Habillage fond de site

La première ponte de tortue observée depuis plusieurs années à Temae

vendredi 5 janvier 2018

La tortue qui vient de pondre, retourne à la mer pour regagner le large. Elle reviendra une quinzaine de jours plus tard, pour une nouvelle ponte. (© J.Rey/LDT)

La tortue qui vient de pondre, retourne à la mer pour regagner le large. Elle reviendra une quinzaine de jours plus tard, pour une nouvelle ponte. (© J.Rey/LDT)


Le 30 novembre dernier, une tortue verte adulte était aperçue en début de soirée, alors qu’elle venait de quitter le lagon et traversait la plage de Temae. Observant la scène, des riverains ont constaté que la tortue, qui venait d’atteindre la végétation, s’était mise à creuser son nid pour pondre. L’animal montrant un peu de difficulté à faire son nid, les riverains se sont rapprochés d’elle et l’ont aidée à creuser, avant de la laisser terminer sa besogne seule et pondre, loin de tout regard et de la lumière.

Cet événement, plutôt rare de nos jours, a incité les témoins à contacter l’association Te mana o te moana, responsable de la clinique des tortues. Cécile Gaspar, vétérinaire, accompagnée de soigneurs s’est rendue sur place dès le lendemain matin pour étudier la zone de ponte recouverte bien entendu de sable. Alain Bonno, le riverain témoigne :  “Nous avons vu quelque chose difficilement identifiable au départ, car c’était de nuit. Il était aux alentours de 19h30, Nous avons vu que c’était une tortue, nous l’avons vu creuser son nid, après l’avoir un peu aidée car le sable n’était pas très meuble, nous l’avons laissé pondre ses œufs et nous l’avons vue repartir vers le lagon vers 23 heures.”

Le nid est depuis, sécurisé par un grillage avec un panneau d’information de Te mana o te moana. Sur place Cécile Gaspar en a profité pour organiser une rencontre de sensibilisation avec les riverains qui pourraient être concernés par ce nid, de par la proximité du site avec leurs habitations. Car une tortue ne pond jamais une seule fois mais revient durant son cycle de ponte plusieurs fois, environ tous les 15 jours, creuser un autre nid pour à nouveau déposer, parfois une centaine d’œufs par ponte.  

Un périmètre de sécurité a été implanté par Te mana o te moana qui fait le tour du nid. Cela le protège les animaux, et en particulier les chiens qui ne font pas dans le détail quand ils flairent un nid, surtout quand l’éclosion débute, alertés par les odeurs qu’elles dégagent.

L’éclosion devrait avoir lieu, entre le 19 janvier et le 7 février après deux mois de gestation environ. “Pour l’instant il n’y a qu’une chose à faire”, précise Cécile Gaspar “laisser faire la nature, et surveiller le nid pour qu’il ne soit pas détérioré ou attaqué, y compris par les crabes.”

Ces dernières décennies, plusieurs observations de montées de tortues ont été répertoriées, mais pour des raisons diverses aucune ponte n’a été constatée. “Il faut savoir que fréquemment, les tortues montent une première fois sans pondre mais reviennent deux jours plus tard pour une première ponte d’une centaine d’œufs. Cette même tortue réapparaîtra une seconde fois, une quinzaine de jours environ après pour une seconde ponte après avoir creusé un autre nid. Elles peuvent pondre une dizaine de fois durant un même cycle”, souligne Cécile Gaspar.

Protégée… mais menacée

Parmi les événements passés, il y a eu en 2006, une tortue qui est montée sur la plage proche des Tipaniers ; elle est repartie sans pondre, après avoir été dérangée par un chien. En 2008, c’est sur le motu Tiahura qu’une autre avait été observée mais là encore elle avait été dérangée par des animaux. Donc, pas de ponte.

Pareil en 2014, plage Moemoea, puis le 15 octobre sur le motu fare one. Une tortue avait fait son nid, mais il avait été attaqué par les fourmis. Un passant l’avait repéré et avait alerté Te mana o te Moana. Les œufs avaient alors été récupérés par l’association qui les avait déplacés dans une zone sécurisée, un peu plus loin, dans du sable. De ce nid, une centaine de tortues sont sorties, une partie d’entre elles, les plus faibles avaient été transportées pour des soins à la clinique durant une quinzaine de jours.

Elles avaient ensuite fait l’attraction d’écoliers qui avaient été invités à les remettre dans le lagon après une courte – mais nécessaire – période de remise en forme. “Nous avons pu suivre trois pontes en l’espace de treize ans”, explique Cécile Gaspar. “Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en a eu que trois. D’autres ont pu se faire sur une des nombreuses plages de l’île, peut-être sont-elles arrivés à terme, peut-être que les pontes ont été attaquées entre-temps.”

Samedi au centre Te mana o te moana, le public était invité à assister à une rencontre de sensibilisation sur la cause des tortues, une trentaine de personnes a fait le déplacement à la clinique gérée par Te mana o te Moana située à l’hôtel InterContinental.

Objectif de cette rencontre : en savoir plus sur la vie de ce reptile très fréquent dans nos eaux ; savoir repérer les traces sur le sable qui indiquent la montée ou la descente d’une tortue et qui pourraient indiquer un site de ponte, savoir ce qu’il faut faire ou surtout, ne pas faire ; connaître aussi un peu mieux la vie en mer de cet animal emblématique, certes protégé, mais menacé par de nombreux prédateurs, dont l’Homme.

De notre correspondant Jeannot Rey

Le nid de Temae a été sécurisé par Te mana o te moana contre des intrusions, notamment de chien. (© J.Rey/LDT)

Les tortues pondent leurs oeufs dans un nid creusé dans le sable. Il peut y avoir une centaine d’oeufs. (© J.Rey/LDT)

tortue temae

témoignages Temae

Désiré Teivao
0
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

French bee propose un aller retour PPT - San Francisco à moins de 40 000 F :

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete