Habillage fond de site

Prévention des risques à Punaauia : le plan qui inquiète

mardi 31 octobre 2017

plan de prévention punaauia

Certains propriétaires terriens s’interrogent : en allant récupérer les plans correspondant à leur parcelle sur le site de l’urbanisme, certains se sont rendus compte que leur terrain jusqu’alors en zone rouge était miraculeusement passé en zone bleu. (© Élénore Pelletier)


La révision du PPRN de Punaauia ayant été annulée, suite à une décision du tribunal administratif en avril, le gouvernement a ordonné qu’une nouvelle révision soit lancée en août. Celle-ci est actuellement effective et concerne l’ensemble du territoire communal. Cette fois, les propriétaires terriens lésés par le PPRN d’origine comptent bien se faire entendre. Ils ont donc décidé de monter une association : Te vai Ara, qui compte aujourd’hui plus de 30 membres.

La révision du Plan de prévention des risques naturels (PPRN) de Punaauia ayant été annulée, suite à une décision du tribunal administratif, en avril, le gouvernement a ordonné qu’une nouvelle révision soit lancée en août.

Celle-ci est actuellement effective et concerne l’ensemble du territoire communal. Et, cette fois, les propriétaires terriens lésés par le PPRN d’origine comptent bien se faire entendre.

C’est pourquoi ils ont décidé de monter une association, Te vai Ara, sous l’impulsion de Nelly Tumahai, à l’origine de l’annulation de la révision du PPR de Punaauia, et de François Raoulx, un ancien chef d’antenne du service de l’urbanisme.

Née le 13 octobre, elle regroupe plus de trente membres mais pourrait voir grossir ses rangs, dans les prochains mois.

Le  collectif demande à ce que les autorités  prennent à leur charge, les études nécessaires qui permettraient d’extraire certaines parcelles de terre de la zone rouge.

 

“Signaler des zones qui mériteraient d’être revues”

 

« Car, en zone rouge, sont englobés des terrains qui ne présentent pas de véritables dangers et qui peuvent, moyennant des études et des travaux de sécurisation, devenir constructibles.

Toute la bande côtière est occupée. La plaine de Punaauia tout autant. Il reste donc les montagnes et les coteaux mais qui sont quasiment toutes en zone rouge, à cause du risque de mouvement de terrain.

Les politiques doivent aujourd’hui se positionner. Soit on dit aux Polynésiens : ‘Vous avez des terres, jouissez de vos terres’. Soit on leur dit  : ‘Vous êtes en zone rouge, débrouillez-vous pour sortir de cette situation’. Sachant que c’est quasiment impossible puisque les études qui sont demandées peuvent se chiffrer à plusieurs dizaines de millions de francs. C’est bien trop cher pour les propriétaires terriens que nous sommes”, explique François Raoulx.

Le service de l’urbanisme explique que, justement, il étudie actuellement, zone par zone, le territoire pour revoir les limites des différentes zones à risques. Un travail qui devrait durer plusieurs mois.

“À la différence de la première révision menée, nous n’allons pas étudier seulement quelques terrains, mais l’ensemble du territoire communal. Cependant, aux administrés de nous contacter pour nous signaler des zones qui mériteraient d’être revues”, explique Bernard Amigues, directeur du service de l’urbanisme.

En effet, les études géotechniques doivent porter non pas sur la seule parcelle de terre concernée mais sur l’ensemble “du bassin à risques”.

 

Des terrains qui ne valent plus rien

 

Conséquence des zones rouges, certains ont hérité de terrains qui, aujourd’hui, ne valent plus rien. D’autres ont investi dans des parcelles à l’époque reconnues “constructibles” par le code de l’aménagement, devenues inconstructibles avec l’adoption du PPRN.

Mickael fait partie de ces gens. “J’ai acheté mon terrain de 2 000 m2 en 2003, pour mes enfants, afin qu’ils puissent y construire leurs maisons plus tard. Celui-ci était à l’époque constructible. Mais avec l’entrée en vigueur du PPRN, mon terrain est aujourd’hui aux trois quarts inconstructible, et je peux à peine y construire un bungalow sur la parcelle autorisée. Il ne vaut plus rien”, lâche-t-il, dépité.

Son cas n’est pas isolé dans la commune.

L’association Te vai Ara réclame ainsi qu’une caisse d’indemnisation soit mise en place au fenua, en faveur des propriétaires terriens lésés par les PPRN, à l’image de ce qui existe dans l’Hexagone.

“Il existe une caisse d’indemnisation en métropole pour aider les gens victimes de catastrophes naturelles mais en aucun cas, elle indemnise les administrés qui ont acheté un terrain en zone rouge.

Le fonctionnement de cette caisse mis en place dans l’Hexagone s’appuie sur une taxation à l’assurance qui alimente un fonds national, un processus inapplicable ici.

La seule piste qui nous semble aujourd’hui possible, c’est de repousser le plus possible les interdictions imposées par le PPRN. Voila pourquoi, nous avons décidé de lancer une révision globale de celui-ci sur tout le territoire communal”, explique Bernard Amigues.

Ces propriétaires terriens, aujourd’hui réunis en association, espèrent que cette nouvelle révision du PPRN ne se fera pas sans eux et qu’ils pourront y faire entendre leurs propositions et leurs doléances.

Ce qui, estiment-ils, n’avait pas été le cas lors de la première révision. Et pourquoi pas participer à la commission qui statue sur le PPRN final ?

Élénore Pelletier

 

PPRN PUNAAUIA PPRN PUNAAUIA

65
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

Le Pays a lancé l'opération "plage propre", vous sentez-vous concernés ?

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete