PRESQU’ÎLE – Le paraha peue est associé à un plan de développement durable de la filière aquacole

    mercredi 25 mars 2015

    Initiée au début des années 2000 par la direction des ressources marines et minières (DRMM), en partenariat avec l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), l’introduction du paraha peue dans la filière aquacole commence à porter ses fruits, avec une volonté de faire progresser la production. 
    L’an dernier, la ferme Tahiti Fish Aquaculture, qui compte deux sites sur la Presqu’île, l’un à Vairao, l’autre à Teahupo’o, a produit 10 tonnes de ce poisson, qui peine encore à séduire les consommateurs au quotidien. 
    Thomas Launay, responsable de production, défend bec et ongles ce petit poisson plein d’avenir, souhaitant plus largement faire la lumière sur le milieu de l’aquaculture, qui ne bénéficie généralement pas d’une bonne image auprès du grand public. 
    Thomas Launay, ancien étudiant en biologie marine et en sciences environnementales, sait de quoi il parle. “Au niveau de la technique, on cherche vraiment à faire une aquaculture durable, et à produire un poisson de qualité”, explique-t-il d’emblée. 

    Production respectueuse de l’environnement

    “Dans ce principe-là, on n’utilise aucun produit chimique, aucun médicament, aucune hormone de croissance, vraiment rien qui puisse altérer l’environnement ou la qualité du poisson. C’est d’ailleurs pour ça qu’on continue à avoir une assez forte mortalité à la mise en cage, parce que notre poisson est trop faible et qu’on n’utilise aucun médicament pour essayer de le soigner ou de le doper.” 
    Les alevins, élevés dans une écloserie biosécurisée durant les premières semaines de leur vie, n’auraient pas une immunité suffisamment développée pour résister aux bactéries opportunistes naturellement présentes lors de la mise en cage, en milieu naturel. 
    Ce frein au développement de la filière a été évoqué la semaine dernière, lors des ateliers de concertation entre les différents acteurs de la filière, réunis à la demande du ministre en charge du secteur afin d’établir un plan directeur pour le développement de l’aquaculture de 2015 à 2025. 
    “On est dans cette même optique d’un développement durable, dans les deux sens : minimiser l’impact sur l’environnement, et avoir des entreprises viables”, explique Thomas Launay.
    Avant de poursuivre : “C’est quelque chose qui me tient à cœur, dans le sens où on entend beaucoup parler de l’aquaculture de manière assez négative. (…) C’est intéressant de rappeler que l’aquaculture, c’est comme tout le reste. Cela peut aller de quelque chose de très industriel, à grande échelle, avec le rendement pour but, à un autre extrême, celui de l’aquaculture un peu plus artisanale, qui essaie d’être industrielle dans le sens où on s’efforce d’en faire une entreprise qui tourne et qui marche, mais avec des techniques qui sont vraiment différentes et opposées.”

    La qualité comme priorité

    De ce point de vue, le paraha peue présente de nombreux avantages en tant que poisson d’élevage, notamment au niveau de son régime alimentaire, puisqu’il est omnivore à tendance herbivore. 
    Sur ce principe, il s’inscrit dans une démarche de développement durable, n’ayant pas par nature de gros besoins en termes de protéines. 
    Un réel avantage, comme le justifie Thomas Launay : “Pour le paraha peue, on n’utilise pas de poisson frais mais des granulés, un mélange de poisson et de céréales. L’indice de conversion en aliment est intéressant, en comparaison avec une espèce carnivore, puisqu’il nous faut entre 1,5 et 2 kg d’aliment pour produire 1 kg de paraha peue.” 
    À ce sujet, les aprioris des consommateurs sont nombreux, bien que les aquaculteurs de Polynésie garantissent l’utilisation d’un aliment sans OGM, sans farines animales terrestres et sans hormones. “On cherche vraiment la qualité”, précise Thomas Launay, qui définit ainsi clairement le rôle de l’aquaculture : “Le but, c’est de pouvoir nourrir les gens avec du poisson de qualité, rapport au fait que, dans le monde, il y a de moins en moins de poissons et que l’industrie de la pêche est en train de se remettre en question. En 50 ans, la population a doublé et l’aquaculture peut jouer un rôle dans la nutrition de la planète. Maintenant, il faut le faire correctement.”
    Bien conscients d’avoir un environnement unique qu’il faut préserver, Thomas Launay et Eddy Laille, gérant et propriétaire de la ferme Tahiti Fish Aquaculture, à l’image de leurs confrères, s’inscrivent dans une démarche de développement durable et d’intégration à l’environnement local, pour le moins exigeante, mais payante : “Même pour nous, au niveau de notre entreprise, plus le lagon sera de meilleure qualité, plus ce sera bon pour la production. On est vraiment dans cette optique-là”, conclut Thomas Launay. 
    Pour celles et ceux qui souhaiteraient en apprendre davantage sur le paraha peue, Tahiti Fish Aquaculture sera présent au Salon Nautica Porinetia, du 26 au 29 mars, à la salle Aorai Tini Hau, où la société proposera son produit à la vente et à la dégustation. L’occasion d’aller à la rencontre de ce petit poisson qui gagne à être connu. 

    A.-C. B.

    Bixente 2015-04-23 05:21:00
    Pekorino, respect, fais-moi signe!
    Thomas Durand 2015-03-27 13:05:00
    Un bel exemple de développement durable. Bravo pour cette initiative et en espérant qu elle donne des idées à d autres entrepreneurs!
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