La primaire de la gauche aura-t-elle lieu en Polynésie ?

    mercredi 21 décembre 2016

    primaire élection géros

    En 2011, le taux de participation à la primaire de la gauche en Polynésie était le plus élevé de tous les outre-mers. En 2017, il n’est même pas certain qu’ils aient l’occasion de se prononcer. (© archives LDT)

     

     

    Alors que se profile la primaire de la gauche, les 22 et 29 janvier prochains, rien ne semble encore fixé pour que les électeurs polynésiens participent au scrutin.

    L’allié historique du PS en Polynésie, le Tavini Huiraatira, ne s’en chargera pas : la convention qui lie les deux partis n’a pas été renouvelée, et le Tavini n’a pas été sollicité par le PS.

    Ce n’est d’ailleurs pas une surprise : le renouvellement de la convention (la précédente datait de 2011) a paraît-il achoppé sur le rajout, dans le préambule de la convention, de la réinscription de la Polynésie sur la liste des territoires non autonomes de l’ONU, obtenue en mai 2013.

    Lors d’un séminaire du Tavini, en août, Oscar Temaru déclarait ironiquement : “Ah oui, elle était belle cette convention. Ils reconnaissaient le droit du peuple ma’ohi à l’autodétermination, c’était magnifique ! Et aujourd’hui, depuis qu’il a été candidat à l’élection présidentielle, le langage a commencé à changer (…). La balle est dans leur camp. Je pense qu’on n’a rien à perdre, c’est plutôt le Parti socialiste qui aurait à perdre.”

    Victorin Lurel, ancien ministre des Outre-mer et secrétaire national du PS, avait alors fait état de “turbulences” dans les relations entre les deux partis, au micro de Polynésie 1ère — “J’ai demandé à peser et soupeser les termes de l’accord” — et parlait de “rester dans la sobriété sémantique”. Avant de conclure : “Il doit y avoir une fédération, un parti socialiste polynésien.”

    Réponse cinglante de Moetai Brotherson, conseiller d’Oscar Temaru : “Le parti socialiste est libre de créer un parti polynésien. C’est quelque chose qui a déjà été fait dans les années 1980-90 et qui a prouvé son inefficacité. S’ils veulent revenir à ces scores, libre à eux.”

    Pas faux, car en 2011 avec 90,53 % des suffrages au second tour, François Hollande réalisait ici son meilleur score en outre-mer ; la Polynésie montrait la plus forte participation des outre-mers (9 412 votants).
    La visite de François Hollande à Oscar Temaru en février, à la mairie de Faa’a, n’a semble-t-il pas dénoué le problème.

    Si le Tavini n’organise pas la primaire de gauche, alors qui ? Au siège du Parti socialiste, à Paris, on répondait hier que la primaire aura bien lieu en Polynésie, avec “une quinzaine de bureaux de vote” (bien loin, donc, des quelque 120 bureaux de 2011), car “il y a une personne qui a créé une fédération”.

    Ah bon ? On n’a rien vu au Journal officiel. On peut avoir son nom ? “Euh, non, on vous le dira début janvier.”
    Bref, six ans après avoir été la bonne élève de la primaire de gauche, la Polynésie française se prépare, semble-t-il, à faire figure de dernière de la classe, et tant pis pour les Polynésiens qui, au plan national, ne se considèrent pas “de droite.”

     

    C. P.

     

     

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