Prix de l’électricité, la guerre médiatique se poursuit entre EDT et l’élue UPLD

    jeudi 23 juin 2016

    Tina Cross et son nouveau livre de chevet, à son siège  au sein de l’hémicycle, où elle souhaite porter le débat  pour une électricité moins chère. (Archive LDT)

    Tina Cross et son nouveau livre de chevet, à son siège
    au sein de l’hémicycle, où elle souhaite porter le débat
    pour une électricité moins chère. (Archive LDT)

     

    Le PDG d’EDT Engie, Grégoire de Chillaz, est sorti du silence et a démenti, dans Tahiti Pacifique Hebdo, les propos tenus dans La Dépêche de Tahiti par l’élue UPLD, Tina Cross. Celle-ci maintient néanmoins ses propos.

     

    Maintenez-vous vos chiffres et vos accusations et des termes comme “surprofit” ?
    Je constate que nous avons parlé beaucoup du prix de l’électricité depuis le mois de mars et enfin, mi-juin, il (Grégoire de Chillaz, NDLR) sort du silence pour la première fois. Mais je regrette qu’il ne dise pas la vérité. Il n’hésite pas à tromper l’opinion publique, mais il ne conteste pas le chiffre de 1,4 milliard de francs de surprofits. Cependant, il va parler de contentieux avec le Pays, à propos du non-respect d’accords qui se traduit par un manque à gagner pour EDT.

    Ce désaccord concerne le Pays et EDT Engie. À votre avis, est-ce au consommateur, au final, de payer les erreurs de ce désaccord ?
    C’est là, où je dis qu’il cherche à tromper l’opinion publique, car il déclare qu’EDT avait le choix d’attaquer le gouvernement du Pays ou de poursuivre les négociations. Il indique que ce manque à gagner a été réglé dans un avenant, mais quand on lit cet avenant, il n’est fait nulle part mention de ce contentieux, mais il est écrit que “les parties ont convenu d’une baisse des hydrocarbures pour en faire profiter les usagers”.
    Il annonce une augmentation de 50 % du prix du fuel depuis début 2016, ce qui est faux. Enfin, un jugement de 2014 de la cour administrative d’appel écrit que “les différents tarifs sont déterminés par l’application de formules qui surestiment, de façon substantielle, l’ensemble des coûts supportés par le gestionnaire de service, assurant ainsi à celui-ci une marge allant au-delà de la marge raisonnable à laquelle il pourrait prétendre”. Quand on lit cela, peut-on accepter qu’Engie vienne demander au Pays un manque à gagner ? M. de Chillaz ne craint pas de se moquer des usagers. Pour répondre à votre question, c’est non.

    Auriez-vous préféré qu’Engie attaque le Pays ?
    Non, ce n’est pas une question de préférer, ce sont tout à fait les méthodes d’Engie, la carotte ou le bâton. Là où je ne suis pas dupe, l’objectif que je vois, en sortant du bois de la sorte, c’est clairement de faire échec aux deux propositions de résolution que nous avons déposées en faveur de la baisse du prix de l’électricité et qui seront normalement proposées en séance le 7 juillet. Cela va de paire avec la proposition de commission d’enquête du vice-président, qu’il a faite récemment.

    Que demandez-vous aux élus, quand ils seront face à vos résolutions pour une baisse du prix de l’électricité ?
    Je suis très sereine, j’ai confiance dans les 56 représentants de l’assemblée. Tout comme moi, ils ont été élus pour la défense de l’intérêt général et collectif de chaque usager, consommateur et Polynésien. Il est temps d’arrêter de se faire dicter nos intérêts par une multinationale, il est temps que la classe politique prenne de la hauteur et assume ses responsabilités d’élus face à une multinationale.
    Je n’ai rien contre elle (l’entreprise, NDLR), je souhaite que les marges qu’elle réalise ne se situent pas “au-delà de la marge raisonnable”, comme les tribunaux l’ont écrit et notamment, dans l’ouvrage de M. Laurey où il écrit “profit maximal pour notre fournisseur d’électricité EDT et facture maximale pour le consommateur polynésien” (Énergies renouvelables, édité Au vent des îles, 2009,
    NDLR).

    Le PDG parle de tout faire “pour que la suspicion se dissipe”. Que demandez-vous à EDT Engie ?
    La renégociation de l’avenant 17, sous l’égide de l’autorité polynésienne de la concurrence, que le vice-président a appelée de ses vœux, il y a un an (en réponse à une question orale de Nicole bouteau, NDLR). Si notre lutte nous amène à cela, nous aurons gagné un combat. Je peux affirmer que nous pouvons faire baisser immédiatement le prix de l’électricité de 10 %. L’électricité est un service public, elle doit être au juste prix.

    Êtes-vous prête à participer à un débat public face à M. de Chillaz ?
    Oui, je le suis. Cela fait partie de mon rôle d’élue, qui est de défendre l’intérêt public.

    Propos recueillis par Christophe Cozette

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