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Portrait – Tamatoa Laurens, de l’ingénierie aéronautique au ju-jitsu

jeudi 21 décembre 2017

(Originaire de la commune de Paea, dans laquelle il a grandi et vie encore aujourd’hui, Tamatoa Tamatoa Laurens a été confronté très jeune à la dure loi du plus fort. Insulté, racketté et parfois même tapé au cours de son adolescence, il s’est mis à pratiquer le muay-thai à l’AS Pirae, pour pouvoir se “faire respecter”. (© Vaitiare Pereyre Gobrait)

“J’ essaie de partager au maximum tout ce que j’ai acquis durant ces années, sans rien cacher à mes élèves”, c’est la ligne de conduite que suit Tamatoa Laurens, instructeur de jujitsu brésilien au fenua.

Ceinture marron, le Tahitien exerce son rôle de sensei depuis un peu plus de deux ans et demi, avec une vision particulière de la discipline puisqu’il privilégie réellement le partage à la performance. Aujourd’hui, le grand gaillard de presque 31 ans –il les aura le 30 décembre–, prend plaisir à transmettre son savoir à ceux qui sont disposés à le recevoir.

Depuis son retour du Brésil, Tamatoa a posé ses tatamis dans la salle Punaruu Gym de la famille Pothier. Il y dispense des cours trois fois par semaine aux adhérents du Rautirare Surf Club de Mataiea et n’hésite pas non plus à partager régulièrement son savoir aux jeunes des quartiers sociaux.

Comme les quelques mentors de la discipline qui enseignent au fenua, “Tam” est avant tout un grand passionné de sports combats. Pour lui, tout a commencé il y a plus d’une quinzaine d’années.

Originaire de la commune de Paea, dans laquelle il a grandi et vie encore aujourd’hui, Tamatoa Laurens a été confronté très jeune à la dure loi du plus fort. Insulté, racketté et parfois même tapé au cours de son adolescence, il s’est mis à pratiquer le muay-thai à l’AS Pirae, pour pouvoir se “faire respecter”.

Entraîné par Yun Ruffin, il a même décroché le titre de champion de Polynésie à deux reprises. Combattant dans l’âme, c’est un peu plus tard, alors qu’il était encore lycéen, qu’il a découvert le jujitsu brésilien. “J’ai commencé avec un copain Brésilien, Rodrigo qui, à l’époque, était venu faire ses études ici pour apprendre le français. C’est lui qui m’a initié”, a confié “Tam”.

Souhaitant continuer ses études en ingénierie aéronautique, le Tahitien a quitté le fenua pour suivre sa voie en métropole. Là-bas, il s’est inscrit dans le club Aranha à Toulouse et a remporté plusieurs combats. Une fois diplômé, Tamatoa a décroché un poste de cadre chez Airbus.

Tamatoa l’altruiste

Après plusieurs années de dur labeur, l’enfant du fenua, fatigué du stress des grandes villes, a souhaité revenir chez lui. “J’aimais ce que je faisais mais je ne me voyais pas rester là-bas”, a lâché Tamatoa.

De retour donc à Tahiti, il s’est aperçu que les sports de combat avaient connu un réel essor sur son île. “Quand je suis rentré, j’ai remarqué que le MMA et le jujitsu étaient devenus à la mode. Lorsque j’étais en France, j’ai rencontré une personne qui m’a conseillé d’intégrer son club au Brésil, le “Nova União”. Je voulais vraiment approfondir mes connaissances sur la discipline donc, évidemment, je suis allé à la source. Quand je suis parti la première fois, j’y suis vraiment allé à l’aventure. Je ne connaissais personne. J’avais pris juste un sac à dos et je ne parlais pas un mot de Portugais. Au début, je dormais dans des genres d’auberge de jeunesse. Mais moi, je voulais vivre comme les Brésiliens. Je voulais goûter à la vie dans les favelas. Au bout de la deuxième semaine, les combattants du club m’ont proposé d’intégrer leur favela et là, j’ai vécu le Brésil.”

Après trois séjours de cinq mois à la Mecque du jujitsu brésilien durant lesquels il a peaufiné sa technique, Tamatoa Laurens est revenu au fenua prêt à vivre sa passion. Et aujourd’hui, il mène une vie simple dans la maison et dans le quartier qui l’ont vu grandir. Il fait partie de ses rares personnages à avoir la chance de vivre sans impératifs particuliers, au gré du temps et avec un but : transmettre et partager sans compter.

Vaitiare Pereyre-Gobrait

La pratique d’un sport de combat est rapidement devenue une évidence pour Tamatoa Laurens. (©Vaitiare Pereyre-Gobrait)

La pratique d’un sport de combat est rapidement devenue une évidence pour Tamatoa Laurens. (©Vaitiare Pereyre-Gobrait)

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