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Un premier bilan de la délinquance 2017

jeudi 12 octobre 2017

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“Il y a un devoir des parents vis-à-vis des mineurs. Il y a un délit qui s’appelle l’abandon moral”, prévient René Bidal. (© Florent Collet)


Avec les rencontres de la sécurité, cette semaine d’octobre met à l’honneur les forces qui sont mobilisées au quotidien pour assurer la sécurité des Polynésiens. La journée d’hier a surtout été marquée par la visite de René Bidal. Le haut-commissaire de la République en a profité pour “dire publiquement combien le travail des gendarmes, des policiers, des pompiers, des douaniers est particulièrement important et obtient des résultats magnifiques”.

Des policiers déguisés en délinquants affrontant leurs collègues pour une démonstration de force devant des écoliers.

Du vrai paka caché dans un véhicule pour montrer l’efficacité de la brigade cynophile et du désormais célèbre chien Gipsy.

Des stands où l’effet de l’alcool est simulé pour mieux en montrer les conséquences.

Ce sont quelques-unes des animations ou stands d’information et de prévention présentés hier dans les jardins de la mairie de Papeete dans le cadre des rencontres de la sécurité.

Un événement qui trouvera un prolongement ce week-end dans les galeries marchandes de Carrefour Faa’a, puis Taravao et dans de nombreuses communes de Tahiti.

Mais cette première journée a surtout été marquée par la visite du haut-commissaire, René Bidal, qui en a profité pour “dire publiquement combien le travail des gendarmes, des policiers, des pompiers, des douaniers est particulièrement important et obtient des résultats magnifiques s’agissant de la protection des personnes et des biens.”

Une affirmation du représentant de l’État étayée par des chiffres (lire ci-dessous) : “Grâce à l’action des services la délinquance est soit stabilisée, soit en baisse.”

Une communication destinée à contrer les commentaires lus ici et là sur les réseaux sociaux.

“Ce n’est pas pour autant que je dis qu’il n’y a pas de problèmes, mais il faut éviter les fantasmes et agglomérer des sentiments qui sont parfois peu étayés par les chiffres. La délinquance est un sujet sérieux, on ne la commente pas sur des impressions”, précise le haut-commissaire.

 

Des inquiétudes

 

Après les importantes saisies de cocaïne et surtout d’ice qui touchent directement la Polynésie, René Bidal n’a pas caché ses inquiétudes sur les conséquences de la métamphétamine sur les racines même de la culture polynésienne

“Derrière les personnes directement concernées par le trafic, il y a aussi les dérives sociales que ce trafic génère et, notamment, l’ice, qui a des effets et une addiction importante conduisant à des dérives sociales. La nature polynésienne est plutôt respectueuse de l’autorité, des lois, de son prochain et de l’autre. Je ne souhaite pas que ces drogues aient comme incidence de provoquer une dérive culturelle et sociale de la société polynésienne qui a un très bon fond”, déclare René Bidal.

Pour tenter d’endiguer cette bombe à retardement, le représentant de l’État compte sur le milieu associatif et les communes. À l’image de Papeete qui installera le sien très prochainement, les communes sont invitées à créer leurs conseils locaux de prévention de la délinquance.

René Bidal invite également les familles et les parents à ne plus fermer les yeux : “Un enfant qui se drogue régulièrement, ça se voit autour de la table, surtout dans le contexte polynésien, où les familles sont très présentes. Il faut que les parents prennent leurs responsabilités dans ces comportements addictifs et essaient de corriger les choses. Il y a un devoir des parents vis-à-vis des mineurs. Il y a un délit qui s’appelle l’abandon moral. Il faut que les parents sachent que pour les mineurs, ils ont un devoir de surveillance et d’éducation.”

 

F.C.

 

Les premiers chiffres de la délinquance en 2017

• Les violences sur neuf mois

AVIP1AVIP-2Les atteintes volontaires à l’intégrité physique (AVIP) représentent 1 936 faits en 2017 en légère baisse de 2,3 % par rapport à 2016. Leur taux d’élucidation est de plus de 80 % : 4 faits de violence sur 5 sont élucidés. Parmi ces violences, les violences crapuleuses ne représentent que 79 faits en 2017 en baisse de 12,2 % par rapport à 2016.

Ces violences crapuleuses, qui constituent les faits les plus graves, sont généralement liées à la délinquance organisée.

Ils sont quatre fois moins importants en Polynésie qu’en métropole.

En revanche, les violences non crapuleuses qui relèvent fréquemment de la sphère intrafamiliale ou de proximité (65 % des blessures volontaires sont intrafamiliales en 2017) s’élèvent à 1 422 faits en 2017 en baisse de 3,4 % sur 2016 ; ces violences correspondent à un taux de 5,2 faits pour 1 000 habitants supérieur au taux national (3,64 faits pour 1 000 habitants).

Les violences sexuelles s’élèvent à 168 faits en 2017 en baisse de 10,2 % par rapport à 2016. Précisons que 26 % des violences sexuelles sont de nature intrafamiliale et associée en 2017.

 

• Les stupéfiants sur neuf mois

Les infractions sont en hausse de 6 % par rapport à 2016.

 

 

• Les atteintes aux biens sur neuf mois

Atteinte aux biens-3Les atteintes aux biens (vols et dégradations) représentent 4 602 faits en 2017 en baisse de 7,8 % par rapport à 2016.

Une atteinte aux biens sur quatre est élucidée, ce qui correspond à un taux d’élucidation qui est exceptionnel à l’échelle nationale pour ce type d’infraction. La Polynésie est plutôt préservée en matière de délinquance d’appropriation (vols divers et dégradations) : rapporté à 1 000 habitants, on relève 1/3 de moins de délits constatés en Polynésie à comparer avec la France entière.

Par ailleurs, les atteintes aux biens sont constituées à 94% par des vols sans violence (4 327 faits en 2017). Parmi eux, les cambriolages s’élèvent à 758 en 2017 ; ils sont en baisse de 18,7 % par rapport à 2016.

 

 

• Les mineurs mis en cause sur neuf mois

Mineurs mis en cause-4L’évolution de la “part des mineurs” dans les chiffres de la délinquance décroît en 2017, avec 779 mineurs mis en cause, soit une baisse de plus de 21% par rapport à 2016.

Sur cinq ans, les chiffres n’apportent pas de renseignement notoire quant à l’évolution, ils ne démontrent pas une “explosion” du nombre de mineurs mis en cause mais plutôt une stabilisation.

 

 

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