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Prévenir les inondations dans les vallées grâce aux drones

vendredi 17 novembre 2017

drone matarai

De ses différentes missions, Matarai a pu établir des cartes tridimensionnelle très détaillées de l’île de Tahiti et notamment de son réseau hydrographique. (© Élénore Pelletier)


Si l’entreprise Matarai est surtout reconnue pour son activité de photos et de vidéos aériennes, elle diversifie son activité depuis quelques années. Grâce à ses différentes missions au-dessus de Tahiti, elle a pu établir des cartes très détaillées de l’île de Tahiti et notamment son réseau hydrographique. Une découverte qui s’apparente à une petite révolution, à l’heure où l’on parle de plan rivière et de Plan de prévention des risques naturels (PPRN) au fenua.

Créée en 2011, l’entreprise Matarai est surtout reconnue aujourd’hui pour son activité de photos et de vidéos aériennes.

C’est notamment elle qui couvre les retransmissions des grands évènements sportifs du fenua : les courses de va’a telles que la légendaire Hawaiki nui va’a, les compétitions de surf, de paddle et autres sports aquatiques.

Depuis quelques années cependant, son patron-fondateur Raitini Rey a diversifié son activité pour répondre aux besoins de recherches, d’observations, de sauvetages et d’épandages des entreprises, associations et institutions du pays.

Aujourd’hui, dans l’atelier de Matarai, on trouve des drones et des appareils photos bien sûr, mais aussi des baudriers d’escalade, des vis et des outils de bricolage, un véritable laboratoire de chimie, des ordinateurs de recherches…  Bref, on sent que Matarai est sur tous les fronts.

Pour réaliser ces différentes missions, Matarai a souvent recours à un gros travail de modélisation tridimensionnelle du relief, qu’elle effectue en amont grâce à un géo-mathématicien et un ingénieur civil, pour piloter au mieux les drones qu’elle utilise.

Grâce à ses travaux, la société possède aujourd’hui des cartes très détaillées de l’île de Tahiti et notamment son réseau hydrographique, depuis le sommet des montagnes jusqu’aux embouchures.

“Nous avons procédé à du “zoning”, c’est-à-dire que nous avons découpé chaque zone étudiée en zones de plus petite taille, et y avons appliqué tous un tas de paramètres principaux qui impactent sur l’hydrologie : la nature des précipitations, leur intensité, la saturation des sols… Ces calculs nous permettent aujourd’hui d’obtenir le débit de chaque rivière généré par différents types d’évènements climatiques”, explique Raitini Rey.

 

Un outil de prévention des risques naturels

 

Une découverte qui s’apparente à une petite révolution, à l’heure où l’on parle de plan rivière et de plan de prévention des risques naturels (PPRN) au fenua. En effet, les applications de telles recherches sont multiples.

“Aujourd’hui, on peut savoir à quel endroit les rivières vont déborder en premier, et donc identifier les lots qui seront les premiers impactés. On peut connaître les faiblesses d’un cours d’eau et savoir qu’à tel endroit son débit est trop grand par rapport à sa largeur et à sa profondeur”, précise Raitini Rey.

Ce qui permettrait aux communes ou au Pays d’anticiper les risques d’inondation : les autorités pourraient alors décider d’agrandir certains lits de rivière ou de casser l’énergie des cours d’eau à d’autres endroits…

“On peut également aujourd’hui calculer les déplacements de masse à l’intérieur des rivières, ou l’accumulation des sédiments… ”, ajoute le patron de Matarai.

Le modèle numérique mis en place par l’entreprise s’étend aujourd’hui sur plus de la moitié de Tahiti, mais Matarai compte bien poursuivre ses travaux sur l’intégralité de l’île.

Pour le moment, la résolution de la modélisation tridimensionnelle mise en place est de 1 mètre, ce qui est déjà très bien. Mais l’équipe de Matarai compte aller plus loin et espère obtenir une précision de l’ordre de 5 cm.

Aujourd’hui, l’entreprise est en contact avec la direction de l’environnement (Diren). Elle devrait prochainement rencontrer la direction de l’équipement pour étudier comment de telles recherches pourraient bénéficier au Pays. Elle espère également intéresser les communes et le haut-commissariat.

 

Élénore Pelletier

 

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