PRIMAIRE – Échec cuisant pour Cécile Duflot

    jeudi 20 octobre 2016

    Cécile Duflot, qui était la favorite de la primaire écologiste,  a été disqualifiée et ne participera pas au second tour. (© Joël Saget/AFP)

    Cécile Duflot, qui était la favorite de la primaire écologiste, a été disqualifiée et ne participera pas au second tour. (© Joël Saget/AFP)

     

    Les eurodéputés Yannick Jadot et Michèle Rivasi – invitée surprise – se sont qualifiés hier pour le second tour de la primaire organisée par Europe Écologie-Les Verts (EELV), deux personnalités peu connues du grand public qui ont éliminé la favorite, Cécile Duflot.
    Avec 35,61 % des suffrages, Yannick Jadot, 49 ans, fait la course en tête, suivi par Michèle Rivasi, 63 ans, qui réunit sur son nom 30,16 % des 12 343 votants, sur un corps électoral de 17 146 (dont environ 7 000 adhérents EELV).

    Coup de théâtre, l’ancienne ministre et patronne des Verts, Cécile Duflot, 41 ans, subit un camouflet en n’arrivant qu’en troisième position (24,41 %). La quatrième candidate, la députée européenne de 37 ans Karima Delli recueille 9,82 % des voix.
    “Quand le biotope écolo est interrogé, ce sont des gens qui veulent changer le système, ils ne font pas la promotion de ceux qu’ils considèrent comme ses représentants”, a commenté le collègue de Cécile Duflot à l’Assemblée, Sergio Coronado.

    L’ex-ministre du Logement a réagi immédiatement à cette défaite en se disant “déçue” sur Facebook. Celle qui se préparait à l’échéance présidentielle depuis plus d’un an s’est refusé à donner une consigne de vote pour le second tour, programmé le 7 novembre, mais a promis de soutenir le gagnant dans la campagne.
    Avec le slogan “une présidente écologiste”, Cécile Duflot se disait “convaincue” de pouvoir figurer au second tour de la présidentielle.
    Une divergence nette avec Yannick Jadot, pour qui “personne ne croit aujourd’hui sérieusement que les écologistes peuvent gagner l’élection présidentielle de 2017”. Soucieux de “ne pas construire la crédibilité de l’écologie politique sur un coup de bluff”, il avait regretté de voir ses concurrentes “baratiner les Français”.“C’est vraiment la reconnaissance de tous mes combats depuis 30 ans (…) on sent qu’il y a une authenticité qui a été reconnue et que ce travail sur le terrain que je porte sur le plan politique a porté ses fruits”, a déclaré Michèle Rivasi après les résultats.

    Un écologiste “réformiste” rappelle cruellement avoir “dit en 2014 que quitter le gouvernement, c’était se lancer sur un toboggan : eh bien, ça finit généralement tout en bas”. Reste à savoir si cette surprise se transformera pour les écologistes en une bonne nouvelle et mettra un coup d’arrêt aux sondages plaçant Cécile Duflot, la seule “testée” par les instituts, entre 2 et 3 % des intentions de vote.
    “Ça va être douloureux pour Cécile (…), nous sommes les spécialistes de comment se tirer une balle dans le pied”, a analysé la députée Danielle Auroi, voyant dans cet échec “une espèce de rejet de l’institution, parce qu’elle a été ministre”. Un titre qui agit comme un repoussoir au sein d’un parti resserré après les multiples départs d’élus et d’adhérents depuis la rentrée 2015. Le Congrès organisé en juin a en effet consacré une écologie “autonome” et rejeté tout accord avec le grand frère socialiste.

    Les deux finalistes ont accepté cet engagement. Mais au sein de la famille écologiste, des doutes demeurent sur la réelle volonté de Yannick Jadot d’aller jusqu’au bout de la bataille présidentielle.
    Candidat à la primaire du PS, Arnaud Montebourg a félicité le député européen, “un homme de grande qualité pour qui” il a “une grande amitié”. Également candidat, Benoît Hamon y voit le signe de “la démocratie” signifiant que “tout est possible” et a rappelé que François Hollande, en 2011, était “annoncé à 3 à 4 % et a gagné la primaire”.

    Le député européen est un “proche de Dany (Cohn-Bendit) avec lequel il avait initié des primaires avortées incluant le PS, il est légitime de douter que, s’il est candidat, il le sera jusqu’au bout”, a lâché le maire du IIe arrondissement de Paris, Jacques Boutault.
    “C’est un drôle de faux procès qui m’est fait, aucun de mes mandats n’est lié au PS, je n’ai jamais rien bidouillé avec le PS, moi. Je ne vais pas commencer maintenant”, a réagi le vainqueur de la primaire.

    AFP

     

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