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Les praticiens hospitaliers dénoncent l’aveuglement du Pays

mardi 31 octobre 2017

bloc opératoire infirmier

(© archives LDT)

Alors que le syndicat des praticiens hospitaliers a déposé un préavis de grève, le mercredi 25 octobre, menaçant d’un mouvement effectif à durée illimitée à partir du lundi 6 novembre, les médecins se heurtaient encore, hier, au refus de discussion du gouvernement.

“Nous avons l’impression qu’ils veulent le rapport de force, c’est une attitude déraisonnable et irresponsable face à un vrai problème de santé”, a déclaré hier soir à La Dépêche le docteur Marc Lévy, président du syndicat.

Documents à l’appui, il démontre qu’en Polynésie française, le nombre de médecins par habitant est parmi les plus faibles de l’Hexagone et de l’outre-mer, que ce soit pour les médecins privés ou les hospitaliers.

À savoir 177 médecins pour 100 000 habitants, ce qui est moins important que dans l’Hexagone (330 médecins) et qu’en Nouvelle-Calédonie (225 médecins).

Pour faire face à cette pénurie, des mesures ont déjà été prises en métropole pour essayer d’avoir suffisamment de médecins pour les malades dont les besoins augmentent continuellement en raison du vieillissement de la population, de la diversité des spécialités médicales et des progrès médicaux. Les statuts des médecins hospitaliers se modernisent, les incitations pour les médecins privés s’améliorent et les médecins sont de plus en plus nombreux à prolonger leur activité au-delà de 65, voire 68 ans”, explique le représentant du syndicat, qui regrette qu’au fenua, “l’aveuglement des autorités empêche toute évolution.”

Il dénonce le blocage des conventionnements pour les médecins libéraux, alors que certaines spécialités sont en sous-effectifs “dramatiques”.

Rappelons que les patients ne peuvent pas être couverts par la Caisse de prévoyance sociale si les médecins ne sont pas conventionnés. Le syndicat déplore également que pour les médecins du public, les statuts n’évoluent pas et des postes de médecins ne sont pas pourvus dans les dispensaires, certains étant parfois remplacés par des postes d’infirmiers.

Pour les médecins hospitaliers, les statuts sont figés. Point d’achoppement majeur, puisqu’il renvoie aux multiples engagements du Pays jamais respectés depuis 2009, l’ancienneté n’est pas prise en compte et les prolongations d’activité au-delà de 60 ans sont de plus en plus souvent contrariées voire refusées. Plus de la moitié des médecins de l’hôpital de Taaone ont plus de 50 ans et une quinzaine ont plus de 60 ans.

“Les médecins sont le plus souvent demandeurs pour prolonger leur activité, mais l’administration cause de plus en plus de difficultés pour ces prolongations et certains médecins ont déjà renoncé et sont partis exercer dans le secteur privé à Tahiti”, regrette encore Marc Lévy qui estime que la Polynésie française est en train de se priver d’un gisement de médecins.

“Le statut des praticiens hospitaliers n’a pratiquement pas évolué depuis 1996 et l’écart avec les conditions de métropole continue à se creuser, mettant de plus en plus en péril les recrutements de médecins indispensables pour soigner les malades dans toutes les spécialités médicales et chirurgicales”, insiste le président du syndicat des praticiens hospitaliers. Il dénonce le fait qu’actuellement, certains postes ne sont pas pourvus, et d’autres le sont uniquement grâce à des contrats non statutaires hors norme.

 

Damien Grivois

 

 

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