Préservatif : malgré les risques, de nombreux jeunes n’ont “jamais essayé”

    mardi 3 mai 2016

    Au fenua, les cas de syphilis, de chlamydia et de “chaude-pisse” ont bondi depuis l’année dernière. Ces infections sexuellement transmissibles ont “un seul dénominateur commun” : les rapports sexuels non protégés. Le préservatif, en effet, semble loin d’être un automatisme chez les jeunes que nous avons rencontrés.

    K Méconnaissance des risques, prix des “capotes”, rumeurs sur la réduction du plaisir, gêne des plus jeunes à s’approvisionner en public… Les causes sont nombreuses, mais inexcusables selon
    certains professionnels, qui estiment que les jeunes sont suffisamment bien informés aujourd’hui.

    Le préservatif ? “J’ai jamais essayé, parce que c’est du plastique.” Sur un banc du centre de la mère et de l’enfant, à Pirae, la jeune fille de 16 ans ajoute, catégorique : “Tu sens rien, tu sens pas le pénis, c’est une copine qui m’a dit.”
    Au fenua, les infections sexuellement transmissibles (IST) ont explosé entre 2014 et 2015. “La syphilis, la chlamydia et la chaude-pisse ont un seul dénominateur commun : les rapports sexuels non protégés”, explique le docteur Lam Nguyen Ngoc, responsable du centre des maladies infectieuses et tropicales (lire notre supplément santé).

    Alors, les capotes n’auraient-elles plus la cote ? Les jeunes, en tout cas, semblent s’être passés le mot, puisqu’une autre jeune femme, de 19 ans cette fois, persiste et signe quelques minutes plus tard : “Je n’ai jamais essayé, parce que c’est du plastique, alors t’as pas de plaisir.”

    Pour convaincre les jeunes du contraire, les marques commercialisent des préservatifs “à sensations”, “orgamax”, “endurance”, “xtrapleasure”, “plus épais”, voire “striés et perlés” pour une “stimulation intense”…
    Mais le bonheur se fracasse sur leurs prix, oscillant entre
    400 et 1 200 F la douzaine. “Avant, on avait des distributeurs à 100 F. Maintenant, tu dois acheter la boîte entière…”, regrette un jeune vendeur dans une grande surface, qui constate régulièrement des vols de préservatifs.

    Les jeunes n’ont “plus d’excuse”

    Plusieurs structures sociales, comme le centre de la mère et de l’enfant, en distribuent donc gratuitement (lire ci-dessous). “On a des hommes, des femmes et des raerae”, précise le service de protection maternelle. “Ils viennent chez nous parce qu’ils n’ont pas beaucoup d’argent.”
    Le plus souvent toutefois, les demandes émanent des patientes des services gynécologique et obstétrique, de passage au centre. Peu de gens feraient le déplacement uniquement pour avoir des préservatifs.

    La capote ne semble pas non plus être un automatisme chez les lycéens de Paul-Gauguin.
    Ces amoureux, en 1re S, ont par exemple fait les choses à l’envers : “J’ai commencé par prendre la pilule, sans qu’on se protège, puis on a utilisé le préservatif”, explique-t-elle.
    “On est conscient des risques”, promet-il. “Mais c’est vrai qu’on n’a jamais fait de dépistage.” Ni avant, ni après leurs rapports non protégés, qui n’étaient visiblement pas les premiers…

    Dans le fond, une grossesse non désirée semble beaucoup plus les inquiéter qu’une maladie infectieuse.
    “Les parents insistent surtout sur le risque que la fille tombe enceinte…”, explique ainsi l’une de leurs amies.
    Résultat, à l’accueil du service de protection maternelle, un infirmier s’inquiète particulièrement du dernier bilan des IST : “La hausse des infections, ça fait peur. Et pourtant, on intervient dans les écoles et les collèges…” (lire ci-contre).
    Certains pharmaciens ont le sentiment que la prévention n’est pas suffisante, mais d’après l’infirmier, qui officie lui-même dans les établissements, les jeunes n’ont “plus d’excuse” : ils seraient bien mieux informés aujourd’hui que leurs aînés en leurs temps.

    “Je dirais simplement que le préservatif n’est pas très répandu, n’est pas vraiment dans les mœurs des Polynésiens”, soupire-t-il. “Les hommes, surtout, sont assez réticents.”
    La fermeture de l’association Agir contre le sida, à la fin de l’année 2014, a peut-être contribué à envoyer le mauvais message.
    Pourtant, non, les IST n’ont pas subitement déserté le territoire. Cent vingt personnes seraient actuellement porteuses du VIH au fenua et 500 ont été dépistées positives à la syphilis, la “chaude-pisse” ou la chlamydia en 2015.

    Marie Guitton

    Yankee 2016-05-04 13:31:00
    Offrez leur des préservatifs perlés, protection et plaisir intense, 2 en 1.
    LEPETANT 2016-05-04 08:47:00
    À force de répéter aux filles qu'elles ont droit à l'orgasme, elles refusent maintenant le préservatif sous prétexte qu'elles ne sentent rien. Il faudrait peut-être leur apprendre qu'elles peuvent obtenir un orgasme en exigeant de leurs petits copains un cunnilingus.
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