Préserver la terre pour les générations à venir

    vendredi 30 septembre 2016

    foire

    Pour faire honneur au thème de cette 31e Foire agricole, “l’homme face à son environnement”, le grand public est encouragé à se mobiliser pour préserver la planète, notamment en trouvant une seconde vie aux objets usagers. Même des toilettes peuvent faire une belle jardinière. De quoi redécorer la présidence ? Les hommes forts du Pays paraissent tout de même dubitatifs… (Photo : Marie Guitton)

     

    La 31e Foire agricole est ouverte depuis hier matin, à Vaitupa, au bord du lagon de Faa’a. Un millier d’agriculteurs, horticulteurs, éleveurs, apiculteurs, pêcheurs, artisans, commerçants ou restaurateurs y participent, selon Yvette Temauri, la présidente du comité organisateur et de la chambre de l’agriculture et de la pêche lagonaire.

     

    Coqs, chèvres, produits de la mer, arbres à pain, tiare, fe’i, taro, pastèques ou potirons y composent un tableau en couleurs du “paysage polynésien”. “Qui peut tenir ici sans être touché par la beauté de ce rassemblement ?, a-t-elle souligné hier. Le but est d’exposer fièrement ce qui nous tient à cœur : la terre.” Le thème de cette nouvelle édition est “l’homme face à son environnement”.

    Les plus grands pollueurs de notre pays, ce sont nous, a rappelé la responsable face aux jeunes des Maisons familiales rurales (MFR) ou des Centres de jeunes adolescents (CJA). On jette tout partout. Mais, en fait, on peut aussi les réutiliser pour faire autre chose et peut-être que demain, nos enfants nous diront merci. C’est à nous de préserver notre environnement.

    Pour donner des idées au grand public, quelques stands rivalisent d’ingéniosité, présentant ici des bouteilles d’eau assemblées en serre ou là des cuvettes de toilettes transformées en jardinières. Pour préserver les sols nourriciers, la chambre de l’agriculture espère également responsabiliser les professionnels et tente d’encourager les conversions au bio “petit à petit, étape par étape”.

    Des fois, il y a des agriculteurs qui utilisent les produits sans savoir exactement les doses qu’il faut utiliser, explique Yvette Temauri. Il faut savoir doser, comme ça, on aura une meilleure santé au lieu de polluer la terre et les gens qui mangent… Mais ça n’est pas facile à mettre dans la tête des gens. Ils ont besoin d’être formés avant de changer.” 

    Dans cette perspective, des ateliers régionaux sur l’agriculture biologique seront mis en place en octobre : “Tâchons de laisser quelque chose d’exploitable à nos enfants”, a appelé hier la présidente de la chambre.

     

    Des aides du Pays en hausse ?

     

    Ce sont bien eux, en effet, qui prennent jour après jour la relève de leurs parents (lire dans La Dépêche du 30 septembre 2016). Or, les métiers de la terre ou de la mer sont déjà suffisamment difficiles comme ça. “Il y a des jeunes qui sont intéressés, mais la plupart ne le sont pas parce qu’ils veulent de l’argent vite et facile, souffle Yvette Temauri. Bûcher au soleil ou sous la pluie… Il faut voir comment les intéresser, parce qu’on ne peut pas les forcer.”

    Le président Édouard Fritch estime que c’est là une charge dont doivent s’acquitter les parents et les professionnels eux-mêmes. Le Pays, de son côté, ferait déjà “beaucoup de choses” pour répondre aux “besoins de nos agriculteurs”. En matière foncière, “sur un an et demi, nous avons distribué 260 hectares de terre aux agriculteurs pour qu’ils puissent continuer à développer leur activité, assure Édouard Fritch. Mais force est de constater que ce n’est pas suffisant. Il faut passer à 300 ou 350 hectares rapidement.

    Le Pays envisagerait également, dans le budget 2017, de “majorer de quasiment 60 %” les subventions liées à l’exploitation agricole, “car il y a quelques difficultés essentiellement dues aux dégâts liés à la météo, ces derniers temps”. S’agissant de la salmonelle dans les élevages de poules, le président explique que “les mesures sont en cours”. “Je n’ai pas les derniers résultats, mais j’ai demandé à ce qu’on soit très vigilant et très rigoureux”. À Vaitupa, des vétérinaires contrôlent les bestiaux tous les matins.

    Enfin, “la difficulté essentielle de l’agriculteur, aujourd’hui, c’est quand même la commercialisation, observe le président du Pays. On a relancé la société Kai Hotu Rau qui, j’espère, entrera très bientôt en activité de façon à apporter aux agriculteurs, une fois qu’ils ont les fruits et légumes, un revenu essentiel pour leur survie.

     

    Marie Guitton

     

        Retrouvez dans notre édition du Vendredi 30 septembre 2016 :   

    • Quelques chiffres
    • Encadré :
      – Élevage, des parents aux enfants : “Il faut leur dire comment faire”
      – “Peut-être qu’elle va prendre la relève…”
      – “On les forme à planter, à transformer et à conditionner. Et là, on leur apprend à vendre”
    • Plus de photos de cette première journée

     

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