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“Préférez le naturel” : la campagne anti sucres ajoutés

mardi 28 novembre 2017

La Direction de la santé a voulu "développer une stratégie de communication innovante, savoureuse et croquante." Il ne s'agit pas tant de consommer moins de sucre que de consommer une meilleure forme de sucre, celui qui se trouve naturellement dans les fruits. (photo : Caroline Perdrix)

La Direction de la santé a voulu « développer une stratégie de communication innovante, savoureuse et croquante. » Il ne s’agit pas tant de consommer moins de sucre que de consommer une meilleure forme de sucre, celui qui se trouve naturellement dans les fruits. (photo : Caroline Perdrix)

Privilégier les produits naturellement sucrés plutôt que ceux bourrés de sucres ajoutés, c’est le message de la campagne de prévention que lance, lundi, la Direction de la santé. Trois visuels modernes montrent des sucettes faites de pastèque ou de litchi, et un ananas en forme de canette de soda, avec le slogan « Préférez le naturel. » Le ministre des Solidarités et de la Santé, Jacques Raynal, a présenté cette nouvelle campagne de communication, entouré du Dr Merehau Mervin, directrice adjointe de la santé, du Dr Bruno Cojean, responsable du département des programmes de prévention, de Marjorie Bourges, responsable du bureau des maladies liées au mode de vie, et de la diététicienne Hélène Thual. Les messages seront déclinés en affichage, presse, Internet et réseaux sociaux pour “amener le consommateur à réfléchir à sa consommation de sucre, et consommer des produits sucrés de meilleurs qualité nutritionnelle”. Le Dr Cojean a rappelé que les besoins en sucre d’un homme adulte n’excèdent pas 30g par jour, soit l’équivalent de six morceaux de sucre. L’OMS recommande que les sucres ajoutés n’en représentent pas plus de 10%, soit trois grammes par jour.

Préférer plutôt qu’interdire : les autorités se veulent pédagogues vis-à-vis des Polynésiens. Les chiffres sont stables depuis quelques années, a rappelé le ministre, mais ils sont alarmants : 70% de la population en surpoids, dont 40% d’obèses. 18% de la population présente un diabète de type II. 56 % des enfants de 7 à 9 ans prennent deux à trois goûters par jour. Les enquêtes montrent qu’un ménage moyen polynésien consacre plus de 25 000 francs par mois aux boissons et produits sucrés, soit 40% de leur budget alimentaire mensuel. Au cœur de l’attirance pour les sucres ajoutés, la notion de plaisir, de satisfaction immédiate à laquelle on cède jusqu’à mettre sa santé en danger. “Ça ne peut pas se faire en cinq minutes”, dit le ministre,“ mais je suis persuadé que progressivement, ça va changer.”

La fiscalité comportementale face aux lobbies

Cette campagne assez “soft” n’est pas le seul angle d’attaque, a indiqué Jacques Raynal, qui reconnaît que “les habitudes alimentaires sont influencées par une offre peu adaptée”. Ses services travaillent avec les acteurs agricoles et les distributeurs pour rendre plus accessibles les produits naturels et sains, assure-t-il. De plus, la “fiscalité comportementale” sur les produits alimentaires trop sucrés, trop salés et trop gras sera bien mise en place en 2018, et Jacques Raynal indique que des discussions sur ce sujet, ainsi que sur la révision de la liste des PPN et des PGC sont également en cours avec les industriels et les importateurs, même s’il ne cache pas que le lobbying va bon train. Au final, les produits mauvais pour la santé seront plus chers, mais Jacques Raynal invite le public à ne pas considérer ces hausses de prix comme une punition, mais plutôt comme une indication pour l’aider à mieux se nourrir.

Les recettes fiscales ainsi dégagées seront fléchées pour alimenter un fonds de prévention, promet encore le ministre, sans toutefois envisager la renaissance de l’Épap (l’Établissement pour la prévention, dissous en 2010) : “Même si c’était une bonne démarche au départ, l’Épap était mal construit sur le plan de la promotion des actions”, dit Jacques Raynal. “C’était une banque pour les associations qui montaient leurs actions, mais ça partait un peu dans tous les sens.”

Cette campagne et celles qui suivront l’an prochain représentent la mise en œuvre de mesures du schéma d’organisation sanitaire adopté en 2016. Une autre campagne est prévue en 2018, qui ciblera aussi les produits excessivement gras ou salés.

C.P.

 

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