Habillage fond de site

Procès Air Moorea (jour 4) : les débats se compliquent

vendredi 12 octobre 2018

FC 1 air moorea jour 4

Les anciens fonctionnaires des organismes de contrôle appelés par la défense ont parfois perdu juges et avocats en termes réglementaires et acronymes propres à leurs professions. (Crédit : Florent Collet)

Mercredi, dans un discours avant tout destiné aux familles du crash d’Air Moorea qui a fait 20 morts en août 2007, Manate Vivish, représentant de la compagnie aérienne, avait fait passer un message au tribunal correctionnel. “Les techniciens de l’aéronautique que nous sommes ont été écartés durant ces onze dernières années d’un dossier qui s’est fortement judiciarisé. Après l’acceptation vient le temps du questionnement. Parce que tout n’a pas été dit. Parce que trop de choses ont été mal dites.”

L’heure de rectifier le “trop de choses mal dites” a sonné hier, jeudi. Pas réellement pour Air Moorea mais pour Andriamanonjisoa Ratzimbasafy, dirigeant du groupement pour la sécurité et l’aviation civile (GSAC) et Guy Yeung, directeur de l’aviation civile. Pour les non-initiés, il est bien difficile de cerner le rôle des deux organismes de contrôle qui avaient autorité sur Air Moorea.

La défense a fait citer deux anciens fonctionnaires de ces organismes de contrôle, ces derniers avaient a priori pour mission de réussir à clarifier les missions des organismes de contrôle. S’ils n’ont pas compliqué la question, ils n’ont, semble-t-il, pas réussi à la clarifier.

À plusieurs reprises, ils ont ainsi repris les termes utilisés par les juges comme pour montrer qu’ils ne maîtrisaient pas le sujet et ont expliqué ne pas comprendre les questions jugées trop floues ou trop vastes des avocats de la partie civile, comprenant celles de la défense qui les avait fait venir au tribunal.

Pour les profanes, leur comparaison avec une usine de yaourts aura permis de simplifier la chose au risque de la dénaturer. Ainsi, le GSAC n’a pas vocation à contrôler la comestibilité d’un yaourt, mais doit simplement savoir si toutes les machines de confection et le processus de fermentation sont conformes aux règles. Seuls quelques contrôles, appelés sondages, peuvent s’atteler à contrôler les pièces à durée de vie limitée qui sont au nombre de plusieurs milliers voire centaines de milliers selon la taille de l’appareil.

Après la validation du GSAC, elle était transmise au service d’État de l’aviation civile, dirigé par Guy Yeung. Ce dernier a créé l’émoi, parmi les parties civiles, en reconnaissant qu’il signait parfois, sans même lire, les rapports qui lui étaient donnés.

“Un président d’université signe un diplôme sans avoir assisté à l’examen, le représentant de l’État signe les permis de conduire sans être dans l’habitacle au moment de l’examen”, a expliqué l’avocat de Guy Yeung.

Si la complexité des débats a résidé hier dans le mille-feuilles administratif et réglementaire des organismes de contrôle, elle va se diriger aujourd’hui vers les terrains médicaux et techniques puisqu’un panorama des causes de l’accident est au programme de l’audience avec notamment la consultation du dossier médical du pilote et l’écoute prévue hier de l’enregistrement dans le cockpit avant le crash.

Compte rendu d’audience F.C.

 

0
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

Retraites : Selon-vous, la réforme de la Protection sociale généralisée est-elle nécessaire, même si cela suppose des efforts de tous pour la survie du système ?

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete