Pour “une transition agronomique” à l’échelle régionale

    mercredi 15 juillet 2015

    Les membres du Groupe des dirigeants polynésiens (GDP) vont se réunir aujourd’hui et demain afin de se présenter, unis, à la Conférence des parties prévue du 30 novembre au 11 décembre à Paris (COP21). Ils doivent notamment faire prendre conscience à la communauté internationale de la vulnérabilité des îles du Pacifique, notamment les îles basses, face au danger de submersion, d’acidification des eaux, d’augmentation de la température de l’océan et du changement du régime de pluviométrie. 
    Souhaitant accompagner cette “excellente initiative”, le SPG (système participatif de garantie) BioFetia a organisé, lundi matin à Papeete, une conférence de presse. Son objectif : préciser pour information, en tant que représentant de la société civile du secteur primaire, l’importance que revêt le changement de modèle agronomique dans la lutte contre le réchauffement climatique. “Nous souhaitons que soient prises en compte des recommandations qui sont déjà mises en œuvre par les SPG du Pacifique”, a expliqué Sébastien Guttiere, vice-président de cette association soutenue et accréditée au niveau régional par POET Com (Pacific Organic & Ethical Trade Community), organisme à l’origine de la norme océanienne d’agriculture biologique (NOAB).

    La sécurité alimentaire de nos îles est fragile 

    Les modes de production d’énergie – liés notamment aux ressources fossiles (pétrole, gaz),  sont pour une bonne part responsables des émissions de gaz à effet de serre (GES), elles-mêmes en grande partie à l’origine de ce réchauffement. Mais il est en général assez peu connu que l’agriculture conventionnelle et la foresterie industrielle y contribuent pour une part importante. 
    Ces deux activités sont notamment, les principales sources d’émissions de méthane et de protoxyde d’azote, deux gaz à effet de serre encore plus puissants que le CO2, le dioxyde de carbone. 
    Si l’agriculture des pays insulaires du Pacifique n’en est que très peu responsable à l’échelle planétaire, ceux-ci ne peuvent toutefois demander aux autres régions du monde de diminuer leur part s’ils continuent eux-mêmes à pratiquer une agriculture conventionnelle gourmande en engrais et en intrants chimiques, en grande partie tirés du pétrole, et épuisant les sols. 
    Par ailleurs, pour l’association BioFetia, qui promeut et garantit les normes océaniennes de l’agriculture biologique en Polynésie française, la pratique des modèles agronomiques conventionnels ne peut garantir à terme – pour des raisons environnementales mais aussi économiques – la sécurité alimentaire de nos îles. 
    Elle demande donc que cette problématique soit prise en compte dans les préconisations qui seront portées par le Groupe des dirigeants polynésiens en décembre. 
    “On voudrait partager le fait que l’on a actuellement une agriculture qui comporte des risques importants par rapport au dérèglement climatique”, a expliqué Gilles Parzy, participant à la conférence de presse en tant que représentant du POET Com en Polynésie française, un organisme qui travaille sous l’égide du Secrétariat général de la communauté du Pacifique (CPS). 
    “Il faut qu’on se prépare sérieusement à ce dérèglement”, a-t-il poursuivi, en demandant que le monde agricole soit réellement “considéré” afin qu’il puisse se préparer à cette nouvelle donnée. 
    “Il faut profiter de cet événement important qu’est la COP21 pour mettre sur la table de la communauté internationale le fait que nous, petites îles du Pacifique, n’avons pas participé réellement au dérèglement climatique. Mais que, par contre, nous avons besoin de nous y adapter. Et donc, qu’il nous faut des moyens.” 
    Pour le SPG BioFetia et POET Com, il s’agit en conséquence que soient mis à disposition des États et territoires insulaires du Pacifique des moyens en formations et en expérimentations de nouvelles 
    techniques. Des techniques “durables” et respectueuses de l’environnement qui assurent aux populations leur sécurité alimentaire et nutritionnelle par le biais d’une transition agronomique. 
    Et, à ce titre, il est aussi important de rappeler les possibilités offertes par les pratiques traditionnelles océaniennes : une agro-foresterie qui favorise la plantation d’arbres fruitiers parmi lesquels sont intégrées des variétés vivrières et potagères adaptées et pérennes, avec peu de travail du sol, donc peu d’érosion du sol et peu d’émissions de gaz carbonés. 

    De notre correspondant C.J.

    lebororo 2015-07-15 14:07:00
    On ne change pas la vraie nature, elle revient faire sa loi aussi. ♥
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