Portrait – Manutea Maurin, ou quand le maximum est un minimum

    lundi 5 octobre 2015

    Il est des gens qui ont la motivation d’aller jusqu’au bout de leurs rêves. Manutea Maurin, 24 ans à peine, en fait assurément partie. Le concert des Common Kings, qui a réuni pas loin d’un millier de personnes, il y a deux semaines, au Royal Tahitien, c’est lui. Un projet de longue date qu’il avait à cœur de réaliser. “Je les avais déjà contactés il y a trois ans, explique-t-il. J’avais essayé de les faire venir il y a deux ans, malheureusement, à l’époque je n’avais pas assez d’expérience, et c’est un monde assez fermé. Tout ce que je savais, c’est que j’allais les faire venir à un moment ou à un autre.” 
    Fort de persévérance, avec le soutien de ses proches, il crée donc en avril sa société d’événementiel, ISLE Group, pour lancer ce qu’il appelle “les concerts PolyneJam”. “Mais ce ne sera pas quelque chose de très fréquent, poursuit-il. C’est vraiment quelque chose que je fais pour le plaisir. Pour promouvoir les groupes que j’apprécie énormément et nos îles. J’ai pris un gars pour filmer tout le séjour des Common Kings. On aura un petit clip qu’on diffusera sur les réseaux sociaux, pour essayer de promouvoir notre île, de faire venir d’autres groupes et des touristes aussi. Les Common Kings ont un certain nombre de fans qui les suivent, et j’espère que lorsqu’ils verront cette vidéo, ils auront envie de venir. Je n’ai rien en retour, à part le fait de promouvoir mon île que j’aime.”

    Mon père, ce héros

    La musique tient une place importante dans sa vie. Mélomane éclectique, s’il ne prend pas part à un bœuf avec sa guitare ou son ukulele, il s’adonne au DJing. Depuis qu’il a 17 ans, Manutea devient DJ Islander lorsqu’il fait résonner ses mix électro dans les clubs de la place. 
    Mais la musique n’est pas son unique passion. Il en a une autre, l’aviation, qu’il partage avec son père, son héros et sa plus grande inspiration. 
    Manutea est déjà titulaire de sa licence de pilote privé qu’il a passée ici, et a récemment obtenu sa licence de pilote commercial aux États-Unis, où il étudie également les sciences aéronautiques depuis quatre ans. Il doit terminer son cursus en mars prochain et pour lui, l’échec n’est même pas envisageable. En toute humilité, il confie : “Je ne raterai pas. J’ai beaucoup de chance que ma famille soit derrière moi pour m’aider à faire ça, surtout que ce sont des études qui coûtent cher. Et pour moi, le minimum est que je fasse mon maximum à l’école. Mon papa a grandi à Mataiea avec ses grands-parents, sans tout ce que moi j’ai eu la chance d’avoir. C’est l’un des seuls de sa famille à avoir fini l’école et en sortant de là, il savait qu’il voulait être pilote sans jamais avoir été dans un avion, sans jamais avoir quitté Tahiti. Du coup, il s’est engagé dans l’armée de l’air. Pour la première fois de sa vie, il a pris l’avion, il a quitté la chaleur d’ici pour arriver en métropole où il faisait -5°. Il a rencontré ma maman là-bas. Elle est normande, d’où mes yeux bleus et ma peau blanche. Et quand il a fini son engagement militaire au bout de 15 ans, ils sont tous les deux revenus ici. Je suis né en France, mais j’avais six mois quand on est venu ici, donc ma ville de naissance, je n’y ai jamais remis les pieds, je ne sais même pas où c’est. Je ne renie pas mon côté français, mais Tahiti, c’est ce que j’appelle ma maison, j’y attache une grande importance, surtout culturelle.” 

    Un ancien élève de Turo a Raapoto

    Son attachement à sa culture passe par la langue, qu’il a étudiée jusqu’au baccalauréat et qu’il se fait un devoir de pratiquer. “Les gens sont surpris de voir un ‘popa’a’ parler tahitien. Mais depuis que je suis aux États-Unis, j’ai beaucoup perdu, donc j’essaie de pratiquer dès que je peux avec mon papa, pour garder un minimum. Au lycée, j’avais un prof qui m’a beaucoup inspiré et qui est maintenant décédé, Turo a Raapoto. Il m’a vraiment poussé à apprendre plus et je sais que le jour où je reviendrai ici, même avec mon travail, je trouverai une solution pour aller à l’université et prendre des cours de tahitien pour vraiment maîtriser la langue et pouvoir la transmettre à mes enfants un jour.”
    Manutea n’est pas encore bien fixé sur ce qui l’attend après ses études, mais pour lui, l’idéal serait de monter son propre business, qui allierait ses deux amours, l’aviation et la musique. En attendant, il repart cette semaine aux États-Unis pour ses études et commence déjà à penser à son prochain concert PolyneJam, dont on devrait entendre parler d’ici février ou mars, l’année prochaine. 

    Vaiana Hargous

    Tooro bubule 2015-10-06 08:12:00
    Il est la preuve que DJ ne rime pas avec ICE
    Ancienne du LPG même promo 2015-10-05 22:03:00
    Tu as toujours été très humble et discret, ça ne m'étonne pas de toi. Bonne continuation !
    Ancienne du LPG même promo 2015-10-05 22:03:00
    Voir des jeunes du fenua qui se bougent, ça fait plaisir !!
    Ancienne du LPG même promo 2015-10-05 21:59:00
    Bravo Manutea !! :)
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