous la ceinture et de toucher à la vie privée”, confie José Antunes, qui sera seul sur la scène du petit théâtre, avec quelques accessoires scéniques.
    “En général, les personnages que j’imite me font rire. Les imiter, c’est d’une certaine façon les valoriser”, note l’artiste qui n’a jamais subi les foudres des personnes qu’il imite.
    “Je souhaite beaucoup d’interactivité avec le public, à base d’improvisation”, a-t-il expliqué, à quelques semaines de son spectacle “qui comptera deux premières parties”.
    La seconde partie après “cette fiction politique catastrophe” sera essentiellement musicale. “Je vais me déchaîner, armé d’un kamaka”, piaffe l’imitateur.
    Un hommage sera rendu à Bobby Holcomb dans lequel José Antunes fera chanter le public, puis un pot-pourri musical d’imitations d’une bonne partie de la scène polynésienne d’hier et d’aujourd’hui, avec Angelo, Tikahiri,  Teiva LC, Barthélémy, Takanini et tutti quanti.
    “Toute la scène politique a promis d’être là, savoure José Antunes. Je suis super-excité”, partage-t-il. Tant mieux, parce que les spectateurs risquent de “super-rigoler”.

    José Antunes ne manque pas d’air
    Le nouveau spectacle de l’imitateur aura lieu vendredi 15 et samedi 16 janvier, au petit théâtre de la Maison de la culture, à 19 h 30.
    Tarif unique : 2 500 F. Billets en vente sur place, chez Carrefour ou sur www.radio1.pf

     

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