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Portrait – Vahine Fierro, mélange de douceur et d’ambition assumée

lundi 18 décembre 2017

Vahine Fierro, 18 ans, a véritablement pris une autre dimension cette année en terminant 28e du circuit du Qualifying Series féminin, l’anti-chambre du Championship Tour, pour une première participation à ce niveau. (©DR)

Vahine Fierro, 18 ans, a véritablement pris une autre dimension cette année en terminant 28e du circuit du Qualifying Series féminin, l’anti-chambre du Championship Tour, pour une première participation à ce niveau. (©DR)


Vingt-huitième du circuit du Qualifying Series, Vahine Fierro va effectuer sa seconde saison sur le circuit professionnel. Avant de rentrer de plain-pied dans les compétitions QS, la Tahitienne va faire une escale aux Championnats du monde juniors, à partir du 4 janvier en Australie. La native de Huahine a voulu nous faire partager, avec passion et nostalgie, ses bon et moins bons souvenirs de jeunesse.

Séduisante à plus d’un titre, Vahine Fierro l’est surtout par son tempérament naturel. Également humble et discrète d’un côté, avec un caractère bien trempé de l’autre, saupoudré d’un instinct de combativité, la native de Huahine a clairement une mentalité de championne. Et comme en prime, elle est hyper explosive… Ça fracasse à chaque fois.

La “gamine” de 18 ans a véritablement pris une autre dimension cette année en terminant 28e du circuit du Qualifying Series féminin, l’anti-chambre du Championship Tour, pour une première participation à ce niveau. Un exploit d’autant plus remarquable qu’elle n’a pu effectuer le circuit féminin dans sa totalité. “Je ne m’attendais pas du tout à ce résultat car je devais passer mon bac également. En fait, je n’ai fait que la moitié de l’année mais je suis tout de même satisfaite de ce résultat.”

Après une première saison magique sur le QS et son bac ES en poche qu’elle a décroché en juillet au lycée de Papara, Vahine Fierro va maintenant vivre un rythme nettement plus élevé en s’alignant sur toutes les épreuves du Championnat. Fini également le Tour junior qu’elle côtoyait depuis 2013… Enfin presque.

En fait, il lui reste à effectuer un dernier baroud d’honneur chez les juniors avec des Championnats du monde prévus en Australie, du 4 au 12 janvier, qu’elle disputera pour la première et dernière fois. “Je suis nerveuse mais j’ai hâte en même temps. J’ai envie de bien réussir car mes sponsors m’aident vraiment beaucoup et j’aimerais ne pas les décevoir.”

Après, Vahine Fierro ne devra pas brûler les étapes. Parfois on se voit trop grande trop vite, mais l’îlienne a la tête bien fixée sur les épaules. “Je suis contente de passer chez les grandes parce que c’est vraiment là où je vais vraiment voir mon niveau avec une saison entière. En juniors, c’était l’entraînement, place maintenant aux choses sérieuses.”Une chose est sûre, c’est que la boucle est définitivement bouclée avec “l’enfance”.

Et parlons-en de son enfance qu’elle a vécu entourée d’amour familial, de tendresse et d’affection. Du pur bonheur, comme en témoigne cette tranche de vie : “Quand j’étais petite, Je passais plus de temps sur terre que sur l’eau car j’habite dans une vallée et je passais beaucoup de temps à jouer dans les arbres, construire des cabanes, cueillir des fruits. J’aidais souvent maman à faire son jardin. J’avais un cheval qui s’appelait “Oviri”. Et jusqu’à l’âge de 16 ans, on allait souvent faire des balades dans ma vallée. On l’emmenait parfois à la mer et on sautait de son dos en faisant des galipettes. Ce sont vraiment des moments inoubliables de mon enfance”, raconte-t-elle la larme à l’œil. Maintenant, ce sont ses sœurs qui ont pris le relais…

Des larmes de bonheur à celles de douleur, Vahine Fierro en a eu le visage rougi lorsqu’il a fallu quitter le cocon familial, un peu trop tôt à son goût. “J’ai dû quitter mon île à l’âge de 14 ans et demi pour le lycée de Papara où je restais à l’internat. C’était extrêmement dur pour moi de quitter ma famille car on faisait tout ensemble. J’ai eu vraiment du mal à m’adapter. Je rentrais en moyenne toutes les cinq semaines, mais avec mes voyages (sur les compétitions juniors), je partais parfois pendant deux mois. C’était très très dur.”

Car derrière cette forte personnalité, pleine de simplicité et de modestie, se cache également une âme sensible, inquiète, en proie à des émotions à fleur de peau. “Beaucoup de gens ne le savent pas, mais je suis très sensible. Je pleure beaucoup lorsqu’il s’agit de ma famille et moi, à tel point que j’ai failli suivre des cours par correspondance. Mais si je voulais bien réussir dans le surf, il fallait que je quitte mon île et que j’apprenne à surfer sur les beach break”, raconte-t-elle avec un imperceptible trémolo dans la voix.

C’est la section surf du Lycée Tuianu-Legayic de Papara où elle est scolarisée qui va lui rendre son visage heureux, épanoui et radieux, d’autant que ses professeurs seront Hira Teriinatoofa et Olivier Napias. Pour Vahine, “c’était parfait !”

Et on peut dire que les limiers ont eu le nez fin avec l’îlienne car les podiums et les succès s’enchaînent naturellement pour la sportive sous les ordres des deux maestros du surf. La vice-championne du monde ISA 2016 devient la toute jeune rouleau compresseur du surf féminin.

Pendant trois ans, je me suis entraînée avec eux et je pense que c’était la meilleure façon pour moi de progresser au niveau du surf et en même temps de grandir et d’apprendre à être autonome.” Aujourd’hui, la championne tahitienne ne regrette rien et ambitionne de “[se] qualifier dans le top 7 du QS pour pouvoir intégrer le Top 17 mondial comme Michel Bourez chez les hommes. Je sais que ça va être difficile mais je vais tout faire pour y arriver.” C’est tout le mal que l’on lui souhaite.

Ce qui se dégage de son intense vécu est que Vahine Fierro brûle d’une incontestable passion pour le surf, s’emparant d’elle toute entière. Son père Andrew y est pour beaucoup. “Papa faisait des compétitions de surf quand il était jeune et il a transmis sa passion à maman tout d’abord, ainsi qu’à toute la famille. Petite déjà, il m’emmenait faire du boogie. Ensuite, je me suis mise au surf. Mon papa me poussait sur les vagues et c’est maman qui me rattrapait sur le récif”, confie-t-elle pétillante.

Sa famille, c’est son équilibre, point barre. “J’ai deux sœurs, Heimiti (13 ans) et Kohai (11 ans). Je m’ennuierais tellement si elles n’étaient pas là ! On partage tout ensemble et le surf nous unit encore plus. On est très complices et on s’éclate aussi bien au surf qu’en danse tahitienne. Elles commencent également à faire des compétitions.”

C’est le même feu qui brûle en elles pour attiser leur passion commune : “Elles se calquent sur mes capacités et ça les rassure de m’avoir à leur côté. Elles suivront le même chemin que moi… Mais si ce n’est pas le cas, je les aimerai quand même autant”, avoue-t-elle d’un ton malicieux.

Cette assurance et cette volonté accentuées, Vahine Fierro les puise surtout dans son multiculturalisme. “Je suis née d’une mère polynésienne et d’un père américano-mexicain. Je me sens privilégiée car je parle quatre langues (français, tahitien, anglais et espagnol) et c’est une fierté pour moi de baigner dans toutes ces cultures. Mes parents attachent beaucoup d’importance à la culture polynésienne et c’est pour cela que nous faisons l’effort de parler le plus possible en reo tahiti, car il est inutile de rappeler que dans la plupart des foyers polynésiens, c’est le français qui prime et nous avons tendance à délaisser le reo tahiti qui est une si belle langue.”

Avec une culture sportive bien ancrée dans ses gènes, Vahine Fierro veut maintenant s’enraciner sur la durée dans le monde impitoyable du surf professionnel.

M.Tr.

Vahine, Heimiti et Kohai Fierro ont grandi dans la simplicité, la joie de vivre et, le plus important de tout, l’amour de leurs parents. (©DR)

Vahine, Heimiti et Kohai Fierro ont grandi dans la simplicité, la joie de vivre et, le plus important de tout, l’amour de leurs parents. (©DR)

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