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La presqu’île demande sa maternité

jeudi 12 octobre 2017

hôpital de taravao

(© Anne-Charlotte Bouleau)


Mise en ligne au début du mois, une pétition vient relancer le débat autour de la mise en place d’une maternité à la Presqu’île. Il y a une dizaine d’années, le Dr Laurent Bonnamy, unique gynécologue-obstétricien du secteur, avait déjà tiré la sonnette d’alarme. Selon la directrice de la santé, le projet pourrait être à nouveau envisagé dans le cadre de la reconstruction annoncée de l’hôpital de Taravao. En attendant, les équipes sur place continuent de faire face à des situations d’urgence.

“Pour la création d’une maternité à la Presqu’île !” C’est l’intitulé d’une pétition, mise en ligne au début du mois.

Dans un message adressé au président du Pays, ainsi qu’au ministre de la Santé, l’auteure, au fait de certaines réalités, met en avant la situation de détresse dans laquelle se retrouvent bon nombre de patientes, en l’absence de véhicule personnel, pour se rendre jusqu’au centre hospitalier de la Polynésie française (CHPF), à Pirae.

L’initiative, qui enregistre à ce jour un peu plus de deux cents signatures, relance le débat sur la mise en place d’une maternité à la Presqu’île. Ce n’est effectivement pas la première fois que le sujet est évoqué…

Il y a une dizaine d’années, le Dr Laurent Bonnamy, unique gynécologue-obstétricien du secteur, avait déjà tiré la sonnette d’alarme.

“J’ai travaillé à Mama’o de 2001 à 2006, tout en assurant des consultations à Taravao, tous les quinze jours. À l’époque, j’avais déjà constaté le besoin au niveau maternité et je m’étais penché sur la question, pour voir si l’on pouvait faire un service relié à Mama’o. Par la suite, je me suis installé en libéral et j’ai poursuivi ce travail, en sachant qu’il y avait déjà une forte poussée démographique à la Presqu’île, qui s’est confirmée de façon évidente”, se souvient le spécialiste.

 

Des difficultés quasi quotidiennes

 

Il avait d’ailleurs lui-même lancé une pétition – laquelle avait cumulé 10 000 signatures –, complétée de dossiers, de courriers et de réunions en haut lieu, mais sans succès.

“Tout le monde avait l’air d’accord, mais au final, rien n’a été fait. Aujourd’hui, on a un Carrefour, un McDonald’s, une prison, mais toujours pas de maternité avec un plateau technique. On se retrouve au même point qu’il y a quinze ans, avec une population beaucoup plus importante”, souligne-t-il.

À son cabinet, les difficultés auxquelles doivent faire face les futures mères font quasiment partie du quotidien.

Des contraintes liées à la distance que le Dr Laurent Bonnamy connaît bien, ayant lui-même résidé à Tautira, au Fenua ‘Aihere, pendant onze ans.

Il estime que 900 à 1 000 accouchements pourraient être réalisés chaque année dans le secteur de la Presqu’île au sens large, en incluant Teva i Uta, Papara et Hitia’a o te Ra.

“Mon inquiétude, avec une population grandissante, c’est qu’il va y avoir de plus en plus de problèmes. Il faut vraiment anticiper et réagir maintenant, parce qu’on va bientôt se retrouver au pied du mur”, précise-t-il.

Si la majorité des accouchements se passent bien, certaines situations peuvent se révéler plus complexes. Dans le cadre d’une maternité de niveau 1, telle qu’évoquée dans la pétition, une équipe composée d’un gynécologue, d’un anesthésiste, d’un pédiatre et de sages-femmes assure la prise en charge de la mère et de l’enfant ; autant de moyens dont ne dispose pas, à l’heure actuelle, l’hôpital de Taravao.

Selon l’auteure du message, depuis le début de l’année, une douzaine d’accouchements auraient malgré tout dû être réalisés en urgence sur place ou lors du transfert en ambulance.

 

A.-C.B.

 

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