Prison ferme requise contre le roi et son entourage

    vendredi 28 octobre 2016

    Seul le ministre de la Défense, Pierre Tarahu (à droite)  a pris la parole hier devant le tribunal correctionnel. (©Bertrand Prévost)

    Seul le ministre de la Défense, Pierre Tarahu (à droite)
    a pris la parole hier devant le tribunal correctionnel. (©Bertrand Prévost)

    Hier, sans un bruit, sans rébellion, c’est toute une monarchie qui est tombée. Appelés à la barre pour fabrication de fausse monnaie, mise en place illégale d’une milice et violence avec armes, six membres du régime pakumotu ont dû répondre de cette journée du 29 janvier, quand les gendarmes sont venus perquisitionner la demeure du roi pour le questionner sur la mise en circulation de fausse monnaie, le patu.
    Seuls trois membres avaient daigné faire le déplacement hier. Le ministre de la Défense,et deux policiers en charge de la protection du roi.

    Manquaient les trois personnes clés de ce dossier, le roi Athanase Teiri, le vice-président et neveu du roi, Richard Teiri, et le roi de Faa’a, procureur et ministre de la Justice, Philibert Colombel.
    Toute l’après-midi, le tribunal s’est arrêté sur cette journée du 29 janvier 2014. Les gendarmes, sur ordre du parquet de Papeete, s’étaient présentés pour entendre le roi pakumotu sur la divulgation de fausse monnaie.
    Les hommes en bleu se sont fait accueillir par la garde rapprochée du roi, le père et le fils Punu, avec carabine et pistolet. Un coup de feu sera même tiré en l’air, avant que les gendarmes ne parviennent à maîtriser le duo à coup de Flash-Ball et de tonfa.

    Lors de la perquisition, d’autres armes à feu seront retrouvées dans les voitures de cette milice fantoche, ainsi que des nunchakus, ou encore un coup de poing américain.
    Un exemplaire du statut du gouvernement pakumotu sera retrouvé ainsi qu’une condamnation à mort du procureur de l’époque, José Thorel.
    “J’ai vérifié… Il semblerait que la sentence n’a pas été exécutée”, s’est amusé hier le président du tribunal.

    À la barre, les trois hommes sont restés peu bavards. Seul le ministre de la Défense, Pierre Tarahu, prend la parole pour lancer au président du tribunal un discours aussi incohérent que magique.
    “Nous voulions faire une monnaie secondaire, comme au Club Med”, explique l’ancien ministre de pacotille.
    Une belle tentative qui aurait pu convaincre que ce n’était qu’un amusement dans cette microsociété, si un courrier n’avait pas été envoyé à l’IEOM pour revendiquer que désormais c’était le patu qui s’appliquait en Polynésie française, et non le franc.

    Le ministre par la suite s’est enfoncé dans des explications abracadabrantes : “Le patu, c’était un moyen de financer nos activités. Je voulais placer ces patu dans des banques en Nouvelle-Zélande pour pouvoir développer les Maori là-bas et ouvrir des centrales d’achat ici”.
    Et le plus beau restait encore à venir : la valeur du patu : “Il vaut 1,10, puissance 21 sur l’échelle de l’ONU”, conclut-il sans rire.
    La monnaie de singe sera saisie.

    Hier, le procureur de la République a eu des réquisitions assez lourdes contre les membres de cette royauté fantoche.
    Quatre ans avec mandat d’arrêt contre le roi Athanase Teiri. Trois ans avec mandat d’arrêt contre son neveu, Richard, et son ministre de la Justice, Philibert Colombel.
    Trois ans avec mandat de dépôt seront requis contre le ministre de la Défense, Pierre Tarahu, et quatre ans avec mandat de dépôt contre le père et le fils Punu qui avaient accueilli les gendarmes à coup de pistolet.
    La décision a été mise en délibéré au 31 janvier prochain. 

    Compte rendu d’audience
    Bertrand Prévost

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