Présentation du projet d’un cargo à voile avant-gardiste

    mercredi 22 juin 2016

    Un projet de cargo, équipé d’un système mixte de propulsion original, a été présenté mardi, au CESC. (DR )

    Un projet de cargo, équipé d’un système mixte de propulsion original, a été présenté mardi, au CESC. (DR )

     

    Un avant-projet de mise en place de navires à propulsion vélique par Éole marine colportage (EMC), un département de l’ONG internationale Watever, a été présenté mardi, aux membres du conseil économique, social et culturel (CESC).

    Marc Van Peteghem, Yves Marre, Gérald Similowski et Alain Connan ont expliqué leur choix de faire de la Polynésie française et de ses cinq archipels le premier terrain d’expérimentation d’une technologie novatrice, économe en énergie, non polluante et adaptée à des populations disséminées dans des géographies isolées des grandes routes maritimes et souvent difficiles d’accès.

    Cela fait cinq ans qu’EMC planche sur ce projet qui devrait intéresser le fenua de par les caractéristiques de ce type de navire qui emprunte plusieurs aspects à la navigation traditionnelle polynésienne (multicoque, voile) mais qui est résolument tourné vers le futur avec un système de propulsion mixte.

    Le gréement, deux mâts de type aile pour une surface de 275 m2, est une innovation propre au cabinet VPLP, représenté par Marc Van Peteghem, architecte naval de réputation international.

    Ce système, ne nécessitant pas pour son maniement les compétences généralement requises pour la navigation classique à voile, est couplé à deux moteurs hybrides diesel/électrique qui offrent de nombreux avantages : outre que d’être économe – une économie estimée entre 30 et 40 % par rapport à un cargo classique – ils sont bien sûr beaucoup moins polluants.

    Avec leurs 80 mètres de long pour 17 mètres de large et 3 mètres de tirant d’eau, les trois coques de ce cargo mixte (fret et passagers) de 1 000 tonnes à vide peuvent rendre de nombreux services à des îles peu ou pas équipées en port en eau profonde ou accessibles seulement par des passes de faible profondeur.

    L’équipe d’EMC, en contact permanent avec une équipe tahitienne, a rencontré depuis deux semaines les armateurs du territoire qui ont été associés à ce travail depuis plusieurs mois, via Internet. L’occasion de peaufiner avec eux les informations techniques que peuvent apporter ces familiers des eaux polynésiennes.
    “Nous avons choisi la Polynésie française”, a expliqué Marc Connan, ancien commandant de la marine marchande, “parce que nous la connaissons et l’aimons, qu’elle entre logiquement dans ce concept et que la langue française comme le droit maritime français peuvent y faciliter les échanges.”

    Représentant le gouvernement, le ministre en charge de la Recherche a indiqué qu’aucune décision n’était encore prise au niveau de l’exécutif.
    “Mais ce projet nous interpelle”, a réagi Patrick Howell, invité par le CESC. “Il nous faut mettre en place un système de communication entre nos îles qui ne participe pas au réchauffement climatique”, a encore expliqué le ministre, également en charge de la Santé, en argumentant qu’il était possible d’attirer l’attention sur la Polynésie française avec la mise en place de technologies avancées, mais non polluantes.

    Rebondissant sur les propositions des concepteurs du projet, il a également souligné l’importance de mettre en place “un autre concept d’organisation de nos transports maritimes qui n’intéresse pas seulement la Polynésie française, mais également les peuples insulaires du
    Pacifique”.  

    C’est, en tout cas “un projet qui vient répondre aux problématiques des archipels”, a reconnu le tavana de Makemo.

    De notre correspondant C.J.

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