Premier Carrefour pour l’emploi organisé par la commune de Punaauia

    vendredi 20 mai 2016

    Il fallait jouer des coudes, jeudi, pour se déplacer dans les allées du Carrefour de l’emploi, organisé par la mairie de Punaauia. L’événement a, en effet, accueilli plus de mille visiteurs de la commune et des communes avoisinantes.

    Un succès pour cette première édition, auquel les organisateurs ne s’attendaient pas : “Nous attendions environ 500 personnes sur la journée. Il est midi et nous avons dû accueillir pas loin de mille personnes depuis ce matin”, raconte une des organisatrices de l’événement. Le Carrefour de l’emploi devait ouvrir ses portes à 9 heures, mais dès 8 heures, ils étaient déjà plus de 200 à faire le pied de grue, armés de CV et de lettres de motivation, dans le hall de la mairie.

    Les organisateurs eux-mêmes ne s’attendaient pas à une telle foule. “Alors qu’habituellement, sur les autres salons, on reçoit une quinzaine de personnes dans la journée, là, on en a reçu 15 rien que dans la première demi-heure. Il y a vraiment énormément de monde”, raconte une des responsables du stand du Centre des métiers de la mer (CMMPF).

    Ce sont surtout des jeunes de moins de 30 ans, non diplômés qui avaient fait le déplacement dans l’espoir de décrocher un travail, auprès des entreprises présentes sur le Carrefour. Car des emplois, il y en avait à pourvoir… Des stands qui “ne désemplissent pas” “Le Centre de gestion et de formation (CGF) propose une dizaine de postes à pourvoir, de
    catégorie B et C, c’est-à-dire sans le bac. Jurion protection embauche, Tahiti pas cher aussi. La Fédération des oeuvres laïques (FOL) présente le système des services civiques. Et, depuis ce matin, ces stands ne désemplissent pas, et les gens font même la queue pour y avoir accès”, raconte, Heinui Tepahauaitaipari, du service du développement du territoire communal, à lamairie.

    Les offres d’emplois en cours au fenua étaient également affichées dans le hall de la mairie, ainsi que le calendrier des recrutements et des concours de l’armée, ainsi que celui des formations. Plusieurs organismes publics étaient également présents pour prodiguer conseils et informations aux visiteurs : la Caisse de prévoyance sociale (CPS), le Service de l’emploi, de la formation et l’insertion (Sefi), la Chambre du commerce et de l’industrie
    des services et des métiers (CCISM)… “J’ai terminé l’école il y a deux ans. Je n’ai pas de diplôme, car je me suis arrêtée en 3e. Je cherche du travail, mais je ne sais pas trop dans quel domaine. Je suis venue pour voir comment m’y prendre, comment chercher du travail, comment faire une lettre de motivation par exemple, ou un CV…”, raconte Tauhia.

    Ils étaient nombreux hier dans le même cas. Sortis de l’école trop tôt, timides et manquant
    généralement d’assurance, ces jeunes n’osent pas démarcher les recruteurs et baissent les
    bras. On les retrouve alors quelques années plus tard, pour les plus chanceux, sur les bancs des formations (rémunératrices généralement), dans l’espoir d’obtenir un boulot à la sortie.

    Les organisateurs de l’événement avaient sorti le grand jeu : des ordinateurs à la disposition des visiteurs, pour leur permettre de rédiger lettres de motivation et CV (ils pouvaient même les faire imprimer sur place). Des jobs dating étaient organisés pour permettre aux demandeurs d’emploi d’être mieux préparés à leurs futurs entretiens d’embauche,
    des démonstrations de métiers “en live”…

    Et la possibilité de participer au grand tirage au sort permettant de gagner un ordinateur, un téléphone portable, ou encore des brunchs ou des déjeuners dans un restaurant ou un hôtel de Punaauia.

    Si cette première édition a été un succès, il n’empêche qu’elle rappelle une bien triste réalité:
    le nombre de chômeurs en Polynésie augmente et touche de plus en plus les jeunes.

    É.P.

    Zoom sur le site Whozzin

    Il s’agit d’un site d’offres et de recherche d’emploi. L’inscription se fait en ligne, tout est gratuit et offre aux demandeurs d’emploi la possibilité de créer leur CV en ligne et d’avoir accès à toutes les offres d’emplois qui se trouvent sur le site. Les demandeurs d’emplois peuvent postuler à n’importe quelle offre d’emploi, en un clic. De leur côté, les recruteurs ont accès à un moteur de recherche leur permettant de cibler des compétences, des diplômes précis, puis de prendre directement contact avec les candidats qu’ils ont sélectionnés.

    Le site a bientôt deux ans et compte 290 professionnels et 8 000 utilisateurs. On y trouve des offres d’emplois dans plusieurs secteurs, notamment en hôtellerie et en commerce et également pas mal de postes de cadres. La différence avec d’autres sites, comme celui du Sefi par exemple, c’est qu’il n’y a aucune “barrière” dans la mise en relation des demandeurs et des recruteurs.

     

    Wendy, du Sefi “Les jeunes ont du mal à trouver un emploi”

    “Aujourd’hui, les jeunes sortent de plus en plus tôt du système scolaire et ont du mal à
    trouver un emploi. Alors, ils veulent faire des formations pour avoir un bagage supplémentaire qui facilitera leur insertion. On essaie d’ouvrir des formations pour lesquelles il y a plus de débouchés et là où on est surpris, c’est que même les bac+2 ou
    bac+3 se positionnent sur des formations inférieures à leur niveau de compétence, parce qu’ils ne trouvent pas de travail. Pour une formation de niveau 5, par exemple, c’est-à-dire BEP, CAP, on a des bacheliers, des BTS. C’est très surprenant. Soit ces jeunes se
    reconvertissent, soit ils se rendent compte que le diplôme sur lequel ils ont planché à l’école est trop généraliste. Aujourd’hui, c’est surtout le domaine tertiaire qui recrute, notamment dans le commerce et l’hôtellerie.”

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