Pour un meilleur échange océanien

    jeudi 30 octobre 2014

    Dynamiser les échanges économiques et commerciaux entre le Caillou et la myriade d’États insulaires du Pacifique. Les membres de la délégation du Conseil économique, social et environnemental de la Nouvelle-Calédonie (CESE NC) et du Comité consultatif social et économique de Wallis-et-Futuna (CCSE WF) ont poursuivi hier, chez leurs homologues du Conseil économique, social et culturel (CESC) polynésien, leur tournée entamée lundi dernier sur ce thème. L’occasion pour les chargés de mission calédoniens d’exposer leur projet d’autosaisine pour enclencher cette dynamique. Et cela commence par un constat : les freins sont malheureusement multiples.
    Faible densité de population dans la région, petits marchés limitant la création d’entreprises, éloignement, coût du transport en raison d’infrastructures insuffisantes… Pour le CESE NC, la voie vers le développement des échanges économiques repose sur la volonté des acteurs politiques et économiques de s’y engager.
    Les rencontres organisées dans le cadre du déplacement des conseillers calédoniens et wallisiens veulent aller dans ce sens, alors que, pour l’exemple, et malgré de “multiples efforts et tentatives de rapprochement”, a fait remarquer un rapporteur, “la Polynésie française ne figure qu’au 47e rang des fournisseurs de la Nouvelle-Calédonie”.
    Adoption de conventions douanières et fiscales et harmonisation des normes phytosanitaires sont quelques pistes de réflexion que le CESE NC souhaiterait porter dans son projet d’autosaisine, avec la volonté de positionner le Caillou comme “le hub de compétence en matière de savoir-faire et de solutions innovantes” pour lancer la machine.
    Invité à intervenir, l’économiste et maître de conférences à l’université de la Polynésie française (UPF), Florent Venayre, a d’abord rappelé le contexte économique polynésien très “rigide” et “publicisé” avec 173 milliards de Fcfp d’apport de l’État contre 53 milliards de Fcfp de recettes à l’exportation, les secteurs protégés de la concurrence qui “pèsent sur l’ensemble des entreprises”, et préconisé la promotion de la concurrence, la levée d’obstacles non tarifaires aux échanges (taxes, quota) ou encore la baisse de la fiscalité douanière à condition de réfléchir à la solution adéquate pour s’assurer de nouvelles recettes (les douanes ont reversé 27 milliards de Fcfp au Pays en 2013).
    Pour Christian Montet, professeur à l’UPF, la perspective d’accords commerciaux régionaux entre les petits pays du Pacifique pourrait agir comme “un tremplin” à condition qu’elle privilégie “la création de flux d’échanges économiques”, et non, comme cela s’est vu ailleurs dans le monde, “un détournement du trafic existant”.
    À l’occasion de la réception des délégations de Nouvelle-Calédonie et de Wallis-et-Futuna mardi, Édouard Fritch avait également insisté sur la nécessité de développer de “véritables échanges économiques entre les territoires français du Pacifique”, qui jouissent d’une position géographique stratégique entre l’Asie et le continent américain.
    Des échanges qui, “pour l’heure, restent encore bien maigres alors que chacun d’entre nous a des productions propres qui peuvent intéresser les autres plutôt que de s’approvisionner systématiquement sur les marchés extérieurs”, avait constaté le président.
    Raphaël Pierre

     

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