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Premier rhum 100 % pa’umotu

jeudi 14 décembre 2017

rhum mana'o

Le rhum Mana’o Rangiroa est issu du mélange de deux variétés de canne à sucre : la rouge rayée, une variété très ancienne, et la canne roseau, une variété plus moderne. À droite : Olivier Duret, ambassadeur de la marque Mana’o Tahiti. (© Désiré Teivao)


Après son vignoble, l’atoll de Rangiroa pourrait bien devenir célèbre aussi pour son rhum. En 2016, Sébastien Thépenier, responsable du domaine sur l’atoll, propose à Olivier Duret, producteur du rhum Mana’o Tahiti, de venir planter de la canne à sucre sur une parcelle de terre du domaine. Ce dernier accepte et les plants de canne à sucre se multiplient aux côtés de la vigne. En mai, une première récolte a pu être effectuée. Cette récolte devrait permettre de produire environ 5 000 bouteilles de rhum (blanc et ambré compris), commercialisées depuis la fin novembre. “C’est une première mondiale. Aucun rhum, ailleurs sur la planète, n’a été produit sur un atoll”, se félicite Olivier Duret, qui a accepté, pour La Dépêche de Tahiti, de revenir sur ce produit d’exception.

Olivier Duret, vous avez déjà des plantations de canne à sucre sur la Presqu’île et sur l’île de Taha’a. Pourquoi Rangiroa maintenant ?

“Cela fait suite à une discussion qu’on a eue, l’année dernière avec Sébastien Thépenier, qui dirige le vignoble. Il nous a expliqué qu’il a une parcelle de terre de libre et il nous a demandé d’envoyer des plants de canne à sucre pour voir si ça pousse aux Tuamotu.

On lui a alors envoyé douze variétés différentes, et sur ces douze, il y en a deux qui se sont bien installées : la rouge rayée, une variété très ancienne, et la canne roseau, qui est plus moderne. On a réussi ensuite à les multiplier sur une parcelle d’environ 6 000 mètres carrés.”

 

On sait qu’aux Tuamotu, l’eau peut poser problème. Est-ce-que vous avez rencontré des difficultés dans l’entretien de votre plantation ?

“Non, il n’y a pas eu de complications, rien d’insurmontable. Globalement, ça a été une réussite, et nous avons même été surpris. On ne s’attendait pas à un tel rendement dès la première année.

Nous avons une plantation certifiée bio et qui respecte les normes européennes en la matière. Le rhum de Rangiroa est le meilleur produit que nous avons réalisé jusqu’à présent.”

 

Et donc une première récolte au mois de mai ?

“On a eu de très bons résultats au niveau cultural, avec de très bons rendements, et de la canne à sucre de très bonne qualité. Des jus excellents, sucrés et aromatiques.

Et à la distillation, nous avons eu deux produits très distincts. Le rhum issu de la canne roseau était extrêmement doux, sucré mais avec une aromatique très discrète. Le rhum issu de la canne rouge rayée était très aromatique, avec quelque chose d’assez masculin.

De l’assemblage de ces deux produits est né le rhum Mana’o Rangiroa, qui est le premier rhum produit entièrement sur un atoll. C’est une première mondiale. Aucun rhum, ailleurs sur la planète, n’a été produit sur un atoll.

La nature nous a aidés, mais la population de Rangiroa et les travailleurs de l’exploitation peuvent être fiers de ce produit.”

 

Le sol corallien de l’atoll a-t-il une influence sur la qualité du rhum ?

“Aujourd’hui, il y a certainement une influence du sol corallien, mais c’est très compliqué à mesurer. Il faudrait faire des essais. Prendre les mêmes variétés de canne à sucre, les planter sur les îles hautes, produire le même rhum et ensuite comparer les deux terroirs. Mais on va certainement le faire dans les années qui viennent.

Le rhum de Rangiroa est de toute façon, pour le moment, le meilleur produit qu’on n’ait jamais réalisé et proposé au public.

J’ai été jury pour les concours généraux agricoles qui se déroulent à Paris, et un produit comme le rhum de Rangiroa devrait recevoir une médaille.”

 

Combien de récoltes peut-on espérer par année ?

“C’est une récolte par an.  En plus, vu que ça se passe aux Tuamotu, c’est assez compliqué à mettre en place au niveau logistique. Donc on récolte en une seule fois, ce qui nous permet d’avoir des rhums millésimés. On retrouve donc, sur la contre étiquette, à l’arrière de la bouteille, l’année de production du rhum.

Sur les quelque 5 000 bouteilles que nous sortirons cette année, 3 000 vont être consacrées au rhum blanc. Et on en a mis aussi un peu en fût pour voir, sortir d’ici un an, un rhum ambré. Et puis, dans trois ans, un rhum vieux Rangiroa millesimé 2017.”

 

Justement, au niveau de la logistique, il faut que vous rameniez tout le jus récolté sur place, à Tahiti. Comment vous organisez-vous ?

“D’abord, il faut envoyer sur le motu, un broyeur pour traiter les cannes à sucre afin d’extraire le jus sur place.

Lors de la récolte, les barges de la commune de Rangiroa n’étaient pas disponibles, et nous avons dû démonter le broyeur — qui fait une demi-tonne — pièce par pièce afin de pouvoir le mettre dans le petit bateau du vignoble.

Il est ensuite remonté sur place. Les cannes sont coupées puis broyées. Le jus qui en découle est récupéré dans des cuves. Dans ces cuves, on met des levures biologiques et la fermentation démarre.

Dès que la fermentation est terminée, le jus est pompé directement dans des récipients situés sur le bateau, et il est ensuite transporté jusqu’au quai, où il attend la goélette.”

 

Peut-on imaginer, un jour, un rhum des Australes ou des Marquises ?

“C’est parfaitement envisageable mais il faut d’abord résoudre le problème de l’acheminement du jus de canne à sucre vers notre distillerie de Paea.

Au bout de trois jours de fermentation, le jus de canne à sucre vire presque au vinaigre. Et, vu les temps de transport en bateau entre Tahiti et ces îles, ça pose un problème majeur.

Mais faire du rhum aux Australes ou aux Marquises ne serait pas une mauvaise idée.”

Propos recueillis par Désiré Teivao

 

 

 

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