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Prison à vie requise contre une néo-nazie

mercredi 13 septembre 2017

Prison à vie contre une néo-nazie

Le parquet de Munich a requis, ce mardi, la peine de réclusion criminelle à perpétuité contre Beate Zschäpe, seule survivante d’un trio accusé d’être des tueurs néonazis. (© AFP)

La justice allemande a requis hier la prison à perpétuité contre la seule survivante d’un trio néonazi accusé de dix meurtres, principalement contre des immigrés turcs. L’affaire a scandalisé le pays et mis en lumière des défaillances policières.

Beate Zschäpe, 42 ans, est un être “froid et calculateur pour lequel la vie humaine ne joue aucun rôle”, a dit devant le tribunal de Munich le représentant du parquet, Herbert Diemer, dans ses réquisitions. Elles ont été prononcées alors que ce procès-fleuve, sans précédent depuis 1945 pour des crimes racistes, dure déjà depuis quatre ans.

Cette femme est “totalement” coresponsable des assassinats attribués entre 2000 et 2007 au groupuscule de la Clandestinité national-socialiste (NSU), qui avait décidé de lancer une campagne meurtrière contre les étrangers.

Le procureur a retenu des circonstances aggravantes et demandé une peine de sûreté, ce qui, si le tribunal suit la réquisition, pourrait signifier une peine de perpétuité réelle pour l’accusée.

Il s’agit de la peine maximale prévue par le code pénal allemand. L’accusation a rejeté la ligne de défense de Beate Zschäpe, qui a tenté tout au long de ses audiences de minimiser son rôle en se dépeignant comme une jeune femme sous l’influence des autres membres du groupuscule.

Selon le procureur, même si cette femme n’a pas tiré de coup de feu, elle partageait la vision “fanatique” de ses deux complices et leur volonté de propager la terreur parmi les personnes d’origine étrangère en Allemagne.
Jugée depuis mai 2013, elle est l’unique rescapée du groupuscule NSU.

Les deux autres membres, Uwe Mundlos et Uwe Böhnhardt, ayant été retrouvés morts par balles en 2011, à l’âge respectif de 38 et 34 ans, peu avant que la police ne vienne les arrêter. Les enquêteurs pensent qu’ils se sont soit tous deux suicidés, soit que l’un deux a tué son complice avant de retourner l’arme contre lui-même.

Huit des victimes tuées par le groupuscule sont turques ou d’origine turque. Les deux autres sont une Grecque et une policière allemande. Les meurtres visaient des petits commerçants dans toute l’Allemagne.

Les autorités ont été très critiquées car la piste xénophobe et néo-nazie n’a été que très tardivement explorée par les enquêteurs, qui ont pendant longtemps refusé de lier les différents assassinats entre eux.

Du coup, le trio a pu agir en toute impunité pendant des années, jetant au passage une lumière crue sur les défaillances des services de renseignement intérieur, qui étaient censés surveiller de près la mouvance néo-nazie et ce groupe en particulier.

En 2013, une commission d’enquête parlementaire a dénoncé “l’échec massif des autorités” dans l’enquête qui a duré plus de dix ans. Elle n’a toutefois pas confirmé des soupçons de collusion entre l’extrême-droite et la police, qui a dû se défendre de pratiques racistes dans ses rangs.

Originaire de Iéna, dans l’ex-RDA, orpheline de père, Beate Zschäpe est demeurée mutique pendant la majeure partie de son procès, multipliant les batailles de procédure pour retarder les débats et changeant souvent d’avocats. Elle n’a brisé son silence qu’en septembre 2016, assurant ne “plus (avoir) de sympathie pour l’idéologie national-socialiste”.

Je ne juge plus les gens en fonction de leurs opinions ou de leurs origines mais en fonction de leurs agissements”, a-t-elle encore assuré, sans convaincre les parents des victimes. Elle a admis une responsabilité “morale” dans les meurtres pour n’avoir pas pu “influer” sur ses défunts complices, mais pas davantage.

Zschäpe, qui a vécu quatorze ans dans la clandestinité, s’est présentée en accompagnatrice passive de ses deux acolytes au sein de la NSU. Elle affirmé avoir été “sidérée” par les actes qu’ils commettaient dans toute l’Allemagne. Selon elle, les deux hommes auraient tout fomenté et mis en oeuvre seuls.

Quatre autres néonazis comparaissent également à ses côtés, soupçonnés d’avoir fourni une aide logistique au trio. Le verdict ne devrait pas être rendu avant plusieurs mois.

 

AFP

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