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PRESQU’ÎLE – Des vacances sans paka, entre terre et mer

mercredi 29 mai 2019

Après quelques instructions de rigueur, les apprentis navigateurs d’un séjour thérapeutique de rupture au coeur de la Presqu’île se sont jetés à l’eau.

Après quelques instructions de rigueur, les apprentis navigateurs d’un séjour thérapeutique de rupture au coeur de la Presqu’île se sont jetés à l’eau. (© Anne-Charlotte Bouleau)


C’est un deuxième séjour thérapeutique de rupture au cœur de la Presqu’île qui s’achève pour huit jeunes en difficulté. Ce projet pilote s’inscrit dans le cadre d’un partenariat entre la PJJ et le CCSAT. Les deux principales activités au programme, voile et équitation, recèlent de nombreuses vertus.

Dans le cadre d’un partenariat inédit entre la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) et le centre de consultations spécialisées en alcoologie et toxicomanie (CCSAT), avec le soutien de la direction de la santé, huit
jeunes de 13 à 17 ans ont bénéficié d’un séjour thérapeutique de rupture, organisé sur trois jours, à la Presqu’île.

“Le but, c’est de leur offrir un grand bol d’air, en leur permettant de vivre de nouvelles expériences, tout en les éloignant de leurs mauvaises habitudes, comme la consommation de cannabis. On essaie de leur faire comprendre qu’on peut profiter autrement”, souligne Camille Rimond, psychomotricienne au CCSAT.

Si les deux principales activités retenues pour l’occasion sont la voile et l’équitation, ce n’est pas par hasard. “Ce sont des sports qui demandent de la discipline et de la rigueur, dont ils ont besoin, tout en étant divertissants et valorisants. On travaille beaucoup sur l’estime de soi, car ce sont souvent des jeunes qui ont perdu confiance en eux. Pour certains, c’est le second séjour, et on note déjà une progression dans leur comportement”, ajoute Camille Rimond.

 

Trouver sa voie

 

De retour au logement, au sein de la paroisse protestante de Taravao, la répartition des tâches inhérentes à la vie en communauté est de mise, sans oublier les excursions en pleine nature.

Dans un souci de continuité, trois séjours similaires sont programmés en 2019, tandis que les deux services assurent un suivi régulier tout au long de l’année. Une façon, en quelque sorte, de remettre les compteurs à zéro. “Ça permet de sortir les jeunes de leurs quartiers, où ils sont sous l’influence de leurs amis, avec des situations familiales souvent difficiles. Ils sont tous volontaires, pour la plupart avec un projet d’insertion professionnelle, car ils ont bien compris que le cannabis les empêchait d’atteindre leurs objectifs”, explique Narii Faaruia, éducateur à la PJJ.

À en juger par les mines ravies, tant sur l’eau qu’à cheval, bien-être et évasion étaient au rendez-vous. Regonflés à bloc pour concrétiser leurs ambitions respectives, les adolescents n’ont, par ailleurs, qu’une hâte : tous se retrouver en octobre, pour la troisième et dernière session de l’année.

 

A.-C.B.

 

Gilles de Préville, moniteur au club de voile de Taravao : “Attentifs et intrigués”

Gilles de Préville

“Les jeunes sont attentifs aux consignes et assez intrigués. Une fois sur l’eau, ils restent concentrés, avec une prise de plaisir, et c’est bien l’intérêt. Ils sont en équipage, ce qui permet de favoriser la cohésion de groupe et le travail d’équipe.

La particularité de la voile, c’est qu’on est en plein air et, donc, très dépendant des conditions météo, ce qui amène à faire preuve d’humilité et à savoir s’adapter. Et puis, quel que soit le caractère des uns ou des autres, chacun trouve sa place.”

 

Daniel Castanet, propriétaire du ranch de Taravao : “De nombreux bienfaits”

Daniel Castanet

“Le cheval est un animal qui a de grandes capacités de communication, qui n’est pas orale, mais basée sur le ressenti. Ça commence dès la préparation, jusqu’aux moments passés à cheval. L’équitation apporte beaucoup de choses, comme de l’assurance, mais il y a surtout un lien indescriptible qui se crée.

Le travail de contact est indispensable et les bienfaits sont nombreux. C’est pour cette raison que, depuis vingt ans, nous accueillons des jeunes issus de différentes structures.”

 

Ismaël, 16 ans, bénéficiaire : “Je serais bien resté plus longtemps”

“C’est mon second séjour. La première fois, j’ai découvert la voile et la randonnée. Cette fois-ci, on fait aussi du cheval. C’est la première fois et j’ai hâte ! Je suis de Mahina et je ne viens pas souvent à la Presqu’île, donc ça change un peu. On s’entend bien avec les amis, les anciens et les nouveaux. Trois jours, ça passe vite : je serais bien resté un peu plus longtemps ! Pour la suite, je me prépare à passer mon BEP maintenance électrotechnique.”

 

Vincent, 17 ans, bénéficiaire : “Ça se passe très bien”

“C’est mon premier séjour et ça se passe très bien. J’avais déjà eu l’occasion de faire de la voile et du cheval quand j’étais plus jeune, donc ça fait du bien de s’y remettre. C’est dommage, parce que c’est bientôt fini. J’aurais aimé qu’on reporte notre départ ! En rentrant, j’ai des projets de formation dans le domaine de l’agriculture. Je suis déjà inscrit au CFPA (Centre de formation professionnelle des adultes, NDLR).”

 

 

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