Habillage fond de site

Portrait – Marine Le Pen, candidate du Front national

lundi 24 avril 2017

le pen

Depuis son accession à la tête du parti, en janvier 2011, Marine Le Pen, 48 ans, a fait sienne la formation paternelle, sans toucher
aux fondamentaux idéologiques du Front national. (© AFP)


Héritière ambitieuse au tempérament orageux, Marine Le Pen accède au second tour dès sa deuxième campagne présidentielle, quinze ans après la qualification surprise de son père, Jean-Marie Le Pen, qu’elle a mis à la retraite, afin de faire triompher le Front national.

Depuis son accession à la tête du parti en janvier 2011, Marine Le Pen, 48 ans, a fait sien­ne la formation paternelle, sans toucher aux fondamentaux idéologiques du Front national.

Comme la cadette, Yann, en charge des grandes manifestations frontistes, son destin s’est longtemps inscrit dans le giron du “diable de la République”. “Quoi qu’il arrive, tu es mon père”, lui avait-elle dit après une violente brouille en 2005.

Avocate de formation, née dans la foulée de mai 1968, Marine Le Pen se lance sous couleurs frontistes aux législatives de 1993.

“Enfant de la télé”, bretteuse plus qu’oratrice, elle crève l’écran le soir du second tour de la présidentielle 2002 en expliquant la victoire de Jacques Chirac sur “Le Pen” par la transformation de la France en “camp de rééducation psychologique”.

À partir de là, cette grande femme blonde et gouailleuse entreprend avec le soutien de son père une ascension continue jusqu’à la présidence du parti, début 2011.

Les vieux barons, qui la voyaient en “night-clubbeuse” dénuée de culture politique, sont progressivement écartés. Deux fois divorcée, mère de trois enfants, aujourd’hui en couple avec l’une des figures du parti, Louis Aliot, Marine Le Pen insiste sur l’économie, parent pauvre du discours frontiste, avec une forte dose de protectionnisme et la sortie de l’euro pour séduire les “perdants” de la mondialisation.

Ces thèmes sont gagnants dans le bassin minier sinistré d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), devenu son fief, comme au niveau national : à toutes les élections intermédiaires et notamment lors de la présidentielle 2012, le parti progresse.

Pour entrevoir un succès électoral d’ampleur, elle essaie de rompre son isolement : en 2017, elle rencontre trois chefs d’État, dont le russe Vladimir Poutine.

 

“Marine” plutôt que “Le Pen”

 

Elle tente aussi d’adoucir son image, en tempérant l’agressivité qui lui est parfois reprochée à coup d’anecdotes personnelles, d’affiches “La France apaisée” ou de photos avec ses chats : pour 2017, c’est “Marine” que le Front national essaie de faire élire, et non la fille de Jean-Marie Le Pen, une filiation dont le rappel l’agace.

Mais “la dédiabolisation”, le nom que Marine Le Pen donne à son grand œuvre de normalisation, vise surtout à débarrasser ce parti de son image antisémite et raciste.

Après avoir toléré pendant de nombreuses années des propos valant de multiples condamnations à Jean-Marie Le Pen, elle se résout à le faire exclure en août 2015.

Depuis, peu ou plus de contact. Marine Le Pen le prophétisait dans son autobiographie À contre flots en 2006 : “La politique nécessite un certain nombre de sacrifices. La vie familiale en fait partie”.

Elle ne s’épargne pourtant pas les propos radicaux ou polémiques : contre “l’islamisation de la France”, elle établit un pa­rallèle entre les prières de rue et l’Occupation allemande ; elle compare l’immigration aux invasions barbares du IVe siècle, et juge que la France “n’est pas responsable de la rafle du Vel d’Hiv” de 1942.

La patronne du FN est restée sur les “trois i”, les “fonda­mentaux” historiques frontistes  : dénonciation de l’immigration, des impôts, de l’insécurité. Elle prône la préférence nationale, rebaptisée “priorité nationale”, et s’oppose aux aides sociales pour les étrangers.

La députée européenne depuis 2004 brouille aussi les lignes : si elle veut supprimer le mariage homosexuel, elle ne défile pas avec les “anti”. Elle se proclame “meilleur bouclier” des Français juifs, cite Jaurès ou De Gaulle, et arbore République et laïcité en étendard.

Dans le Front national, ce “parti gaulois”, Marine Le Pen “prend toutes les décisions”, assurent les frontistes. À ses côtés dans la lumière, une équipe qui l’adule et notamment son fidèle bras droit, Florian Philippot. Dans l’ombre, des amis sulfureux, comme le “prestataire” Frédéric Chatillon. Point positif, toutefois, savouré par quelques frontistes, l’espoir d’une recomposition à droite dans la perspective des législatives.

AFP

 

 

0
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

La pose des silhouettes noires peut-elle avoir un impact sur les habitudes de circulation ?

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete