Pour mettre fin à une homonymie, une commune du Nord change de nom

    jeudi 16 octobre 2014

    « Bonjour, je cherche sans succès le 107 rue de Roubaix à Templeuve ». « Vous êtes sûr que ce n’est pas plutôt Templeuve en Belgique? ». Pour mettre un terme à  la confusion avec sa voisine du plat pays, le maire de cette commune du Nord a décidé d’en changer le nom. Côté France, Templeuve, 6 000 habitants, ses maisons en brique et ses champs. Côté Belgique, Templeuve, 4 000 habitants, ses maisons en brique et ses champs. Vingt kilomètres séparent les deux communes, qui portent exactement le même nom. « On ne compte plus les anecdotes où des gens se sont trompés », explique Luc Monnet, maire divers droite de cette commune aisée proche de l’aéroport de Lille. « Tenez, il y a deux semaines encore, le coup d’envoi d’un match de basket féminin entre Villeneuve-d’Ascq et Charleville-Mézières a été retardé car une joueuse vedette s’est retrouvée à Templeuve en Belgique! ». Ainsi, l’ensemble des 29 conseillers municipaux a voté le 2 octobre en faveur du changement de nom de la commune, qui devrait s’appeler Templeuve-en-Pévèle. « Il s’agit d’un retour aux sources, car jusqu’en 1838 la commune s’appelait ainsi, avant que le En-Pévèle ne disparaisse des actes communaux sans que l’on sache trop pourquoi », précise Alain Plateaux, membre de la société historique de Pévèle.
    En France, selon les textes, le nom d’une commune « ne peut pas être modifié sur des considérations d’ordre purement touristique ou/et économique ». En revanche la demande peut être acceptée « pour éviter un risque sérieux d’homonymie avec une ou plusieurs autres collectivités, et/ou rétablir une dénomination historique tombée en désuétude ». « Nous cochons les deux cases », se félicite l’édile, qui espère que l’appellation sera officielle à la fin de l’année 2015, pour un coût de « quelques milliers d’euros », principalement pour le changement de la signalétique. Car pour être définitive, la nouvelle dénomination doit recevoir l’aval du conseil général, des directions départementales des archives et de La Poste, du préfet, puis du ministère de l’Intérieur et enfin du Conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative du pays.
    En centre-ville, le sujet divise. « C’est de l’argent jeté sur les pavés », s’emporte Albert, 71 ans, retraité de la fonction publique au fort accent septentrional. « Il n’y a rien de plus utile à faire et ça va nous coûter combien en timbres pour avertir la Sécu ou la caisse de retraite de la nouvelle adresse? » A la Bascule, le bar du centre ville, Jérémy Coppens, 27 ans, lui approuve sans réserve. « En France, les gens râlent pour tout et n’importe quoi. C’est bien de changer, ça évitera que les touristes se plantent et en plus ça correspond à l’ancien nom », dit-il en servant une bière aux habitués. La baguette sous le bras, Bernadette Lessaffre, 70 ans et retraitée, est sûre que la décision du maire mettra fin aux imbroglios. « Il y a quelques mois, on attendait des musiciens pour une soirée-repas, ils ne sont jamais arrivés! Bientôt, il n’y aura plus de maldonne. » Irène Coupigny, retraitée croisée dans un magasin de vêtements, n’en démord pas. « Pourquoi est-ce nous qui devons changer de nom et pas les Belges? Ce n’est pas juste! » « Vous êtes sûrs que ce n’est pas une histoire… belge votre truc? », s’interroge de l’autre côté de la frontière Louis Cousaert, conseiller communal de Templeuve. « Ici, on garde notre identité et on ne change pas les noms de ville, mais c’est vrai que ça permettra aux gens de ne plus se tromper ». Au troquet « Au four », le patron Philippe Baeghe, conclut : « Heureusement que ce sont les Français qui ont changé le nom car je ne sais pas trop comment nous aurions pu nous renommer! »

    AFP

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